41. Les courses
Notre région est à cheval sur deux fédérations régionales des courses : la Fédération Régionale du Sud Est et celle du Sud Ouest qui gèrent lorganisation des courses. Les paris sont gérés directement sur les hippodromes (Pari Mutuel Hippodrome) ou par le PMU (Pari Mutuel Urbain). La formation et les aspects sociaux sont gérés par lAFASEC (Association de Formation et dAction Sociale des Ecuries de Courses). Nous ne disposons pas dantenne de lAFASEC sur notre Région, la plus proche étant celle de Cabriès (13).
Lactivité des deux hippodromes régionaux est largement inférieure à celle des nos voisins de Provence Alpes Côte dAzur (PACA) (hippodromes de Marseille, de Cagnes sur Mer, etc.). La Région Languedoc-Roussillon est lavant dernière région française en terme de nombre de réunions organisées par an, très loin derrière sa voisine PACA (231 réunions par an ; 4ème rang national derrière lIle de France, les Pays de Loire, et la Basse-Normandie). Il est dailleurs étonnant de voir la différence de développement du secteur course entre PACA et le Languedoc-Roussillon.
Toutefois, si lactivité même des courses sur la Région peut être considérée comme faible au regard dautres régions, il nen demeure pas moins que les parieurs sont particulièrement actifs et génèrent un chiffre daffaire considérable au PMU.
411. Les entraîneurs et les chevaux à lentraînement
Les entraîneurs professionnels ou amateurs sont très peu nombreux sur la Région, que ce soit en courses de galop ou de trot. Ils sont absents dans lAude, en Lozère et dans les Pyrénées-Orientales. Dans les départements du Gard et de lHérault, le tableau suivant résume la présence des entraîneurs et des chevaux à lentraînement (cf. annexe 17).
On observe une faible présence des courses de trot en Languedoc-Roussillon : seulement 35 trotteurs à lentraînement en 2001 et 34 en 2002. Pour comparaison avec une région proche, la PACA est passée entre 2000 et 2001 de 733 à 870 chevaux trotteurs à lentraînement et se place sur ce critère au 4ème rang au niveau national. On constate une très faible présence également des courses de galop : 8 chevaux à lentraînement en 2001, 6 chevaux en 2002.

Figure 13 : Répartition des trotteurs à lentraînement en 2001
(daprès : OESC 2002)

Figure 14 : Répartition des galopeurs à lentraînement en 2001
(daprès : OESC 2002)
412. Lactivité des hippodromes
La région ne compte que 2 hippodromes, ce qui est très faible au regard des autres régions françaises. Lhippodrome de Nîmes et celui de Carcassonne. Ceux-ci connaissent tous deux un gros besoin de rénovation et dinvestissements. Pour chacun dentre eux, des projets de rénovation sont engagés. Les hippodromes de Nîmes et Carcassonne organisent chaque année plusieurs réunions et sont le théâtre de courses de bon niveau. De plus en plus dautres activités équestres sont organisées lors des réunions de course, qui peuvent devenir de vraies « fêtes du cheval ». Les tableaux suivants résument leur activité :
Lhippodrome de Carcassonne réalise deux réunions par an, lune le 1er Mai, lautre le second Dimanche de Mai. Il est géré par la Société des courses de lAude, fondée en 1898.
Lhippodrome de Nîmes présente une activité largement supérieure à celui de Carcassonne, avec 7 réunions par an, bien fréquentées à la fois en terme de chevaux et de spectateurs. Son activité a augmenté, avec le développement des quartés régionaux et des courses PMU nationales. En moyenne on y trouve 14 chevaux engagés par course de trot, 10 par course de plat, 7 par course dobstacle. Il y a 376 entrées payantes et un montant denjeux PMH de 39 287 euros par réunion. En 2003, 7 réunions sont également prévues, dont 3 serviront de support au Quarté + Régional et 2 serviront de support à une course PMU national. Lhippodrome de Nîmes dispose également dun centre dentraînement. En mai 2003, il accueille 2 entraîneurs de galop et 2 entraîneurs de trot. Les besoins de rénovation sont importants sur le centre dentraînement.
413. Lactivité du PMU
Sur la région, lactivité du PMU est importante. Les enjeux 2002 ont atteint près de 190 millions deuros et ont fait lobjet dun prélèvement de la part de létat de 15,86 %, soit environ 30 millions d€ (PMU, dossier de presse 2002).
Le chiffre daffaire du PMU a progressé en France de 18 % en trois ans (2000, 2001 et 2002), et on retrouve cette évolution au niveau régional. Le PMU emploie directement 19 personnes sur lagence de Montpellier. Celles-ci sont chargées daspects commerciaux et organisationnels.
Les enjeux PMU :
Les enjeux en 2002 ont atteint environ 190 millions deuros, avec la répartition suivante selon les départements.
Les enjeux PMU sont en augmentation entre 2001 et 2002 (+ 4,1%), en particulier dans le département du Gard. Cette augmentation est comparable à celle observée au niveau national (+ 4,0 %). On observe également une grande diversité selon les départements. La Lozère, département « rural » parie très peu, le Gard a connu la plus forte augmentation du montant des enjeux et est également le département ou le montant des enjeux par habitant est le plus élevé.
Les enjeux par habitant (111 € par habitant de plus de 20 ans en 2002) augmentent mais restent inférieurs à la moyenne nationale, qui atteint 145 €. Cependant, une comparaison avec les autres régions de la Direction Régionale du Sud Ouest du PMU (moyenne = 95 € / habitant de moins de 20 ans) démontre que notre région est tout de même « joueuse ». Au niveau national on constate que la clientèle est jeune (un tiers a moins de 35 ans), plutôt masculine (6 hommes sur 10 parieurs), de catégories socio professionnelles variées (17 % demployés, 11 % de cadres moyens et professions intermédiaires, 6 % de cadres supérieurs et professions libérales, 23 % douvriers, 20 de retraités) (PMU 2002).
Remarque : le record de gain sur la Direction du Sud Ouest pour 2002 a été établi le 27 avril 2002, à Montpellier avec 851 229 € de gains.
Le réseau de vente et les types de paris :
La région compte 323 points de vente PMU. Ceux-ci représentent, selon les départements, 75 à 80 % des ventes. Ces chiffres sont comparables à ceux observés au niveau national. On constate cependant une augmentation importante des ventes en cafés courses, points et clubs courses qui expliquent une part importante de laugmentation des enjeux sur la région. Le PMU direct ne représente encore quun faible part des ventes et a connu une légère régression (avec de grosses disparités entre les départements), son attrait est inférieur à la tendance nationale (4,4%), sauf en Lozère.
Le PMU diversifie son offre de paris et développe son réseau de vente. Le Quinté + domine largement. Même si ces chiffres sont comparables à ceux observés au niveau national, on relève que les Quarté et Quinté + représentent une part plus importante que la tendance nationale, alors que les autres types de paris sont moins représentés.
Le secteur de léquitation présente une grande diversité qui traduit la variété des utilisations possibles du cheval. De nombreuses disciplines sportives existent (CSO, endurance, CCE, dressage, attelage, polo, équitation Camargue, équitation américaine, horse-ball, hunter
etc.). Sy ajoutent de nombreuses formes dutilisations pour le loisir. Le succès de léquitation à poney et la progression du nombre de cavaliers permettent de fonder beaucoup despoirs sur le devenir de léquitation.
Sans doute du fait de son développement exponentiel et de sa diversité, le secteur de léquitation est beaucoup plus complexe et accuse peut-être un retard dans son organisation par rapport au monde des courses, qui brille par sa structuration et son efficacité (cf. annexe 1). La comparaison réalisée entre ces deux secteurs par X. Libretch est à ce titre très instructif : « lactivité course, professionnalisée à lextrême est rassemblée et optimisée, le tout grâce à largent des parieurs, que génère et gère le PMU. Parallèlement, lactivité équestre, amateur pour lessentiel, est démultipliée à lenvie
» (X Libretch, lEperon Magazine, juillet 2003).
