CONSEIL DES EQUIDES LANGUEDOC-ROUSSILLON



. SOMMAIRE COMPLET DE L'ETUDE
. Partie 1 : Présentation générale de la filière
. Partie 2 : Le stade production
. Partie 3 : Transformation et commercialisation
. Partie 4 : L'utilisation des équidés
. Partie 5 : La formation
. Partie 6 : Préconisations


Partie 1
PRESENTATION GENERALE DE LA FILIERE
11
STRUCTURATION DE LA FILIERE
111
La filière cheval en France
112
Les acteurs de la filière cheval en Languedoc-Roussillon
113
Perception de la filière par ses acteurs
12
LES EFFECTIF D'EQUIDES EN LANGUEDOC-ROUSSILLON
121
Les données du Recensement Agricole de la Statistique Agricole Annuelle
1211
Les limites du Recensement Agricole
1212
Etat des lieux et évolution
1213
Effectifs d'équidés en 2001 : répartition par type
122
Les données du SIRE
13
LES EMPLOIS DANS LA FILIERE EQUINE REGIONALE
131
L'emploi dans le secteur des courses
132
L'emploi dans les établissements équestres
133
Les emplois dans les élevages
134
Les emplois dans les selleries, bourrelleries et maréchaux-ferrants
135
Les vétérinaires équins
136
La formation, la recherche
137
Autres professions
138
Les accidents du travail dans la filière cheval
14
ASPECTS ENVIRONNEMENTAUX ET ECONOMIQUES
141
Les aspects environnementaux
142
..
Aspects économiques


11. Structuration de la filière


111. La filière cheval en France

La filière équine représente un ensemble vaste et complexe qui regroupe plusieurs secteurs très variés (cf annexe 5), au point de vue des hommes, des produits et des organisations. Plus de 500 000 équidés vivent sur le territoire français. Après avoir subi de fortes réductions du fait de la mécanisation de l’agriculture, le nombre de chevaux est à nouveau en augmentation grâce au développement de ses diverses utilisations. L’utilisation militaire du cheval a disparu, celle du cheval comme puissance de traction et l’élevage pour sa viande ont certes beaucoup diminué mais l’utilisation du cheval comme support sportif ou de loisirs est en pleine expansion. On estime que la filière cheval emploie plus de 50 000 actifs en France, dans des domaines divers : agriculture, environnement, loisirs, sports, jeux, administration, …
Quelques chiffres permettent de mieux cerner son importance :

Concernant l’élevage, 42 races de chevaux, d’ânes et de poneys sont reconnues et élevées en France. Le cheptel reproducteur comprend environ 100 000 animaux, dont 7000 étalons. On estime qu’environ 175 000 jeunes chevaux sont à l’élevage en France. Plus de 72 000 naisseurs pratiquent l’élevage équin, dont la majorité (65%) n’ont mis à la reproduction qu’une jument et 6% plus de 6 juments, la moyenne étant inférieure à 2,5 juments. Les élevages équins sont donc de petite taille et génèrent un emploi diffus.
Les ventes de chevaux ont lieu la plupart du temps de gré à gré. Un cheval peut changer de nombreuses fois de propriétaire au cours de sa vie. Les ventes aux enchères se développent (elles ont généré en 2001 un chiffre d’affaire d’environ 80 millions d’euros).

Le secteur des courses est très structuré et représente un poids économique très important. Il s’appui sur la passion du jeu et du cheval et sur un réseau d’infrastructures et une gestion parfaitement organisés. On distingue deux disciplines : le trot (monté et attelé) et le galop (plat et obstacle). Il y a en France 248 sociétés de course. France Galop et la Société d’Encouragement du Cheval Français assument les fonctions juridictionnelles et disciplinaires (code des courses, autorisations d’entraîner, …). Le Pari Mutuel Urbain (PMU) gère l’ensemble de l’industrie de la prise de paris sur les courses.
16 493 courses ont eu lieu en 2001 sur 263 hippodromes, avec plus de 25 000 chevaux (environ moitié de galopeurs et moitié de trotteurs), entraînant la distribution de plus de 342 millions d’euros d’encouragement. On compte environ 6 millions de parieurs, (14 % de la population française de plus de 18 ans) avec un montant des enjeux d’environ 6500 millions d’euros par an, en augmentation régulière (+ 13% entre 1999 et 2001, +4% entre 2001 et 2002). On compte environ 1800 entraîneurs professionnels et 1100 entraîneurs amateurs en 2001.

L’équitation de sport et de loisirs est placée sous la houlette de la Fédération Française d’Equitation (FFE) qui se place au 5ème rang français des fédérations olympiques par son nombre de licenciés. La diversité des activités sportives est très importante : CSO (Concours de Saut d’Obstacle, endurance, dressage, CCE (Concours Complet d’Equitation), attelage, hunter, horse-ball, polo, TREC, pony-games...etc.
La France compte environ 450 000 pratiquants licenciés à la FFE en 2002 et ce chiffre a connu une progression considérable (seulement 100 000 licenciés en 1976 !). 17,8% des licenciés possèdent une licence compétition leur permettant de participer aux quelques 13 000 compétitions officielles organisées en France. 40 000 chevaux différents participent à ces concours, rapportant 9 millions d’euros à leur propriétaires. Il faut y ajouter les cavaliers non licenciés évalués par l’Agence Française de l’Ingénierie Touristique à plus d’un million de personnes (AFIT 1995).

Le tourisme équestre se place dans le cadre des activités liées à l’environnement et représente une activité intéressante pour le monde rural. Les produits sont diversifiés : promenades, randonnées (accompagnés ou en autonomie, en attelage ou monté), hébergements (gîte d’étapes, séjours équestres, …)… Le tourisme équestre représente certainement un marché potentiel important, mais mal connu.

Enfin, il faut ajouter à ces activités l’ensemble de l’environnement spécifique à la filière (maréchaux-ferrants, selliers et vendeurs d’équipement, fabricants de véhicules, vétérinaires, fabricants et distributeurs d’aliments, …) ainsi que l’activité d’appui technique et de recherche.

112. Les acteurs de la filière en Languedoc-Roussillon

Chacun des secteurs cités ci-dessus (courses, équitation, tourisme,…) peut être découpé en différents stades : production, valorisation, commercialisation et utilisation, correspondant à autant de métiers et de structures.
Toutefois, la vision de la filière cheval nationale et à fortiori régionale serait biaisée si l’on ne prenait pas en compte l’une de ses caractéristiques principales, la multifonctionnalité. Elle est une réalité tant pour les animaux que pour les hommes.
En effet, le cheval peut avoir des utilisations très variées : produit alimentaire, loisirs (tourisme équestre, promenades, attelage, …), sports (les disciplines sont très nombreuses), enseignement, outil de médiation, de soins (équithérapie, équitation pour handicapés, rééducation…), surveillance et prévention (éco-gardes, policiers à cheval…), entretien de l’espace…
Quant aux hommes, les éleveurs sont aussi souvent valorisateurs et marchands de chevaux, les établissements équestres enseignant l’équitation peuvent être aussi gîtes d’étapes et parfois éleveurs… Ainsi, le découpage par stades est parfois difficile dans cette filière.
De plus, si la passion du cheval constitue le dénominateur commun pour les acteurs de la filière, on observe chez eux une grande hétérogénéité en terme d’implication économique et de statut (économique, juridique et fiscal). De la micro-entreprise au centre d’entraînement, de l’amateur passionné au professionnel, des acteurs très variés interviennent et participent à la vie économique de la filière.

Deux familles sont relativement peu présentes en Languedoc-Roussillon : celle des courses au galop et celle des courses au trot. Mais celles-ci seront peut-être appelées à se développer et il faut tenir compte de l’importance économique du Pari Mutuel Urbain sur le Languedoc-Roussillon (cf. 41).

Les éleveurs de chevaux de sang sont nombreux et dispersés, géographiquement comme dans leurs structures de représentation. L’unité se fait autour de l‘identité d’une race ou d’une discipline ce qui réduit le nombre d’adhérents (souvent inférieur à 30) mais n’empêche pas certains syndicats ou associations d’être particulièrement actifs. Les associations d’éleveurs sont souvent peu en relation avec les structures des autres filières agricoles. La production de chevaux lourds présente davantage une unité au niveau territorial (Margeride, Cerdagne-Capcir) et dans sa représentation, très marquée en Pyrénées-Orientales (un seul syndicat, rassemblant une large majorité des producteurs). Cette production est davantage présente dans les organismes agricoles.
En ce qui concerne la valorisation, on constate que ce stade est soit absent ou presque (secteur course, secteur viande), soit très dispersé et sans véritable structure de représentation (secteur « équitation »).
Le stade de la commercialisation est totalement atomisé dans le domaine du cheval de selle. Il est plus organisé dans le domaine du cheval lourd, en particulier dans les Pyrénées-Orientales où un seul acteur commercialise la grande majorité de la production.

L’utilisation est un stade très important en terme d’activité économique. Les sports équestres sont sous la houlette du Comité Régional d’Equitation (et au niveau départemental, des Comités Départementaux d’Equitation). Le tourisme équestre est structuré autour du Comité Régional du Tourisme Equestre (et au niveau départemental par des Comités Départementaux de Tourisme Equestre). La représentation des établissements équestres en revanche est un problème particulièrement sensible au niveau national et régional, lié à leur statut (associatifs, professionnels, …) et à leur activité principale (école d’équitation, tourisme équestre…).

Pour la formation, il est certainement très informatif de constater qu’elle se concentre sur les phases de production et d’utilisation, alors qu’elle est inexistante sur les aspects de valorisation, de commercialisation des équidés ou encore sur tout ce qui concerne les activités transversales. Il n’existe aucun organisme de concertation régionale sur la formation aux métiers liés au cheval dans la région, regroupant l’ensemble des acteurs (formateurs « indépendants », établissements du Ministère de l’Agriculture, établissements privés, …) et faisant le lien avec les employeurs potentiels.

Concernant l’activité d’appui technique, elle est limitée sur la région. Cette mission est principalement remplie par les Haras Nationaux et par les associations elles mêmes (CRE, CRTE, syndicats…etc.). Les relations entre les professionnels du cheval et les Chambres d’Agriculture par exemple sont très limitées. Il n’existe quasiment aucun référent « cheval » dans les organisations professionnelles agricoles et la filière est largement méconnue dans ces structures (en dehors de la filière viande).
L’activité recherche est quasiment nulle. Pourtant des besoins existent, ainsi que les structures : Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie de Montpellier, Facultés de Médecine et des Sports,…

En résumé, les sports équestres (et dans une moindre mesure le tourisme équestre) et la production de chevaux lourds, plus particulièrement en Pyrénées-Orientales, sont les pôles les plus structurés de la filière. Il faut ajouter à cela la démarche originale de la Filière Cheval Lozère, association représentant le monde du cheval sur un département, à l’image d’un « conseil des chevaux » départemental.

On constate que la filière cheval régionale est caractérisée par un éclatement important des structures représentatives. Ceci est assez révélateur d’un cloisonnement sensible de la filière selon les disciplines, les races…etc.
Un Conseil des Chevaux a vocation à rassembler l’ensemble de ces structures. Comme nous l’avons signalé, cette structure, assez récente dans notre région est encore en croissance et en pleine évolution (dans ses statuts, son fonctionnement). Bien évidemment l’importance des mutations abordées en introduction (réforme des Haras Nationaux, décentralisation, loi rurale…etc.) et la question du poids et de la représentation des différents acteurs ne vont pas sans créer des débats passionnés tant au niveau national que régional sur la structuration de la filière. D’autant que « le principe même des Conseils des Chevaux représente une « révolution » dans le monde du cheval puisque c’est la première fois qu’une structure fait l’interface entre les professionnels et les collectivités locales. Auparavant, l’individualisme primait (…). Enfin, ces structures jouent aujourd’hui un rôle primordial dans la négociation d’enveloppes budgétaires pour mener à bien des projets régionaux (…) » (A Merlier, 2001).
Lors des différents entretiens dans le cadre de cette étude, la grande majorité des professionnels ont d’ailleurs regretté le manque de cohérence et de travail en commun des différents acteurs de la filière et le cloisonnement souvent important (qui tend peut-être à se réduire) entre plusieurs « mondes » du cheval : le cheval Camargue, le cheval de CSO, le cheval de trait, le tourisme équestre…etc.

113. Perception de la filière par ses acteurs

Celle-ci a été élaborée sur la base des entretiens avec les personnes ressources mais aussi d’enquêtes auprès des établissements équestres et des éleveurs.
Les points forts les plus souvent cités sont le tourisme équestre (on relève toutefois son manque d’organisation), la diversité de la filière, l’endurance équestre, la Camargue et l’activité qui y est liée, et enfin le développement général de l’équitation. D’autres points sont également soulevés régulièrement : la présence des Haras Nationaux sur Uzès, l’élevage de chevaux lourds, le climat favorable aux activités de pleine nature, et la passion animant les professionnels du cheval.