Mais la grande diversité des approches possibles de léquitation est aussi une richesse : à la fois compétition et activité de pleine nature, sport et loisir, léquitation est capable de toucher un très large public. Et, quelle que soit leur pratique, lensemble de ces cavaliers génèrent des flux économiques importants (prestations déquitation, participation aux compétitions, matériel, alimentation des chevaux
etc.), et de ce fait un grand nombre demplois directs et indirects.
La France compte environ 450 000 pratiquants licenciés à la FFE en 2002 (contre seulement 100 000 en 1976 !). Il faut y ajouter les cavaliers non licenciés évalués par lAgence Française de lIngénierie Touristique à plus dun million de personnes (AFIT 1995) dont le tiers montent régulièrement (au moins une fois par mois), les autres pratiquent des balades ou des randonnées occasionnelles.
Une enquête plus récente réalisée en Novembre 2002 par Opionionway à la demande de la FFE révèle que léquitation arrive en 5ème position des sports de nature favoris, après la bicyclette, les activités de montagne, la marche et la voile. (Equiidée n°46, 2003, daprès le Ministère des Sports, lINSEP et la FFE). Deux français sur trois déclarent être montés à cheval au moins une fois dans leur vie, et 17 % dentre eux poursuivent la pratique de léquitation aujourdhui de façon plus ou moins régulière, pour 71% dentre eux « en randonnée » et pour 54% « dans un centre équestre » (ce peut être les deux pour certaines personnes).
Ramené au Languedoc-Roussillon, cela signifie que plus de 55 000 personnes pratiquent régulièrement léquitation, quenviron 363 000 personnes pratiquent léquitation plus ou moins régulièrement et que près dun million et demi dhabitants de la région sont montés à cheval au moins une fois dans leur vie !
On peut classer les cavaliers par lorientation de leur pratique : certains pratiquent léquitation loisir, dautres léquitation sportive. Ces catégories ne sont pas hermétiquement séparées. Un cavalier peut commencer par une pratique loisir puis se tourner vers le sport, retourner éventuellement dans la première catégorie
LOESC a séparé les cavaliers en 4 grands groupes :
- les cavaliers réguliers, licenciés à la FFE, montant en compétition. Ceux-ci peuvent être connus par lintermédiaire des licences compétition, même si cette approche nest pas parfaite (certains cavaliers licenciés « compétition » ne pratiquent pas la compétition). Ils sont 3294 en 2002 en Languedoc-Roussillon
- les cavaliers réguliers, licenciés à la FFE, ne pratiquant pas la compétition : ils sagit de ceux nayant quune licence « pratiquant ». Ils sont 15 053 en 2002.
- les cavaliers réguliers, mais non licenciés, difficiles à quantifier, on peut en estimer le nombre grâce aux données sur la clientèle fournie par les établissements équestres dans le cadre de nos enquêtes : environ autant de cavaliers licenciés que de non licenciés. Il faut y ajouter les cavaliers réguliers mais indépendants des établissements équestres. Ils sont environ 20 000.
- les cavaliers occasionnels, en établissements ou hors établissements, très difficiles à connaître, on peut en estimer le nombre à environ 20 000, par extrapolation des données nationales (AFIT 1995), mais il faudrait également tenir compte des clients de passage sur les établissements touristiques (certains reçoivent 15 000 à 20 000 clients par an !).
421. Les établissements équestres
Les établissements équestres jouent un rôle fondamental dans la filière équine : ce sont les lieux privilégiés de contact entre le débutant et lanimal, ce sont aussi les lieux où se concrétise souvent pour la première fois la passion du cheval, et se construisent donc les futurs clients de la filière équine. Létude de ces établissements est rendue complexe par :
- labsence de catégorie «entreprises déquitation » dans la nomenclature NAF (les établissements équestres étant intégrés sous le code 927 C à un ensemble dactivités récréatives), limpossibilité de les isoler de façon réellement satisfaisante auprès de la MSA, ou dobtenir des listings actualisés et complets auprès des différents organismes,
- leur grande diversité, tant dans les activités (enseignement, tourisme équestre, pensions
etc.) que dans les statuts (associations, fermes équestres, entreprises individuelle, etc.) (cf. annexe 18).
4211. Méthodologie
Les établissements équestres ont été identifiés par croisement des données de la FFE, des DDJS et de France Télécom. La connaissance du terrain de certains professionnels a été également utilisée pour compléter les listings. Nous nous sommes appuyés sur les quelques données chiffrées existantes (MSA, FFE), mais qui sont toujours parcellaires.
Cest pourquoi, après un premier travail dentretien auprès dexperts, une enquête a été réalisée par courrier sur lensemble des structures identifiées. Puis une relance téléphonique sur un échantillon aléatoire a été réalisée sur la base dun questionnaire simplifié. Ce questionnaire a porté en particulier sur les activités principales, la main duvre, le chiffre daffaire et les besoins en investissements et en formation. Les informations notées en italique sont celles issues seulement des réponses écrites, qui ont été plus complètes que les réponses téléphoniques mais moins nombreuses.
Malgré la période denvoi des questionnaires, la méfiance vis-à-vis de létude et la désillusion des professionnels du cheval face à laction collective et au soutien public, le nombre de réponse (32 réponses écrites, 64 réponses par téléphone) est satisfaisant. Notons que seulement 2 établissements ont refusé de nous répondre lors des relances téléphoniques.
Précisons quil ny a pas eu de vérification des données annoncées dans les retours de questionnaires. Il sagit donc dune démarche purement déclarative.
Nous avons identifié plus de 340 structures proposant des activités déquitation. La majeure partie (les deux tiers) sont issus des fichiers des structures affilées à la FFE. Les autres structures ont été identifiées par recherche et vérification des données France Télécom, DDJS, et des informations des professionnels. Certaines structures ont probablement échappé au décompte.
4212. Typologie et caractéristiques générales
On a pu isoler trois grands types détablissements, en étudiant la répartition de leur chiffre daffaire, les activités principales déclarées et éventuellement en tenant compte de leur cheptel :
- Les écoles déquitation, dont lactivité est basée sur lenseignement de léquitation. Dans cette catégorie, on trouve des établissements travaillant principalement avec des poneys et ceux travaillant principalement avec des chevaux. Les écoles « poney » sont dominantes.
- Les centres de tourisme équestre, proposant essentiellement des randonnées ou des promenades. Notons que les structures spécialisées « randonnées » sont peu nombreuses par rapport à celles dont lactivité est essentiellement la promenade, qui représentent 88% de cette catégorie.
- Les «écuries de propriétaires», proposant essentiellement des prestations de logement, nourriture et travail de chevaux appartenant à leurs clients. Ils mettent donc à disposition leurs infrastructures et gèrent les animaux au quotidien.
Ces trois types sont bien identifiées et séparés : il y a donc une certaine spécialisation des centres équestres vers lun de ces trois types. Les deux premiers types de structures sont les plus nombreuses : ils représentent chacun 40 à 50 % de lensemble des établissements équestres.
Signalons tout de même que les activités décole cheval et poney se rejoignent souvent : 16 établissements déclarent que ces deux activités sont présentes ensemble, sans que lon puisse en désigner une comme dominante. De plus, sans avoir dactivité « écurie de propriétaire » dominante, nous verrons que la grande majorité des établissements équestres offrent des prestations de pensions de chevaux.
⇒ Les statuts :
Concernant leur statut, 94 structures nous ont répondu : nous retrouvons dans léchantillon 34 % dentreprises individuelles, 30,8 % dassociations, 27,6 % dentreprises agricoles (individuelles, EARL, GAEC
etc.) et 7,4% de SARL et EURL. Notons que deux exploitations agricoles ont développé une association pour la partie équestre et sont donc comptabilisées parmi les associations.
Lâge moyen des établissements est de 9,9 ans, mais il est important de noter que 14 établissements (soit environ 15 %) ont été repris ou créés il y a moins de 2 ans.
⇒ La clientèle :
En moyenne, 59,2 % de la clientèle dun établissement est licenciée mais avec une très grande variation selon lactivité principale de létablissement : ce chiffre est souvent très faible voir nul pour les centres de tourisme équestre et très élevé pour les écoles déquitation.