En revanche certains points sont clairement identifiés comme points faibles. Au premier rang de ceux-ci vient le manque d’organisation de la filière et la nécessité de plus de concertation : 90% des personnes rencontrées en entretien en font le constat. Le manque d’organisation du marché, les difficultés d’accès au foncier, le manque de reconnaissance, de soutien, de conseils, le manque de communication externe et interne, couplé à une mauvaise image de la filière sont également cités. Les personnes ressources rencontrées soulignent aussi parfois la personnalité trop indépendante des « gens du cheval ».

Selon une enquête récente (OpinionWay, novembre 2002) les qualificatifs s’appliquant le mieux au cheval pour les français sont : beau (98 % des français estiment que ce qualificatif s’applique très bien ou plutôt bien), noble, intelligent, affectueux. Mais si le cheval jouit d’une image très positive les professionnels considèrent être au contraire confrontés à un déficit d’image important, tant auprès du grand public, du monde agricole que des différentes collectivités. Ceci est aggravé par un manque de communication de la part de la filière. Ainsi, les activités liées au cheval se développent mais peinent à être reconnues.


12. Les effectifs d’équidés en Languedoc-Roussillon


Le dénombrement des équidés sur une zone géographique est complexe : aucune statistique ne permet à elle seule de déterminer précisément le nombre d’équidés. Il faut donc travailler par recoupement et comparaison de différentes sources statistiques, ou réaliser une enquête de terrain. L’identification obligatoire permettra dans l’avenir un recensement plus précis.
Nous tenterons de dénombrer les équidés présents en exploitation agricole, ceux présents sur les établissements équestres et ceux détenus par les propriétaires particuliers. Les sources de données utilisables sont :
- le Recensement Agricole (RA) et la Statistique Agricole Annuelle (SAA) : recensement des équidés présents en exploitation agricole et estimation des équidés présents hors exploitation agricole pour la SAA
- le service SIRE des Haras Nationaux : nombre de produits immatriculés par an, nombre d’équidés immatriculés sur la Région.

121. Les données du Recensement Agricole et de la Statistique Agricole Annuelle

1211. Les limites du RA

Le RA prévoit un recensement des équidés détenus dans les exploitations agricoles. Les équidés y sont même répartis en plusieurs catégories : juments et ponettes poulinières de race de selle et de course, juments et ponettes poulinières de race lourde, chevaux et poneys de race de selle et de course, chevaux et poneys de race lourde, ânes, mulets, bardots.
Cependant, afin de bien comprendre les chiffres donnés dans la présente étude rappelons que le recensement se fait sur une base uniquement déclarative, et que n’ont été comptabilisés que les chevaux détenus dans les exploitations agricoles définies au sens du RA.

Nous pouvons constater, après avoir contacté les personnes ayant géré le recensement sur chaque département :
- une certaine disparité dans la prise en compte des équidés selon le département, du fait d’un manque de précision concernant la définition d’une exploitation agricole,
- que, quelque soit le département, un très grand nombre de chevaux ont nécessairement échappé au recensement : chevaux de propriétaires particuliers (difficiles à repérer), chevaux d’éleveurs ne déclarant pas les naissances auprès des services des Haras, chevaux d’établissements équestres (la plupart du temps considérés par les enquêteurs comme structures commerciales et non agricoles).
Ainsi, contrairement à ce que l’on observe sur les autres cheptels animaux, une sous évaluation importante de la réalité du nombre d’animaux présents sur le territoire est certaine.

1212. Etat des lieux et évolution

La SAA vient s’appuyer sur le Recensement Agricole et estime également le nombre de chevaux hors exploitation selon une méthodologie qui peut varier d’un département à l’autre. Le tableau suivant présente les effectifs d’équidés selon la SAA 2001.

Depuis 1979, on constate une très forte augmentation du cheptel équin : plus de 90 % d’augmentation en 20 ans et augmentation de 36% de 1988 à 2000 (RGA 1979, RGA 1988, RA 2000). Entre 1999 et 2001, selon les données de la SAA, l’augmentation a été de 18,7 %. Cette augmentation, malgré les modifications et les lacunes dans le dénombrement des équidés, est unique concernant les grandes productions animales. Le Languedoc-Roussillon est également largement au dessus de la moyenne nationale en terme de nombre d’équidés par habitant.


Cliquez ici pour visualiser le TABLEAU 2 : EFFECTIFS TOTAL D'EQUIDES 2001


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Figure 1 : Evolution des cheptels régionaux.

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Figure 2 : Répartition géographique des équidés en 2001


1213. Effectifs d’équidés en 2001 : répartition par type

On peut différentier sur la SAA les équidés par type : Chevaux de selle, loisir et course (comprend également les poneys), chevaux de trait ou chevaux lourds et ânes mulets et bardots. La carte ci jointe (cf. figure 2) en présente la répartition départementale.
Chevaux de selle, de sport, de loisirs et de course
Ils sont de loin les plus nombreux sur la région : ils représentent 78% des équidés. Cet effectif est en augmentation : + 12,5 % entre 1999 et 2001. Ils sont principalement présent dans le Gard et l’Hérault, qui comptent à eux seuls 69 % des effectifs. Une part très importante de ces équidés est détenue hors exploitation, en particulier dans le Gard et l’Hérault. La part de juments poulinières dans ce groupe d’animaux est d’environ 25 % sur la région.

Chevaux lourds
Ils sont beaucoup moins nombreux : leur effectif représente environ 17% de l’effectif total d’équidés (probablement surestimé et plus proche de 13 %). Ils sont principalement localisés en Lozère et Pyrénées-Orientales, départements qui détiennent à eux seuls presque 80% de l’effectif. On observe également, contrairement à ce que l’on constate chez les chevaux de selle que la quasi totalité de ces équidés sont présents dans les exploitations agricoles, et que la part de juments poulinières dans l’effectif est très élevée (64 %). Il s’agit quasi exclusivement d’animaux d’élevage (et rarement de particuliers ou d’établissements équestres).