Les données de la FFE démontrent que la clientèle licenciée est jeune et féminine. La répartition par sexe et par âge est très révélatrice : 75% des licenciés sont des filles, et 75 % des licenciés sont des juniors. Presque 60 % des licenciés sont des jeunes filles de moins de 18 ans.
Le nombre moyen de licences délivré par établissement est de 71 (79 réponses).
Remarque : sur la région, seuls deux établissements délivrent plus de 300 licences par an, une petite dizaine détablissements en délivrent plus de 200 (FFE, 2002).
La clientèle passagère (1 seule visite) ou présente depuis moins de deux ans représente 7 clients sur 10 (passagère 30% ; depuis moins dun an : 14 % ; depuis 1 à 2 ans : 27 %). La clientèle fidèle depuis plus de quatre ans représente 12% de la clientèle, celle présente depuis 2 à 4 ans 18%. La clientèle locale domine (60%), devant la clientèle nationale hors région (22%), la clientèle régionale (12%) puis internationale (9%).
Bien évidemment on observe de grandes variations selon lactivité principale de létablissement :
Les écoles déquitation travaillent avec une clientèle locale à 75% et un peu en période de vacances scolaires avec une clientèle nationale (stages déquitation). 1 client sur 10 est passager et plus de la moitié des clients fréquentent létablissement depuis moins de deux ans. Les clients présents depuis 2 à 4 ans représentent 20% de la clientèle et ceux présents depuis plus de quatre ans 12%.
Les établissements basés sur la promenade et la randonnée travaillent avec une clientèle dorigine plus diverse et encore moins fidèle : elle est locale à 34%, internationale à 31%, nationale à 23%, régionale à 12%. Les clients sont souvent passagers (34%), clients depuis moins dun an (8%), clients depuis 1 à 2 ans (32,5%) ou fidèles depuis plus de 2 à 4 ans (21%), ou plus de 4 ans (5%). Cependant il faut noter quà la fois lorigine de la clientèle et sa fidélité sont, dans cette catégorie, très variables dun établissement à lautre.
⇒ La main doeuvre :
On peut estimer à ce jour lemploi dans les établissements équestres à 646 ETP, dont 340 ETP salariés. Chaque établissement emploie en moyenne 1,9 ETP (salariés et non salariés) dont 1,1 ETP salarié.
Les données concernant les centres employeurs, identifiés par la MSA nous apportent quelques informations supplémentaires :
- lévolution de ces données est particulièrement intéressante : on constate que les établissements équestres créent de lemploi, +41 % en ETP en seulement 2 ans !
- les structures employeuses ont recours en moyenne à 1,3 ETP salarié.
- on constate que le rapport entre le nombre de personnes salariées en un an et les équivalents temps plein est denviron 2 pour 1. Cela peut révéler une part importante de travail à temps partiel ou saisonnier ou bien encore un turn-over important des salariés.
Les réponses écrites à lenquête confirment cette hypothèse. Les salariés réalisent en moyenne un peu plus dun trois quart de temps (0,77 ETP par salarié). 24% des salariés sont saisonniers. Cette saisonnalité est bien sûr plus marquée sur les établissements « tourisme » et plus faible dans les écoles déquitation. De plus, lancienneté moyenne dans létablissement des salariés hors dirigeants est de 2,1 ans.
En revanche, les dirigeants sont souvent des personnes expérimentées : plus de 85% exercent leur métier depuis plus de trois ans, et 40% lexercent depuis plus de 10 ans. 12% ont moins de 25 ans, 68 % ont entre 25 et 45 ans, 20 % ont plus de 45 ans.
Un quart (26 %) des établissements interrogés envisagent lemploi dun salarié dans les deux ans à venir. Les diplômes demandés sont avant tout des BEES 1, ou futurs BP (dans 25% des cas), des ATE (28%), des palefreniers (25%) et des apprentis BEES1 (8%), apprentis palefrenier (1 cas) et apprentis Bac Professionnel (1 cas). Lorsquils ne prévoient pas demploi, la raison évoquée par les établissements est limportance des charges et quelquefois le manque dactivité.
Les gérants détablissements interrogés déclarent à 61% (52 sur 85 réponses) éprouver le besoin dune formation professionnelle. Ceux qui nen envisagent pas sestiment souvent trop âgés. Les formations souhaitées sont dabord des formations diplômantes (20 réponses) avec, largement plébiscitées le BEES1 (8 réponses), le BEES2 (7 réponses) puis lATE (5) et le GTE (4), enfin le passage du permis Poids Lourds (2 réponses). Viennent ensuite des formations sur la pédagogie (7 réponses), linformatique et la communication (5 réponses) et la gestion, le droit la fiscalité (5 réponses). Beaucoup soulignent une difficulté majeure pour suivre une formation professionnelle : limpossibilité de quitter leur entreprise pendant plusieurs jours et le manque à gagner que cela représente.
Remarque : les DDJS délivrent chaque année les cartes professionnelles ou un récépissé permettant dexercer les activités dencadrement de léquitation. Cette déclaration à la DDJS est obligatoire pour pouvoir exercer. On voit dans le tableau suivant que les deux diplômes les plus fréquents sont le BEES1, à égalité avec lATE, très loin devant tous les autres. Le nombre dATE en capacité dexercer dans lAude est proportionnellement très important. Le « vivier » de main duvre peut sembler important il faut cependant relever que :
- certaines personnes peuvent être comptabilisées deux fois, dans le cas où elles auraient deux diplômes,
- certaines personnes ayant quitté la région, ou ayant abandonné la profession peuvent, si elles ont fait la démarche de demande de la carte professionnelle dans les trois années précédentes, être tout de même comptabilisées dans ces données.
Il est à noter que le taux de féminisation est moyen chez les titulaires dun BEES1 (57%), plus faible pour les ATE (47%), et très élevé pour les BAP (plus de 90%).
⇒ La cavalerie :
- Le cheptel moyen est de 31 animaux dont 15 chevaux et 10 poneys en propriété et 6 équidés en pension. Les centres type tourisme utilisent rarement des poneys (il sagit plutôt de petits chevaux). Pour les centres pratiquant léquitation sur poney et sur chevaux, on constate que le cheptel poney peut être inférieur à celui des chevaux et générer pourtant autant voire plus dactivité.
- La provenance des animaux (39 réponses) : les animaux achetés le sont rarement chez les éleveurs professionnels (13% des cas), les établissements équestres préférant sadresser à des marchands (56% des cas) ou directement à des particuliers (31% des cas). Les raisons invoquées pour passer par un marchand sont un gain de temps et une certaine praticité (reprise de lanimal ne convenant pas, plus de choix
etc.). On constate de plus que ceux achetant à des marchands ne sont pas exclusifs et peuvent acheter chez des éleveurs ou des particuliers. En revanche, certains établissements sont totalement opposés à lachat chez un marchand.
Les établissements achètent en moyenne 1 poney et 1 cheval par an. Dans 75 % des cas le prix dachat est inférieur à 1500 euros, dans 17 % des cas il est de 1500 à 2500 euros, dans 8,5 % des cas il est supérieur à 2500 euros. Les équidés achetés ont la plupart du temps entre 3 et 7 ans : ceux de moins de trois ans ne représentent que 8% des chevaux achetés, ceux de plus de 7 ans en représentent 19 %. Les équidés de 3 à 5 ans en représentent plus de la moitié des équidés achetés.
Les qualités recherchées chez un équidé sont avant tout léducation, le comportement calme puis la rusticité et la solidité. Cela est indépendant de lactivité principale de létablissement (école déquitation ou tourisme). 39% des personnes interrogées se déclarent prêtes à acheter préférentiellement un équidé avec un label de qualité basé sur son éducation, 45% des personnes ne se déclarent pas prêtes, 1% ne se prononcent pas.
Il apparaît que lachat se fait principalement en fonction des qualités que lacheteur pense déceler et du prix. La relation de confiance avec le vendeur a également son importance.