Autres équidés : bardots, mulets, ânes
Estimé par la SAA à environ 300 individus par département soit environ 1500 sur la région, dont 266 hors exploitation. Ces chiffres sont sans doute très éloignés de la réalité du terrain. En effet de nombreux experts s’accordent pour souligner la présence de plus en plus importante d’ânes, remplissant souvent le rôle d’animaux de compagnie, en particulier dans les zones périurbaines. Le chiffre de 0 ânes, mulets, bardots hors exploitation dans l’Hérault par exemple est sans doute contestable…Malgré cela on constate que cet effectif est en forte augmentation entre 1999 et 2001.

122. Les données du SIRE

Le SIRE est le système répertoriant en France les équidés identifiés. L’interprétation des données qui en sont issues doit tenir compte des limites suivantes :
- un nombre encore probablement important de chevaux non immatriculés,
- un nombre probablement important de non retour des documents d’accompagnement après la mort de l’animal alors que la déclaration est théoriquement obligatoire. Certains équidés morts sont donc encore considérés vivants par le SIRE,
- un nombre probablement important de chevaux entrants (achetés en dehors de la région) et dont le changement de propriétaire n’est pas automatiquement déclaré au SIRE (et inversement pour les équidés sortants).
Cependant, ces informations nous permettent une approximation intéressante, venant compléter les chiffres des recensements agricoles.

En supprimant les équidés de tranches d’âge supérieure à 20 ans (pour tenir compte des animaux morts et réformés) et en considérant que les équidés identifiés représentent 70 % des équidés totaux (tendance nationale selon l’OESC), nous pouvons estimer le cheptel à au moins 35 000 équidés en Languedoc-Roussillon.
On constate qu’ un nombre croissant d’animaux d’origine non constatée sont immatriculés chaque année. En 2001 par exemple ont été immatriculés 2926 équidés, dont 1687 d’origine non constatée. En 2002 ont été immatriculés environ 4400 équidés, dont 3449 d’origine non constatée. Sur ces derniers, on trouve en majorité des chevaux de selle (2218) mais aussi des poneys (850), des chevaux de trait (183) et des ânes (198). Les animaux d’origine non constatée identifiés sont pour 60% dans le Gard et l’Hérault.

Remarque :
Peu d’études concernent l’âge moyen à la réforme des équidés de selle. La durée de vie moyenne du cheval de selle et l’âge moyen à la réforme est difficile à évaluer toutefois une étude menée en 1999 sur 9896 chevaux a démontré une durée de vie d’un peu plus de 10 ans (chevaux de course et de viande exclus). Une autre étude menée à l’abattoir de Munich sur 2070 chevaux (dont uniquement 80 trotteurs et 13 purs sang et 31 chevaux de trait) a révélé un âge moyen à l’abattage de 8 ans et demi (Communication de Frank O Ödberg, Université de Gand, Faculté de médecine vétérinaire au Congrès de l’Association des Vétérinaires Equins Français).
De plus, on constate que l’abattage devient une issue de moins en moins courante pour les chevaux de selle, pour plusieurs raisons. :
- l’interdiction de consommation de chevaux de selle ayant reçu certains produits vétérinaires,
- l’attachement de certains propriétaires à leurs chevaux, qui entretiennent ceux-ci beaucoup plus longtemps. Ces chevaux ne sont pas orientés vers les abattoirs mais sur l’équarrissage.
D’après nos entretiens avec différents experts, et notamment auprès de vétérinaires équins, ce phénomène est de plus en plus important et on assiste en fait à une augmentation importante du nombre de chevaux âgés. Les animaux en fin de vie sont souvent orientés vers les équarisseurs. Ainsi, environ 1200 à 1300 équidés sont collectés par les équarisseurs chaque année sur la région, avec une forte proportion d’animaux provenant du Gard et de l’Hérault (d’après les évaluations des abatteurs et abattoirs, environ 500 à 600 équidés provenant de la région seraient abattus chaque année).

En conclusion, l’effectif sur la région est estimé à environ 35 000 équidés, supérieur à celui fourni par la SAA 2001 de 26 632 équidés. Un peu plus de 17 000 équidés sont détenus dans les exploitations agricoles (au sens du RA). Selon nos enquêtes (cf. 421), on peut estimer le nombre d’équidés détenus dans les établissements équestres à 10500 individus et ceux détenus par les propriétaires particuliers à environ 10 000 têtes.
D’après la comparaison entre les différents effectifs donnés par la SAA 2001 sur les différentes régions françaises, on constate que le Languedoc-Roussillon est largement au dessus de la moyenne nationale en terme de nombre d’équidés par habitant. Depuis 1979, on constate une très forte augmentation du cheptel équin : plus de 90 % d’augmentation. Selon les données de la SAA, l’augmentation s’est amplifiée récemment : entre 1999 et 2001 elle a été d’environ 20 % !


13. Les emplois dans la filière équine régionale


131. L’emploi dans le secteur des courses

Le Languedoc-Roussillon n’est pas une région de courses hippiques. Tant en trot qu’en galop, le nombre d’emploi est faible. Nous comptabilisons en 2002 : 3 licences d’entraîneur public et 2 autorisations d’entraîner en course de trot et 1 entraîneur professionnel en galop, 1 employé d’hippodrome. Selon l’AFASEC (Association de Formation et d’Action Sociale des Ecuries de Courses) il n’y a pas d’employés dans le secteur des courses sur la région. Il faut toutefois y ajouter le personnel du PMU, soit 19 personnes sur la région. Ainsi, le secteur des courses représente 26 Equivalents Temps Plein (ETP), dont 20 salariés, ce qui est très faible au regard d’autres régions françaises.

132. L’emploi dans les établissements équestres

Concernant la méthodologie de travail et les précisions sur la main d’œuvre dans les établissements équestres, on pourra se reporter au 421 « Les établissements équestres ». On peut estimer à ce jour l’emploi dans les établissements équestres à 646 ETP, dont 340 ETP salariés. La région est exactement dans les normes nationales qui donnent sur les établissements équestres 3, 5 emplois pour 100 licenciés à la FFE (OESC, 2002), ce qui équivaudrait en Languedoc-Roussillon, avec plus de 18000 licenciés en 2002, à 640 emplois.
Chaque établissement emploie en moyenne 1,9 ETP (salariés et non salariés) dont 1,1 ETP salarié contre une moyenne nationale à 2,9 ETP par établissement dont 2 ETP salariés (OESC 2001). Les dirigeants ne sont salariés que dans 36% des cas et les dirigeants non salariés représentent en moyenne 0,6 ETP par établissement d’après notre enquête.
Ces chiffres sont inférieurs à ceux de la DRJS (Diagnostic régional sur l’emploi dans les établissements équestres, Observatoire Régional des Métiers et des Qualifications, DRJS Languedoc-Roussillon, Mai 2002), et à ceux estimés par le Groupement Hippique National (respectivement 1,6 et 1,3 ETP salarié par établissement).

Les établissements équestres de la région sont, en terme d’emploi tout au moins caractérisés par une taille inférieure à la moyenne nationale.
On observe également que l’emploi dans ce domaine est en augmentation : pour les établissements affiliés à la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et identifiés comme centres équestres (catégorie « Dressage, entraînement , haras »), l’augmentation de la main d’œuvre salariée a été de 41% en 2 ans, de 1999 à 2001 (cf.421).

133. Les emplois dans les élevages

La principale difficulté réside dans la définition d’un élevage équin : il existe en effet de nombreux élevages de petite taille, et leur impact en terme d’emploi est difficile à évaluer. Deux sources de données ont été utilisées :
- le SIRE et les estimations de l’OESC (estimation de la main d’œuvre en élevage à partir du nombre d’élevages déclarés au SIRE)
- et le RA (main d’œuvre dans les exploitations agricoles recensées).

Les extrapolations depuis les données nationales
En France, 52% des éleveurs exercent une activité agricole, 16 % sont des personnes sans activité ou retraités, 12% exercent une profession liée au cheval. Selon les statistiques nationales (OESC) la main d’œuvre moyenne salariée et non salariée est de 0,47 ETP / élevage (mais ce chiffre est variable selon le type d’élevage : cf. tableau 8). Ceci s’entend par élevage au sens du SIRE : est considéré comme éleveur tout propriétaire d’au moins une jument mise à la reproduction dans le cadre de la monte publique. L’extrapolation de ces données nationales aboutit alors à un total de 340 ETP dont 106 salariés en Languedoc-Roussillon.

Les données du recensement agricole de 2000
Nous avons tenté d’isoler les exploitations agricoles ayant un atelier d’élevage équin. L’analyse des orientations technico-économiques (OTEX) et le nombre de juments poulinières nous renseigne sur l’importance de cet atelier équin dans l’activité de l’exploitation. Deux seuils ont été choisis : celui de trois juments poulinières car il est souvent cité par les professionnels comme identifiant un atelier d’élevage et celui de 8 juments poulinières, souvent cité comme seuil indicatif d’affiliation possible à la MSA.
On dénombre 775 exploitations possédant 3 poulinières ou plus et 198 exploitations ayant 8 juments poulinières ou plus dans la région en 2000. Les tableaux suivants reprennent leurs caractéristiques concernant la main d’œuvre par département. On retrouve logiquement le peu de main d’œuvre salariée utilisé en élevage de chevaux lourds par rapport aux élevages de chevaux de selle : les 557 exploitations ayant plus de 3 poulinières de selle représentent 800 UTA (Unité de Travail Agricole) dont 161 salariés permanents, les 218 exploitations ayant plus de trois juments lourdes représentent 293 UTA dont 9 salariés permanents.

En tenant compte de la part des exploitations orientées sur l’élevage équin (environ les deux tiers), on remarque que les chiffres obtenus sont proches de ceux donné par l’extrapolation des données nationales, sauf pour ce qui concerne la main d’œuvre salariée.
Par ailleurs, la comparaison avec les données du RGA de 1988 nous permet d’appréhender les dernières évolutions. En 1988, on comptait seulement 228 exploitations avec 8 poulinières et plus, qui représentaient 400 ETP dont 69 salariés permanents (contre 502 ETP en 2000) soit une augmentation de près de 25% en 15 ans.

En conclusion, l’élevage équin produit un emploi diffus, difficile à quantifier, mais en augmentation. En tenant compte du pourcentage d’exploitations qui sont orientées sur l’élevage équin, la main d’œuvre totale est estimée à 340 ETP, dont 63 salariés permanents, mais d’autres emplois, liés à de petits ateliers et à la diversification dans les exploitations agricoles non spécialisées sur le cheval devraient y être ajoutés.

134. Les emplois dans les selleries, bourrelleries et maréchaux-ferrants

Concernant les selleries et bourrelleries, en France, près de la moitié des entreprises fonctionnent sans salarié : dans ce cas le travail est effectué par le responsable non salarié de l’entreprise, parfois accompagné de son conjoint. La moitié des salariés occupe des fonctions artisanales, un quart a des postes administratifs, les autres ont des fonctions commerciales ou d’entretien. Ils s’agit de personnes relativement jeunes (63% ont moins de 40 ans) et autant d’hommes que de femmes. Plus de 85% sont en CDI, 83% sont à temps plein. Ces entreprises réalisent de la vente au détail, de la fabrication et de la réparation et leur chiffre d’affaire moyen est de 76 224 €/an. 45% sont spécialisés dans la vente au détail (OESC 1999).
En Languedoc-Roussillon on compte 1,8 salariés par entreprise (Répertoire Sirene pour l’Artisanat) contre 2,8 nationalement. Il faut y ajouter les dirigeants non salariés, estimés à 0,8 ETP par entreprise. Nous avons donc dans notre région un emploi en Sellerie Bourrellerie d’environ 2,6 ETP / entreprise (contre 3,6 ETP par entreprise nationalement), soit un total de 87 ETP.
Il faut de plus ajouter à ce chiffre les rayons spécialisés de grandes surfaces consacrées au sport. On en compte une dizaine sur la région qui emploient environ 15 ETP (enquête téléphonique réalisée auprès de ces magasins, Octobre 2003). On a donc un total d’environ 102 ETP dont 75 salariés. Il est important de noter l’augmentation très importante du nombre de salariés dans cette activité : + 100% en 5 ans, même si le nombre d’entreprises a diminué. Il s’agit donc d’une activité fortement génératrice d’emplois.