Remarque : Beaucoup détablissements élèvent eux-mêmes des équidés. Parmi les établissements affilés à la FFE, 68 structures équestres élèvent des équidés, dont 44 ont fait naître trois animaux ou plus. 59 structures équestres affiliés à la FFE ont une activité de naissance de chevaux (28 ont eu trois naissances ou plus en 2002), 32 structures élèvent des poneys (11 ont eu trois naissances ou plus en 2002) et 23 structures élèvent à la fois des chevaux et des poneys (16 ont eu plus de trois naissances en 2002) (FFE Internet 2003). On peut considérer, daprès ces informations et lenquête réalisée, quenviron 40 % des centres équestres sont également éleveurs, et que sur ceux là, plus de la moitié ont une activité élevage importante (3 produits ou plus par an).
⇒ Les activités proposées :
Il est important de comprendre quun seul établissement peut proposer tout un panel dactivités possibles.
- Les centres de tourisme équestre sont axés sur la promenade (pour 88% dentre eux), la randonnée et parfois le TREC (Technique de Randonnée Equestre de Compétition),
- les écoles déquitation, pratiquement toutes affiliées à la FFE, proposent prioritairement du saut dobstacle, du dressage et de la randonnée : ces trois activités sont pratiquées par une très large majorité des écoles. Viennent ensuite le concours complet, la voltige, les pony-games. Les activités proposées sont souvent très nombreuses et variées au sein dune même école.
Il est également important de souligner que de très nombreux établissements équestres proposent une activité de handisport, ce qui prouve leur rôle important dans le domaine de laccès au sport et de lintégration. Dautres disciplines sont également présentes comme lattelage, le horse-ball, le TREC, avec 60 à 80 clubs proposant chacune de ces activités. Dautres sont moins représentées comme lendurance (38 clubs), le hunter (29 clubs), léquitation Camargue (13 clubs), léquitation western (11 clubs)
etc.
Concernant les installations, seulement 90 à 100 centres sont équipés dun manège (lieu de travail couvert, permettant la poursuite de lactivité lors dintempéries), quelques rares établissements en ont deux.
⇒ Aspects économiques :
- Létablissement est presque toujours pour son gérant une source de revenu principale (assurant plus de 50% de ses revenus), rarement une source de revenu complémentaire (assurant 10 à 49 % des ses revenus), très rarement une source de revenu accessoire (inférieure à 10%). Pourtant, un grand nombre de structures déclarent un chiffre daffaire très faible, inférieur à 10 000 € (rappelons que cette donnée est purement déclarative) et le chiffre moyen déclaré est de 62 265 € par an, ce qui est sans doute inférieur à la réalité. Le chiffre daffaire annuel total estimé daprès ces informations est de 21 millions deuros.
Remarque : Une autre méthode consiste à estimer le chiffre daffaire en prestations déquitation en fonction du nombre de chevaux. On peut avoir recours aux normes nationales et aux données issues de lenquête. Le chiffre daffaire par cheval dépend du type détablissement : cheval en pension dans les écuries de propriétaire, cheval décole déquitation ou cheval de centre de tourisme équestre et estimé au minimum entre 2000 et 3000 € par an. On peut alors estimer le chiffre daffaire total de ces centres équestres à 30 millions deuros par an.
- Le chiffre daffaire est principalement lié aux prestations déquitation (78% du CA), puis à la vente de pensions (15% du CA), à laccueil, lhébergement et la restauration (5%) mais aussi à la vente de produits agricoles (3%). La principale charge sur les établissements est dans la majorité des cas lalimentation des animaux (56% des réponses), les salaires (15% des réponses), les charges sociales et fiscales (6% des réponses).
Remarque : plus de 8 établissements sur 10 achètent leur foin en région, 9 sur 10 y achètent également leurs céréales et aliments complets ou complémentaires.
Remarque : Le prix moyen de ladhésion à la structure hors prix de la licence dans le cas des écoles déquitation est de 73 € pour un adulte et de 57 € pour un enfant. Le prix dune heure déquitation est respectivement de 14,6 et 11,8 € dans les écoles déquitation et de 12,2 et 10,5 € dans les centres de tourisme équestre.
- Concernant les investissements, sur 89 réponses, les trois quarts des établissements déclarent avoir un projet dinvestissement dans les deux ans à venir. On constate une grande diversité des besoins. Il sagit très souvent de « petits » investissements, visant à améliorer les produits proposés plutôt que de proposer de nouveaux produits (on retrouve là le résultat dune approche qualitative menée par le CRE en 2003). Toutefois, certains projets importants sont également envisagés. Les besoins exprimés les plus fréquents concernent les installations de travail (manège, carrières, pistes de travail
etc.) et les logements des animaux et bâtiments de stockage.
Ainsi, 38 % des établissements sondés envisagent dinvestir sur des installations de travail, 29 % sur les bâtiments, 20% sur du matériel roulant (camion de transport, tracteur
etc.) et 18% sur laccueil. 29 établissements ont chiffré approximativement leur projet :
On constate que les investissements ne sont pas forcément importants en volume et portent en moyenne sur 40 573 €. Les plus gros projets concernent souvent la mise en place dun manège ou dun ensemble bâtiments et accueil. De nombreux établissements insistent sur la nécessité de faire travailler leurs animaux sur des sols adaptés (afin de ne pas nuire à leur état de santé) et dinvestissement dans un logement assurant un bon confort animal. De plus la nécessité daméliorer les conditions daccueil de la clientèle (en terme de sécurité et de confort) est régulièrement relevée tant par les professionnels que par les personnes extérieures à la filière.
Une analyse par type détablissement (école déquitation, tourisme, écurie de propriétaire) a paru importante puisque leur fonctionnement et leurs attentes peuvent être différents.
4213. Les «écoles déquitation»
Elles ont un âge moyen de 10 ans et 14 % ont été reprises ou créées il y a moins de 2 ans. Les établissements travaillant en majorité sur les poneys dominent (45,5% de la catégorie), viennent ensuite les établissements où il ny a pas dactivité dominante entre léquitation sur poney et celle sur cheval (34,1%), enfin ceux où le cheval domine (20,4%). Notons enfin que 6 % des structures déclarent une activité de pension co-dominant avec celle décole déquitation.
La moitié des « spécialisés poney » déclare une activité sur cheval secondaire et 10% déclarent une activité tourisme équestre secondaire. Pour ceux spécialisés sur les chevaux, 55 % déclarent une activité sur poney secondaire et 11% déclarent une activité tourisme équestre secondaire.
Concernant les statuts, 48,9% sont des entreprises individuelles, 27,7% sont des associations, 14,9% sont des entreprises agricoles, et 8,5 % sont des SARL ou EURL.
La clientèle est locale, mais certains centres ayant développé une prestation daccueil ou se situant en zone touristique soulignent quune clientèle estivale ou vacancière vient compléter leur clientèle à lannée. Ces établissements sont pratiquement tous affiliés à la FFE et leur clientèle est licenciée à 83%. Parfois la clientèle passagère se voit dailleurs proposer des licences « vacances » (cartes vacances). Ils vendent en moyenne 115 licences par an.
Ces établissements emploient en moyenne 2,3 ETP, et leur personnel compte toujours au moins un diplômé du BEES1. 27% envisagent dembaucher dans les deux ans à venir, les besoins étant ciblés sur les titulaires de BEES1 ou des apprentis BEES1 (dans 50% des cas) et les palefreniers (dans 33% des cas). Il est à noter que sur les personnes recherchant des BEES1, la moitié souhaite une spécialisation « poneys ». De plus, les palefreniers en poste dans les établissements sont souvent embauchés sur des temps partiels (dans 62,5% des cas) et réalisent en moyenne un _ temps.
Les établissements possèdent en moyenne 38 équidés dont 15 poneys, 13,5 chevaux et 9,5 équidés en pension. 2 établissements sur 3 achètent leurs équidés en priorité par lintermédiaire de marchands.
70% des établissements envisagent un investissement dans les 2 ans à venir. Les installations de travail (carrières, manèges,
) sont les plus fréquents (61% des projets concernent ces installations), viennent ensuite à égalité le matériel roulant, les installations daccueil et les logements animaux ou bâtiments de stockage. Le montant moyen prévu est de 33 264 €. 59% des gérants interrogés éprouvent le besoin dune formation professionnelle. Arrive en tête le souhait dune formation au BEES2 (29% des personnes souhaitant une formation) puis de formation sur la pédagogie (19% des cas).
Les chiffres daffaires déclarés sont parfois loin de la réalité probable et la répartition est donnée plus volontiers par les personnes interrogées. Ainsi, en moyenne le CA des établissements est constitué à 82 % de prestations déquitation, à 16,5% par les pensions, à 2% par laccueil et moins de 1% pour la vente de produits agricoles. Il est à noter cependant que certains établissements accueillant des stages ont comptabilisé cette activité dans les « prestations déquitation » alors quune prestation daccueil peut être fournie. Le chiffre daffaire annuel moyen évalué en fonction du nombre déquidé est denviron 122 000 €.
4214. Les centres de tourisme équestre
Lâge moyen des établissements est de 10 ans et demi, avec 10 % des établissements repris ou créés depuis moins de 2 ans. Lactivité tourisme domine seule dans ces structures dans la plupart des cas (88%). Lorsquune autre activité co-domine avec le tourisme équestre, il sagit déquitation sur poney (7% des cas) ou de pensions de chevaux (5% des cas). Seulement 5 % des établissements proposent des cours déquitation en activité secondaire.
Ces structures sont souvent des exploitations agricoles (48%), les associations et les entreprises individuelles non agricoles représentant respectivement 35% et 17% des centres.
La clientèle est très diversifiée : elle peut être locale, régionale, nationale ou internationale. Seulement un quart des structures déclarent ne travailler quavec une clientèle locale (dans ce groupe, on retrouve les centres offrant des cours déquitation). Les deux tiers des centres déclarent travailler avec une clientèle régionale, nationale et internationale.
Au niveau régional, la comparaison entre les données FFE et lidentification de lensemble des structures permet dévaluer à un peu plus dun tiers la proportion de ces centres affilés à la FFE (FFE, DDJS, France Télécom 2003). Un quart de la clientèle est licenciée (24,9 %).
Les établissements emploient en moyenne 1,5 ETP et 22 % dentre eux envisagent dembaucher dans les deux ans à venir. Le profil le plus recherché est le titulaire de lATE (67% des cas) mais aussi le palefrenier (22%des cas) et parfois le BEES1 (sans doute pour diversifier lactivité vers les cours déquitation).
Le cheptel est composé en moyenne de 24 équidés, avec 17 chevaux, 5 poneys et 2 équidés en pension. Ce cheptel est donc différent de celui des écoles déquitation.
61% des personnes interrogées envisagent dinvestir dans les deux prochaines années. Linvestissement le plus fréquent concerne les bâtiments de stockage et de logement des animaux (dans plus de 50% des cas), puis les installations de travail et enfin les structures daccueil.
49 % des gérants éprouvent le besoin dune formation professionnelle et le BEES1 arrive avec lATE en tête des formations demandées (25% des souhaits exprimés pour chacun), le GTE étant également cité (15% des souhaits).
Concernant la répartition du chiffre daffaire, la vente de prestations déquitation reste dominante : plus de 80% du CA en moyenne. Il est intéressant de noter que lactivité pension est plus faible que dans les écoles déquitation (5,5%), que les activités daccueil et de vente de produits agricoles sont plus importantes (respectivement 9,5 et 5,5%). Le chiffre daffaire annuel moyen estimé à partir du nombre de chevaux est de 62500 €. On voit donc quen moyenne, ces établissements ont une dimension économique inférieure à celle des écoles déquitation, sans doute du fait de leur saisonnalité plus marquée.
4215. Les écuries de propriétaires
Les établissements spécialisés avec cette activité dominante seule sont peu nombreux dans léchantillon. Il sagit le plus souvent dentreprises (SARL ou EI), les associations étant beaucoup plus rares. Il sagit de structures plus jeunes que dans les catégories précédentes (en moyenne 5 ans). La clientèle est bien sûr locale et souvent licenciée mais dans une proportion moindre que dans les écoles déquitation. La plupart de ces structures sont affiliés à la FFE. Elles emploient en moyenne 1,2 ETP, les formations des personnes travaillant étant très diverses. Le cheptel est assez faible : environ 13 équidés en pension plus 5 chevaux en propriété (les poneys y sont peu nombreux).
La jeunesse de ces structures va de pair avec leur dynamisme : toutes envisagent des investissements dans les deux ans à venir, parfois importants (en moyenne environ 60 000 euros), et presque tous les gérants interrogés éprouvent le besoin dune formation professionnelle (souvent en gestion, droit, fiscalité ou relative à léquitation).
Le chiffre daffaire est très variable. Il peut être estimé, à partir des chiffres les plus fiables fournis et du cheptel moyen à environ 52 000 € en moyenne. Il est principalement dû aux pensions et travail des chevaux (67%) et aux prestations déquitation (32%).
Remarque : cette activité de pension est particulièrement développée dans les zones périurbaines. Dans ces zones, loffre de pension peut être inférieure à la demande. De ce fait, même si une déclaration est théoriquement obligatoire (au moins auprès de la DSV), celle-ci est rarement faite et beaucoup de particuliers prennent des chevaux en pension. Les professionnels du cheval considèrent cette activité comme une concurrence déloyale.
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Les groupements équestres affiliés à la FFE
On compte 288 groupements affiliés à la FFE en Languedoc-Roussillon en 2002. Les groupements affiliés ne sont pas nécessairement des établissements équestres : il peut sagir dassociations de cavaliers ou dassociations dorganisation de concours par exemple. Les « CLAG » et les « CLAF » correspondent aux clubs, les « ORAG » et les « ORAF » correspondent aux organisateurs, sous entendu organisateurs de compétitions équestres. Dans les catégories CLAF et les ORAF sont rassemblées les structures associatives, les CLAG et ORAG étant des structures non associatives. Cependant cette classification est peu satisfaisante car certains clubs peuvent être affiliés à la FFE en tant que ORAG ou ORAF. De plus, certains clubs ont développé, en parallèle de leur activité, une association dorganisation de concours déquitation. Ces données doivent donc être exploitées avec précaution mais présentent lintérêt dune possibilité de comparaison dans le temps (évolution du nombre de groupements affiliés) et lespace (comparaison avec dautres régions).
La région se situe en 2002 au 9ème rang national en terme de nombre de groupements équestres affiliés et au 10ème rang national en terme de nombre de clubs affiliés (voir tableau suivant). En 2002, sur les 276 groupements affilés à la FFE, on compte 169 clubs.
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4216. La perception de lactivité et les attentes
Les principales difficultés énoncées proviennent :
- de la non reconnaissance du caractère agricole de lactivité (les personnes rencontrées soulignent que les établissements cotisent pourtant à la MSA, payent souvent un montant important de taxe sur le foncier non bâti). Ceci va de pair avec une difficulté daccès au foncier et un manque dinformation et de soutien auprès des Organisations Professionnelles Agricoles.
- du problème des statuts des établissements, source diniquités et de tensions dans la filière car notamment liée à une inégalité face à la fiscalité et aux dispositifs daides (GHN 2002),
- dun manque dadaptation de loffre et de la demande (cf. partie « une nécessaire adaptation de la demande ? »),
- du poids des investissements nécessaires, dautant plus marqué avec les besoins croissants en qualité du produit et le durcissement de la réglementation.
Cependant, la grande majorité des personnes rencontrées en entretien pensent que les activités équestres sont en augmentation sur la région.
Sur les réponses écrites à lenquête, 58% des personnes interrogées pensent que les activités équestres en Languedoc-Roussillon sont en augmentation, 36% pensent quelles stagnent et seulement 6% pensent quelles diminuent.
Cependant, beaucoup relèvent que le nombre de structures équestres augmente, parfois de façon déconnectée de la demande et que la durée de vie des établissements diminue. Ils insistent alors sur le nécessaire travail sur la qualité de loffre plus que sur sa quantité. On retrouve cela dans lanalyse réalisée par le CRE (Equit Info Juillet 2003). Celle-ci abouti à la conclusion suivante : « on dénote par cette enquête un réel besoin damélioration de la qualité et non de développement ».