En France, les entreprises de maréchalerie sont souvent des entreprises individuelles. Nationalement, prés des deux tiers des maréchaux exercent seuls, sans associé et exclusivement en maréchalerie. Sur le tiers exerçant un autre activité, la majorité exercent une autre activité liée au cheval (éleveur, …).Il est à noter qu’étant donné la pénibilité du métier, la moitié des maréchaux au niveau national ont moins de 35 ans (OESC, 2002). La même étude démontre qu’un maréchal effectue en moyenne 600 kms et ferre 26 chevaux par semaine. Les investissements prévus concernent principalement les véhicules et le matériel de forge. Une entreprise réalise en moyenne un chiffre d’affaire annuel sur la maréchalerie de 41600 €.
Nous comptons en Languedoc-Roussillon 0,35 salarié par entreprise, ce qui est très proche de la moyenne nationale (0,37 salarié / entreprise). Avec 1 ETP non salariée par entreprise (moyenne nationale), l’emploi en entreprises de maréchalerie représente 66 ETP dont 17 salariés.
On note pour cette activité une forte progression du nombre d’entreprises : + 60% de 1997 à 2002 et de l’emploi.

On constate que le département où le plus grand nombre d’entreprises sont présentes est l’Hérault, avec 30 entreprises de sellerie, bourrellerie ou maréchalerie employant 45 salariés (auxquels il faut ajouter la main d’œuvre non salariée). Le nombre d’entreprises augmente sensiblement sur l’Hérault et diminue légèrement dans le Gard, de façon plus marquée dans l’Aude. Ce sont les selleries qui sont les plus concernées par cette diminution. Les entreprises de maréchalerie sont de plus en plus nombreuses, quelque soit le département (sauf Aude).
Sur l’Hérault, la main d’œuvre salariée a augmenté de plus de 100 % en 5 ans. Cette évolution est encore plus marquée dans le Gard, avec plus de 140 % d’augmentation.

135. Les vétérinaires équins

Il faut distinguer les vétérinaires équins spécialisés, qui interviennent uniquement ou majoritairement sur les chevaux, les vétérinaires pour lesquels le cheval constitue une sous dominante de leur activité et ceux intervenant parfois sur les équins.
L’OESC a mené en 2002 une enquête nationale auprès des cabinets vétérinaires ayant au moins un vétérinaire intervenant sur les équins : seuls 12% des vétérinaires interviennent uniquement sur les équins, 12% interviennent principalement sur équins, et 76 % interviennent occasionnellement sur les chevaux. Les trois quarts des vétérinaires sont des hommes et 70 % ont moins de 45 ans. La moitié des salariés exercent des activités de secrétariat et aide- soignants vétérinaires (dont plus de 90 % sont en contrat à durée indéterminée, 54% à temps plein) et 35 % sont des vétérinaires ou assistants vétérinaires (80% en CDI, les trois quart à temps plein). Le chiffre d’affaire annuel par vétérinaire a été estimé à 172 000 € dont 53 000 € lié aux équidés. Dans les cabinets spécialisés équins, ce chiffre d’affaire est de 180 000 € par an (OESC, 2002). En Languedoc-Roussillon, d’après la même étude, le chiffre d’affaire moyen lié aux équidés se situe entre 11 000 et 20 000 € par vétérinaire. Plus des trois quarts des vétérinaires considèrent que l’activité est stable, environ un quart pense qu’elle est en développement (OESC, 2002).
On compte 12 praticiens et itinérants spécialisés équins sur la région (plus 6 assistants), et 58 praticiens et itinérants (plus 3 itinérants) à sous dominante équine (Dictionnaire ROY, 2003). Par ailleurs, 13 vétérinaires sont inscrits à l’Association des Vétérinaires Equins Français, dont 5 dans le Gard et 3 dans l’Hérault (AVEF, 2003).
L’OESC a estimé l’emploi chez les vétérinaires spécialisés en équin dans la région Languedoc-Roussillon à 72 ETP dont 40 salariés (OESC, 2003 , Fiche Economique « les chiffres clés de la filière Cheval en Languedoc-Roussillon »).

136. La formation, la recherche

Les structures de formation, privées ou publiques emploient sur la région 40 ETP, dont 40 salariés. Les structures les plus importantes emploient jusqu’à plus de 10 équivalents temps plein affectés aux formations aux métiers du cheval. Il s’agit d’établissements divers (lycées agricoles, centres de formation par apprentissage…).
Il faut ajouter à cela les formateurs de BEES 1 (hors faculté des sports de Montpellier et CNF de la Canourgue), ce qui représente en fin 2002 environ 25 structures. Cette formation pouvait jusqu’à présent contribuer à l’activité de certains établissements équestres, et donc au maintien de l’emploi sur ces établissements. Cependant, nous ne les avons pas comptabilisé ici puisque ces emplois sont déjà pris en compte dans la partie « établissements équestres ».
Les autres activités liées à la recherche, au développement, au soutien technique représentent environ 45 ETP dont 45 ETP salariés, avec notamment le Haras National d’Uzès et ses 37 salariés.

137. Autres professions

Il faut également comptabiliser l’emploi dans les boucheries chevalines (environ 30 boucheries chevalines dans la région) ainsi que l’emploi lié au spectacle équestre et à l’organisation de manifestations, aux entreprises de fabrication d’aliments et commercialisation et aux fabricants et vendeurs de matériel de transport spécifique, aux assurances…Celui-ci a été estimé à 95 ETP.

138. Les accidents du travail dans la filière cheval

Les activités équestres sont considérées comme des activités à risque par la MSA. Le taux de cotisation « accidents du travail » est lié, quelque soit le secteur d’activité, aux risques professionnels. Ce taux est très élevé pour les activités liées au cheval : celles-ci se placent nationalement au troisième rang des activités à risque, juste derrière les activités d’exploitation du bois et avant les activités de scieries ou de traitement de la viande !
Non seulement ces risques ont un coût humain pour les professionnels de la filière, mais aussi un coût économique, puisque le fort taux « accident du travail » pèse de façon non négligeable sur le prix de revient de la main d’oeuvre. Ce taux a faiblement diminué entre 2002 et 2003 : il était en 2002 de 7,2%, il est aujourd’hui de 6,9 %. Par comparaison, le taux pour l’activité « élevage spécialisé de gros animaux » est de 2,70 %.
Signalons encore que la MSA du Gard organise avec la MFR de Vézénobres des sessions de sensibilisation à l’attention des jeunes en formation (cf. annexe 6).
Le tableau ci-dessous nous détaille sur la France et sur la région, l’occurrence des accidents du travail et la part d’accidents graves. Les données 1997, 1998 et 1999 sont les plus récentes disponibles à ce jour. Il est important de signaler que le taux de fréquence sur la région et le coût moyen de l’arrêt de travail sont inférieurs à la moyenne nationale.

Un travail de sensibilisation et de formation des professionnels serait donc peut être à prévoir. Il devrait s’accompagner d’aides aux investissements (équipements, lieux de travail adaptés…) permettant d’améliorer la sécurité des professionnels et de leurs clients.

Remarque : les accidents au cours de la pratique sportive ou de loisirs ne sont pas comptabilisés ici. Un travail est probablement à mener également dans ce sens : la dangerosité (peur, chute…) de l’équitation est le premier facteur d’arrêt de l’activité (Etude CNEFE, REF Septembre 2003, pp 44-45).



La filière cheval représente dans la région plus de 1300 équivalents temps plein, dont la moitié de salariés. Le volume de l’emploi suit la forte progression du secteur. Les établissements équestres et les activités connexes représentent la plus large part de l’emploi.

14. Aspects environnementaux et économique


141. Les aspects environnementaux

Le cheval est présent sur l’ensemble du territoire régional. Les chevaux de trait sont davantage présents en zone de montagne, les chevaux de selle occupent jusqu’aux zones péri urbaines. La présence des chevaux est partout de plus en plus importante et liée à l’augmentation forte et régulière du cheptel équin.
De plus le cheval a la particularité d’être un animal herbivore et monogastrique particulièrement bien adapté à la valorisation de grands espaces peu productifs. Il est souvent présent sur les espaces abandonnés par d’autres productions, en zone rurale comme en zone périurbaine. Ses qualités de débroussailleur du fait de sa consommation et de ses déplacements (action mécanique) sont scientifiquement reconnues. Il est malheureusement trop souvent oublié dans les projets pastoraux initiés par les collectivités locales.

Les surfaces
Les élevages sont les plus gros consommateurs d’espace. D’après le dernier Recensement de l’Agriculture en 2000, les exploitations possédant 3 juments poulinières ou plus occupent près de 50 000 hectares soit une moyenne par exploitation de 60 hectares. Les élevages possédant 8 juments poulinières ou plus occupent en région 23 000 hectares. Ces exploitations possèdent en moyenne 26 équidés et occupent 80 hectares (un peu plus des deux tiers de ces exploitations ont comme orientation technico-économique l’élevage équin).
Ces chiffres sont confirmés par nos enquêtes auprès des éleveurs : les chargements sont faibles et sensiblement identique qu’il s’agisse de cheval de selle ou de trait : en moyenne 0,3 équidé/ha. Les élevages de chevaux utilisent majoritairement des prairies et parcours (en moyenne plus de 85% de leur surface d’après l’enquête). Il s’agit d’un élevage extensif et respectueux de l’environnement.
La séparation est claire entre un élevage équin de montagne, basé sur l’élevage de chevaux lourds et un élevage équin « de plaine », davantage axé sur les chevaux de selle. Toutefois, l’élevage de chevaux de selle n’est pas absent des zones de montagne ou d’arrière pays (cf. figures 4 et 5).

Les centres équestres occupent également des surfaces importantes, qu’ils aménagent et valorisent. Leur présence est importante en zone périurbaine (clientèle nombreuse et proche), mais ils permettent également l’animation de zones rurales (cf. figure 3).
Le cheval est un moyen privilégié de découverte de l’environnement régional : on compte près de 2500 kilomètres de chemins balisés pour les équidés et de grandes surfaces du territoire régional ne peuvent être visitées qu’avec le cheval comme moyen de locomotion (Parc National des Cévennes, Parc Naturel de Camargue…).

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Figure 3 : répartition géographique des centres équestres et points d'équitation.


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Figure 4 : répartition géographique des élevages de chevaux de trait.


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Figure 5 : répartition géographique des élevages de chevaux de sang et poneys


Les zones périurbaines
La présence de plus en plus marquée du cheval dans ces zones est évidente. Ceci devra être démontré par les différents travaux engagés sur l’agriculture périurbaine, dans laquelle le cheval a toute sa place. Les centres équestres, les élevages mais aussi propriétaires particuliers occupent largement cet espace.
Leur présence a été étudiée dans le cadre d’un mémoire de fin d’étude à l’ENSA Montpellier (cf. annexe 7) dans la zone du Nord de Montpellier (B. Roche, Les herbivores en région périurbaine, rôle social et impact sur le territoire, essai de repérage et d’analyse dans les Garrigues du Montpelliérais, Oct 1996, ENSA.M). Il en ressort que les chevaux sont les herbivores de loisirs les plus représentés en zone périurbaine. Il peut s’agir de centres équestres, de petits éleveurs ou encore de propriétaires particuliers. Les équidés y remplissent un rôle social (animal de compagnie, animal de loisir attachement à un mode de vie rural) et économique (vente de prestations d’équitation). Les surfaces qu’ils occupent sont importantes ce qui a pour conséquence : une valorisation de friches notamment viticoles, un impact visuel (positif : présence d’animaux… ; négatif : terre battue, abreuvoirs-baignoires…) et une nécessaire concertation pour déboucher sur des compromis d’usage avec d’autres utilisateurs de l’espace (chasseurs, promeneurs…).
D’autres études démontrent cette place de plus en plus importante du cheval en zone périurbaine. Par exemple, une étude portant en 2001 sur la communauté de communes « Vignes et Pierres » (34) relève, s’agissant de « l’apparition d’activités agricoles diversifiées adaptées au milieu périurbain » que « la grande majorité de ces exploitants se sont installés dans les dix dernières années. Ils sont souvent jeunes (…) et se sont installés hors du cadre familial (…). Les éleveurs équins enquêtés pratiquent le dressage-élevage, la pension de chevaux de particuliers, ou des cours d’équitation. L’essor de ces activités est lié à la proximité d’une clientèle urbaine et périurbaine. L’engouement de la population rurbaine pour le cheval se manifeste aussi par la prolifération des chevaux (…) achetés par les particuliers non agriculteurs » (S Moreau, 2001. Les mutations d’une agriculture périurbaine : contribution au projet de territoire de la communauté de communes Vignes et Pierres », mémoire de fin d’études ENSA.M).