Plus précisément, il ressort donc quil faut plus travailler sur le développement, c'est-à-dire sur lamélioration qualitative et durable de ces activités que sur leur croissance, c'est-à-dire leur augmentation quantitative. Par exemple, un accompagnement de la démographie des entreprises équestres et une démarche qualitative forte sont sans doute plus que jamais nécessaires.
4217. Les démarches de qualité
Des procédures de labellisation ont été mises en place par le CNEFE (Centre National des Ecoles Françaises dEquitation) et le CNTE (Comité National de Tourisme Equestre). Il existe trois principaux labels : le label Poney-Club et le Label Cheval Club, sous la dénomination commune d« Ecole Française dEquitation » (labels CNEFE) et label Centre de Tourisme Equestre (label CNETE : cf. 422).
La labellisation par le CNEFE (cf. annexe 19) est basée sur un cahier des charges et un contrôle réalisé par un évaluateur. Le tableau ci-dessous reprend les adhésions au CNEFE en 2003 et montre que cette démarche de qualité a été moyennement à faiblement suivie en Languedoc-Roussillon. Prochainement, le CNEFE proposera des labels de spécialité, fonction des disciplines ou activités pour lesquelles le centre est spécialisé. Les chartes du CNEFE et du CNTE pourraient pourtant être lune des pistes à suivre pour améliorer loffre régionale de produits équestres.
Remarque : la DRJS coordonne les services de létat (éventuellement DDSV, DDASS
etc.) lors de contrôles sur les structures équestres. Il est remarqué que sur les 60 à 70 points déquitation contrôlés par an, les dysfonctionnements sont de moins en moins nombreux. Selon les experts rencontrés, les structures axées sur le tourisme à proximité du littoral notamment ont fait des progrès importants tant sur la formation du personnel que sur le respect des obligations (administratives, sanitaires...etc.).
Une nécessaire évolution de loffre ? (cf. annexe 20)
La dimension commerciale et la nécessaire rentabilité ont fait évoluer la relation entre lenseignant déquitation et les clients. En effet, « Durant ces trente dernières années, les activités équestres ont connu de grands bouleversements : massification, féminisation, diversification des pratiques, émergence de léquitation de plaisance, développement des centres équestres, accroissement du secteur privé » (C. Tourre-Malen, Equiidée printemps 2003 n°46). Lenseignement « classique » de léquitation de la fin des années soixante-dix est imprégné de la tradition militaire : « la relation enseignant/enseigné était basée sur la subordination » « la demande sadapte à loffre » « une instruction contraignante, difficile et appuyée sur un enseignement mortifiant » (C. Tourre-Malen). Le développement du secteur privé (augmentation de 190 % du nombre détablissements professionnels entre 1981 et 1993) et de léquitation de plaisance a fait évoluer cette relation. Les professionnels et la FFE souhaitent adapter loffre à la demande, de façon à attirer de nouveaux cavaliers et à ne pas en perdre. Le développement de léquitation à poney, du tourisme équestre, dune équitation perçue comme un loisir amène à ne plus se centrer uniquement sur la recherche de la performance sportive (V. Chevalier, 1998, « Pratiques culturelles et carrières damateurs : le cas des parcours des cavaliers dans les clubs déquitation » Sociétés contemporaines).
Chaque cavalier est donc à la fois élève et client et chaque enseignant porte le double statut de « maître » (traditionnel) et de prestataire de service. Cependant, « se mettre au service des individus et enseigner paraissent répondre à des logiques différentes ». Ceci peut déstabiliser certains enseignants, attachés à la qualité et au contenu de lapprentissage (le geste juste, les efforts et la persévérance nécessaire, les valeurs de léquitation
etc.) (C. Tourre-Malen, 2003).
Ajoutons que lattrait des personnes pour léquitation réside selon les personnes interrogées dans le rapport avec la nature et les paysages (pour 75 %), le sentiment de liberté et dévasion (pour 57%), la communion avec lanimal (pour 54%). 71% des enquêtés pensent que léquitation est un loisir avant dêtre un sport. Il est très intéressant de constater que pour les personnes nétant jamais monté à cheval, celles-ci énoncent labsence de structure équestre ou leur non connaissance à proximité de leur domicile (49%) et le coût de lactivité (38%). Ajoutons que 92% des personnes sondées estiment que léquitation est une activité coûteuse. (Equiidée n°46, 2003, daprès le Ministère des Sports, lINSEP et la FFE).
Selon les professionnels de la région rencontrés, il existe parfois un décalage important entre ce que les clients viennent chercher et ce quil leur est proposé, notamment pour la clientèle adulte. La peur de la chute, limpression de ne pas progresser, lobligation de passer des examens, repoussent de nombreux cavaliers et le taux dabandon précoce est apparemment élevé. Une étude récente, publiée dans la Revue de lEquitation Française (FFE) réalisée par le CNEFE démontre entre autres que la dangerosité de léquitation est le premier facteur dabandon de lactivité, mais aussi que «le CSO est la discipline la plus pratiquée par ceux qui poursuivent léquitation. Ceux qui ont arrêté préféraient la ballade (
)» (REF n° 37, Sept 2003).
Plusieurs remarques faites au cours des entretiens vont dans ce sens : «Il faut développer les types déquitation que les clients demandent» ; «nationalement, 8 adultes sur 10 ne finissent pas lannée», «limage de la compétition peut éloigner le débutant du club » ; « il faut vendre ce qui est rentable».
Certains insistent sur limportance du rôle pédagogique et sur la notion «décole» déquitation, pour attirer une clientèle jeune (cette notion rassurant les parents). Ils soulignent également que la concurrence existe avec dautres activités dextérieur ou dautres pratiques sportives : «ici (ndlr : en Languedoc-Roussillon), il y a tellement dautres loisirs possibles que ce nest pas facile de les capter» «nos concurrents, cest aussi les clubs de football, de gymnastique ou de tennis». Selon les mêmes professionnels, un travail important est également à faire sur laccueil et sa qualité, tant au niveau des structures que de la ressource humaine.
4218. Deux activités originales : Les entreprises de spectacle et les centres de repos
Etant donné le faible nombre de structures, cette partie de létude a été basée sur des entretiens téléphoniques réalisés à partir dun guide dentretien et soumis aux structures repérées sur une base France Télécom / LEperon (annuaire annuel LEperon 2002). Nous avons repris le descriptif de chacune des structures contactées.
Les entreprises de spectacle :
Structure 1 : Monsieur X pratique lactivité de spectacles équestres depuis plus de 20 ans. Il a le statut dintermittent du spectacle. Il possède 10 chevaux de spectacle et achète ses poulains, à lâge de 6 mois à trois ans au Portugal. Il organise une centaine de spectacle par an, notamment grâce à une convention avec une grande municipalité de lAude. La partie logistique (costumes, matériel
etc.) est confiée à un associé. Selon Monsieur X, lactivité est en fort développement depuis environ dix ans, mais elle exige de vrais professionnels, ce qui nest pas toujours le cas. Monsieur X insiste sur la nécessité de spectacles de qualité, donc de personnes formées et compétentes.
Structure 2 : la conception de spectacles équestres est la seule activité de lentreprise, la partie réalisation de spectacle est séparée. Les spectacles organisés sont variés mais toujours avec une base cheval. Elle détient 24 chevaux de spectacle plus une cinquantaine de chevaux délevage ou en préparation. La plupart viennent du Portugal pour des raisons de choix et de prix.
Lentreprise compte une douzaine de salariés et a recours lors des spectacles à des intermittents (une trentaine de personnes pour chaque spectacle, mais ce chiffre est variable). Environ 60 représentations sont organisées par an. Lactivité est volontairement limitée mais la demande existe pour davantage de manifestations. Les spectacles sont organisés soit dans un théatre mobile (1500 places), soit sur des salons. Le matériel investit représente plus de 700 000 euros. Selon le responsable, lactivité est en plein développement, mais aussi en mutation : on demande de plus en plus de qualité (par exemple sur la gestion des éclairages, des sons, de la salle). Il y a un besoin de professionnalisation.
Structure 3 : en activité depuis 5 ans, il sagit dune activité secondaire pour Mlle X âgée de moins de 30 ans, qui exerce par ailleurs un métier à temps plein. Elle possède un cheval et réalise lactivité de spectacle en amateur. Elle est présente sur des fêtes du cheval, des salons spécialisés : 5 à 10 manifestations par an. Son activité lui semble stagnante car les associations commandant des spectacles équestres ont de moins en moins de moyens financiers à leur disposition.
Structure 4 : En place depuis 7 ans, Monsieur Y, âgé de moins de 30 ans, gère seul son entreprise individuelle aux activités diversifiées : dressage, élevage, vente, pensions de chevaux. Il possède environ 35 chevaux et est affilié à la MSA. Il réalise environ 20 spectacles par an, dans la région et à létranger. Il sagit de salons spécialisés ou bien de fêtes de villages. Selon lui, lactivité est en développement, mais le nombre déquipes de spectacles équestres lest aussi, et il faut donc « partager le gâteau ».
Les centres de repos :
Cette activité paraissait intéressante à étudier étant donné laugmentation du nombre de chevaux âgés, lattachement des propriétaires à leur animal qui les conduit à le laisser en vie même lorsquil nest plus utilisable et la difficulté daccéder au foncier de certains propriétaires de chevaux.
Deux centres de ce type de la région ont été contactés : il sagit en fait de centres recevant les chevaux âgés ou maltraités, qui peuvent provenir du Languedoc-Roussillon ou dautres régions. Ils fonctionnent sous un statut associatif. Ces deux structures sont en place depuis plus de 10 ans. Lune accueille plus de 170 équidés, lautre environ 25. Dans les deux cas, il ne sagit pas dune activité rémunératrice. Lactivité de pensions déquidés âgés nest pas rentable, du fait de retards puis de non paiement des pensions. Une source de revenus extérieure permet de subvenir aux besoins de ces structures. Il ny a pas de salariés. Les centres sont tous deux gérés par des femmes. Lune des responsables estime que son association joue un rôle de « service public », notamment parce quelle sert de lieu daccueil aux animaux en divagation et aux animaux saisis, quil est difficile dabattre pour les pouvoirs publics, pour des raisons dimage.
422. Le tourisme équestre
Par souci de clarification des termes employés, nous avons choisi de considérer comme tourisme équestre la pratique de léquitation sous toutes ses formes (dont la promenade et la randonnée) par une clientèle extérieure à la région. La pratique de cette activité est importante en Languedoc-Roussillon. Le tourisme équestre va de la ballade à cheval sur les plages de notre littoral aux randonnées au long cours dans larrière pays, en passant par les stages déquitation ou les séjours équestres.
Notons encore que le cheval participe à limage de notre région (le cheval Camargue notamment) et que le tourisme ainsi induit, même sil nest pas comptabilisé comme tourisme équestre, est probablement important.
La grande majorité des professionnels interrogés soulignent limportance de cette activité et son formidable potentiel dans notre région aux multiples attraits. Pourtant ce potentiel reste encore largement sous exploité. Certaines réussites (la Drôme à Cheval, le grand huit du Jura) pourraient inspirer les acteurs régionaux, dautant que des produits comme les Châteaux Cathares ou le Parc National des Cévennes sont particulièrement attractifs. De plus le climat de notre région permet détendre la saison dactivité au delà de la traditionnelle saison estivale, beaucoup plus facilement que dans le Jura par exemple.
Le contexte général est largement favorable : le tourisme équestre bénéficie à la fois du développement des pratiques sportives et de loisir en général, de léquitation en particulier, de lengouement pour les activités physiques de pleine nature, des montées des valeurs liées à lenvironnement et au tourisme rural (CRT / AME, 1999).
4221. Contexte général, structuration professionnelle
3 structures principales représentent le tourisme équestre :
- le CNTE, Comité National de Tourisme Equestre est une association déclarée d'utilité publique et un organisme déconcentré de la Fédération Française d'Equitation à laquelle il est relié par une convention qui délègue au CNTE les actions relatives au développement et à la promotion du tourisme équestre. Le Comité Régional de Tourisme Equestre représente le CNTE au niveau régional, il est relié au Comité Régional d' Equitation (cf. 423) par une convention. Ses élus siègent au CRE, mais le CRTE a conservé son autonomie financière et sa structure propre (cf. annexe 31),
- la FRETE, Fédération Française des Relais dEtape de Tourisme Equestre, gère la labellisation de certains hébergements et le suivi ditinéraires,
- et le SNETE, Syndicat National des Entreprises de Tourisme Equestre.
Les missions du CRTE :
- développer le goût et la pratique du tourisme équestre, de la randonnée, des raids, de l'équitation et de l'attelage de loisirs sous toutes leurs formes, et participer conformément aux directives du CNTE aux activités de formation, d'animation et de compétition liées au tourisme équestre,
- défendre les chemins et sentiers et leur libre utilisation, de créer des itinéraires de randonnées équestres et de relais d'étape,
- orienter et de coordonner l'activité des centres de tourisme équestre, de randonnées et d'équitation de loisirs et des relais équestres. De représenter et de défendre les intérêts matériels et moraux des cavaliers ou des structures les représentant auprès de toutes instances, en tous lieux et toutes communes,
- développer toutes actions en faveur de l'environnement et de sa protection, en liaison étroite avec les administrations concernées et tous partenaires oeuvrant dans le même esprit,
- participer aux actions de développement économique et touristique dans le cadre de l'aménagement du territoire en liaison avec les administrations et les partenaires concernés (CRTE, site Internet, Juin 2003).
En terme de promotion, le CRTE communique sur les lieux phares de la région : le Parc Naturel du Haut Languedoc, Les châteaux du Pays Cathare, les grands causses, les Cévennes et lAigoual, les Pyrénées Catalanes. Il édite une brochure de documentation reprenant notamment les principaux attraits de la région, les calendriers des manifestations de tourisme équestre, la liste des établissements et des hébergements. Le CRTE participe également aux manifestations équines type « Salons du Cheval ». Un site Internet est également en cours de construction et reprendra lensemble de ces informations, des propositions ditinéraires, le tout ayant lintérêt dune réactualisation permanente.
En 1999, le CRT relevait « des structures professionnelles en retrait et des interventions institutionnelles limitées : il nexiste pas de véritable stratégie offensive spécifique au tourisme équestre » et ajoutait : « on remarque une certaine complexité du contexte national : structures fédérales aux multiples missions, nombreuses structures périphériques plus ou moins impliquées
nayant pas permis lémergence dune classification nationale claire et la lisibilité de loffre » (Tourisme équestre en Languedoc-Roussillon, CRT / AME, 1999).
Aujourdhui, le tourisme équestre manque encore dorganisation : ses acteurs ne sont pas suffisamment unifiés et mobilisés, les projets collectifs sont trop rares, lamélioration de la qualité est trop souvent le fruit de démarches individuelles.
4222. La clientèle
Elle a été étudiée au 421. Nous reprenons ici les conclusions.
La clientèle du tourisme équestre est très diversifiée et mal connue : occasionnels, réguliers, réguliers licenciés, locaux, étrangers. Seulement un quart des structures déclare ne travailler quavec une clientèle locale (dans ce groupe, on retrouve les centres offrant des cours déquitation). Les deux tiers des centres déclarent travailler avec une clientèle régionale, nationale et internationale. Un quart de la clientèle est licenciée (24,9 %).
La clientèle étrangère originaire des Pays bas, dAllemagne de Belgique, de Suisse, dAngleterre, dEspagne et dItalie existe mais elle est exploitée de façon trop ponctuelle : soit pour des prestations de promenades à proximité du littoral ou de sites remarquables (clientèle opportuniste), soit pour la randonnée, par lintermédiaire de tour-opérators (quelques prestataires spécialisés).