Les aspects paysagers
Les avantages paysagers d’un élevage de chevaux ou d’un centre équestre ne sont plus à démontrer : animation et entretien de l’espace, beauté du cheval…etc. Cependant des efforts peuvent sans doute être faits car les lieux de vie des chevaux sont souvent perfectibles en termes d’intégration dans le paysage. Ceux-ci sont sensibles mais il faut remarquer :
- que ceci n’est pas spécifique à l’animal cheval mais que ses zones de pâture étant souvent en zone fréquentée, les nuisances paysagères sont souvent remarquées,
- que ces nuisances peuvent être le fait de particuliers et non de professionnels de la filière,
- que les propriétaires (professionnels ou particuliers) sont souvent confrontés à des difficultés d’accès au foncier ; leur situation de précarité par rapport aux propriétaires nuit souvent à la mise en place d’infrastructures pérennes.
Cependant, les professionnels dans l’objectif d’un développement durable de la filière, souhaitent travailler sur l’amélioration des aspects paysagers, dans le cadre d’une démarche collective.

142. Aspects économiques

Il est indéniable que le cheval représente une activité économique importante et en pleine croissance. De plus, cette filière présente l’intérêt de la diversification : elle est moins sensible aux crises diverses qu’une filière spécialisée (le cas récent de la filière bovin-viande et de l’ESB nous le rappelle). Il s’agit d’une filière peu aidée (pas d’aides PAC spécifiques…) et largement non « délocalisable » (les centres équestres étrangers viendront difficilement concurrencer ceux du Languedoc-Roussillon). De plus elle s’appuie sur des tendances structurelles favorables au niveau national : augmentation des loisirs, demande croissante de produits équestres…
Elle génère une activité rattachée très importante : au-delà des traditionnels services liée à une activité de nature agricole (alimentation animale, matériel agricole…etc.) se greffe une activité économique importante liée à l’utilisation du cheval, aux soins spécifiques qui y sont attachés, au transport :
- selleries et rayons spécialisés des grandes surfaces sportives,
- vétérinaires équins,
- maréchaux-ferrants,
- fabricants de vans, de véhicules 4X4, transporteurs d’équidés,
- marchands de litière (paille, copeaux bois, litière de lin…),
- organisateurs de compétition, loueurs de boxes démontables (pour les compétitions), speakers professionnels…

Nous avons choisi dans cette partie de reprendre quelques chiffres importants, témoignant de l’importance économique de cette filière.

Les fournisseurs divers
Les équidés présents sur le territoire régional consomment pour plus de 20 millions d’euros par an d’aliments pour bétail. Nous avons contacté les principaux fabricants distributeurs d’aliments pour bétail de la région (entreprises GCO, Sanders, Bermond, Audecoop, Horse 3000, Boulet…). Les aliments spécialisés pour chevaux représentent selon les cas de moins de 1% à 15 % de leur chiffre d’affaire (sans tenir compte d’un fabricant spécialisé sur bovins et chevaux : Horse 3000). Ce pourcentage est très variable notamment selon la situation géographique du fabricant (plaine ou montagne). Leur chiffre d’affaire lié au cheval est d’au moins 4 millions d’euros par an et en progression. De plus, les propriétaires de chevaux étant dispersés, ils entretiennent un réseau de vente au détail important.

Par ailleurs, les chevaux sont également de formidables « ordonnateurs de dépenses » en matériel divers, vêtements, matériel de transport (vans, véhicules 4_4….). La simple observation des linéaires de grandes surfaces spécialistes du sport nous le confirme : les rayons spécialisés équitation sont parfois aussi développés que ceux réservés au football et au rugby !
Nous avons choisi comme exemple de nous intéresser aux 12 grandes surfaces (Décathlon, Go Sport) ayant un rayon équitation. On compte plus de 300 mètres linéaires de rayon équitation, soit un chiffre d’affaire estimé à 2,5 millions d’euros (ne sont pas là comptabilisés les chiffres d’affaires des selleries indépendantes) et d’après les chefs de rayons et directeurs contactés, cette activité est en progression sur ces cinq dernières années.

Les établissements équestres
Ils génèrent un chiffre d’affaire de 30 millions d’euros (en progression). Plus de 80 % des établissements équestres achètent leur alimentation animale en région.

Les sports équestres
Les seules licences FFE représentent plus de 500 000 € en 2002, auxquels il faudrait ajouter les montants des engagements sur les concours pour avoir une appréciation plus exacte des flux générés. Le nombre de licenciés et d’épreuves sportives est également en augmentation.

Les dépenses de production
La réalité économique de la partie élevage est complexe à saisir. Les chiffres moyens en matière de coûts, de prix de vente cachent souvent de grandes variations Les coûts d’élevage ont été calculés à partir de coûts moyens multipliés par les effectifs. Les données utilisées ont été celles du SIRE, des références technico-économiques (Enita de Bordeaux 1993 et 2000, Références Ed Synthèse agricole) disponibles et des dires d’experts.
Les dépenses d’entretien des juments poulinières représentent environ 2 millions d’euros. Ne sont compris que les frais d’alimentation, les soins courants (vaccinations, vermifugation, parages, ferrages…etc.), sans tenir compte de la main d’œuvre. Les frais de reproduction (saillies, échographies…) sont estimés à environ 550 000 €. Les frais d’élevage des poulains sont évalués à environ 2 millions d’euros. Ceux-ci sont importants du fait de la vente tardive des poulains. Il y a de très fortes disparités selon le type d’élevage.
Les flux directement générés par l’activité d’élevage sont donc au minimum de 4 millions et demi d’euros.

Les courses
Environ 700 000 € d’enjeux sont réalisés chaque année sur les hippodromes régionaux. Mais c’est surtout le PMU, avec 190 millions d’enjeux (en progression forte) sur les quelques 323 points de vente de la région qui constitue un poids économique considérable. Il a permis un prélèvement de l’Etat sur les enjeux régionaux de près de 30 millions d’euros. Rappelons qu’en France, le prélèvement de l’Etat sur les enjeux du PMU rapporte « la bagatelle d’un milliard d’euros par an » (L. Romanet, Président de France Galop). Ceci représente environ 4 % de la collecte de l’impôt sur le revenu (X. Libbrecht, L’Eperon, Juillet 2003).

Les ventes de chevaux
En se basant sur les transactions répertoriées au SIRE, on peut estimer entre 5 et 10 millions d’euros les flux de vente de chevaux. Ce chiffre doit être pris avec précaution puisqu’un nombre important de transactions ne sont pas répertoriées et que la vente d’un cheval à un prix très élevé peut le modifier (vente de certains chevaux à plus de 300 000 €).
En 2002, les ventes de chevaux d’endurance par les éleveurs du syndicat SEBECC se sont chiffrées à près de 800 000 € et les ventes aux enchères de chevaux d’endurance à Uzès en 2001 à un montant total de près de 500 000 €.




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