Les établissements basés sur la promenade et la randonnée travaillent avec une clientèle dorigine diverse et peu fidèle : elle est locale à 34%, internationale à 31%, nationale à 23%, régionale à 12%. Les clients sont souvent passagers (34%), clients depuis moins dun an (8%), clients depuis 1 à 2 ans (32,5%) ou fidèles depuis plus de 2 à 4 ans (21%), ou plus de 4 ans (5%).Cependant il faut noter quà la fois lorigine de la clientèle et sa fidélité sont dans cette catégorie très variable dun établissement à lautre.
Rappelons que selon lAFIT léquitation est considérée par la grande majorité des français comme un loisir et que sur les français étant déjà montés à cheval, ceux ayant poursuivi de façon plus ou moins régulière léquitation ont pour la majorité une activité de balade randonnée (cela représente presque 8% des français). Il existe donc probablement un potentiel de clientèle sous-exploité. Ceci peut être dû au fait que le profil du client est trop souvent limité au passionné déquitation, le tourisme équestre étant encore trop lié à lapprentissage classique de léquitation, perçue comme réservée aux initiés (CRT / AME, 1999).
On observe que la diversité et la segmentation de la clientèle sont insuffisamment prises en compte : pratiquant occasionnel, randonneur propriétaire de son cheval, jeunes, familles
etc. Une étude régionale de la clientèle actuelle et potentielle et de ses attentes est un préalable indispensable au développement de lactivité.
4223. Loffre de tourisme équestre
Les produits proposés :
Le tourisme équestre propose sur la région un ensemble varié de produits.
Les séjours équestres consistent à héberger le client sur une structure sur laquelle ou à proximité de laquelle il trouvera des prestations déquitation (une variante consistant à accueillir pour un séjour le client avec son propre cheval). De très nombreux établissements équestres proposent cette activité, surtout en été à destination des enfants, mais cela ne représente souvent quune activité accessoire ou complémentaire.
La promenade à lheure sadresse plutôt à des cavaliers débutants et de passage, à proximité de sites touristiques. La clientèle est principalement opportuniste.
La randonnée accompagnée peut durer de 2 jours à plusieurs semaines, avec différents niveaux de confort (au niveau de la restauration et de lhébergement). Les professionnels de la randonnée louent leurs équidés et accompagnent leurs clients sur des itinéraires quils ont établi. Ils sont peu nombreux sur la région à être spécialisés sur cette activité (10 à 20 selon le CRTE). Ils peuvent proposer des randonnées « clés en main » et travailler avec les tours opérators, des comités dentreprises, lUCPA
etc. Certains proposent des « baby-randos », se déroulant à poneys, à destination des enfants. Lactivité de randonnée est également proposée par beaucoup décoles déquitation, en été, mais il ne sagit pas dans ce cas de leur activité principale.
La location de chevaux sans accompagnement est aussi possible, mais cette activité est peu présente. En revanche, la location dânes se développe en particulier en Lozère, sur les traces de Stevenson. Elle semble bien adaptée à une clientèle familiale : lâne permet dagrémenter la randonnée pour les enfants (présence de lanimal, soins à lui procurer, moins de charge à porter pour les marcheurs, possibilité de monter sur lâne pour les plus jeunes). Les professionnels de la région se sont regroupés en association. La location de roulottes est aussi possible.
Enfin, la randonnée indépendante : les clients possèdent leur propres chevaux et randonnent de façon autonome. Hébergement et nourriture peuvent se faire en gîte, auberge ou en autonomie. Cette clientèle se rapproche de celle des marcheurs indépendants, mais a toutefois besoin de nourrir les animaux : elle est donc davantage tributaire dun passage par des structures dhébergement adaptés. Elle a besoin ditinéraires et dhébergements sûrs et pérennes.
LAFIT a mené en 1995 une étude sur les produits du tourisme équestre au niveau national :
La ballade est lactivité la plus fréquemment pratiquée par les cavaliers (60%), puis vient la randonnée (20%) et enfin les séjours déquitation et lactivité dattelage (10%).
⇒ 20 % de la clientèle souhaite des randonnées dune semaine avec hébergement confortable (chambre dhôte ou gîte). Cette clientèle est active, parisienne, dun bon niveau équestre. 50% des clients souhaitent partir accompagnés dun guide. La randonnée se ferait avec des amis (56% des interviewés), en couple (43%), en famille (21 %), en groupe organisé (18%) ou seul (5%). Pour les trois quarts des personnes, la saison privilégiée est lété.
⇒ 16 % de la clientèle souhaite des randonnées dun week-end, avec hébergement en gîte ou chambre dhôtes. Il sagit dune clientèle issue de professions intellectuelles supérieures, dun niveau équestre hétérogène (un tiers ont un niveau équestre inférieur au galop 3), souhaitant être accompagnée (à 71%), partant avec des amis (60%), en couple (30%), en famille (25%) ou en groupe organisé (14%). La saison privilégiée est le printemps (50%).
⇒ 10% de la clientèle souhaite des séjours équestres avec hébergement en chambre dhôtes ou gîtes. Cette clientèle est surtout féminine (71%), très jeune, dun bon niveau déquitation (67 % équivalent au galop 5 ou plus), souhaitant un accompagnateur (84%), séjournant au printemps (35%) ou lété (25%), avec des amis (57%), en couple (33%) ou en famille (26%).
⇒ 10% de la clientèle souhaite des randonnées dune semaine avec hébergement en tente. Cest une clientèle jeune (84% ont moins de 34 ans), parisienne (36%), de tous niveaux équestres, pratiquant la balade de quelques heures (81%). La randonnée souhaitée est accompagnée (pour 2 personnes sur 3), au printemps ou en été et avec des amis (65%), en couple (48%) et peu en famille (11%) ou en groupe organisé (7%).
Les établissements :
Les centres spécialisés sur le tourisme équestre représentent un peu moins de la moitié des établissements équestres de la région (plus de 160 points déquitation). Nous en avons vu les principales caractéristiques (Cf. 4212). Qualitativement, on peut isoler 3 types de tourisme équestre, isolés géographiquement et ne proposant pas les mêmes produits :
- Le tourisme équestre du littoral : très spécialisé, basé sur laccueil dune clientèle touristique, voire étrangère, pas forcément cavalière et proposant des activités de promenade (dune heure à la journée). Lactivité est, bien sûr, très saisonnière et liée à la fréquentation balnéaire. Le Grau du Roi, la pointe de lEspiguette, mais aussi le littoral Audois par exemple sont des lieux importants, mais on retrouve également ce type de tourisme à proximité de sites remarquables. Ces professionnels peuvent éventuellement travailler en collaboration avec un lieu dhébergement (camping, hôtel
) ou en être propriétaires.
- Le tourisme équestre « périurbain » : basé sur lexploitation de la proximité dune agglomération, proposant des activités de promenades, parfois de randonnée. Il sagit plutôt de centres déquitation « loisir » que de véritable tourisme équestre, la clientèle étant, pour une part importante, locale. Il ne sagit cependant pas décoles déquitation, dans la mesure où on ny trouve pas de moniteur (titulaire dun brevet détat).
- Le tourisme équestre darrière pays ou de montagne : il est basé sur la randonnée de plusieurs jours (accompagnée ou autonome) mais aussi sur des séjours déquitation sur des structures proposant lhébergement et des prestations équestres (il peut sagir de fermes équestres). La clientèle est alors touristique et étrangère.
Ces trois catégories sont bien sûr perméables. Il est par exemple remarqué que certains « ranchs » du littoral, avec la sédentarisation de la population sur les stations balnéaires, se tournent vers une activité se rapprochant davantage du tourisme périurbain ou de lécole déquitation, et embauchent par exemple un moniteur BEES1.
En dehors de ces structures spécialisées, quasiment tous les établissements équestres proposent des activités de tourisme, daprès les experts rencontrés. En effet, en particulier pendant la saison estivale, même les écoles déquitation, plus orientées sur dautres disciplines, organisent des randonnées pour leurs clients réguliers voire pour des clients passagers. Par exemple, chez les établissements affiliés à la FFE, 153 proposent la randonnée, et 167 groupements équestres affiliés à la FFE délivrent des licences « tourisme ».
Les hébergements :
Méthodologie : pour identifier les structures proposant lhébergement de cavaliers en Languedoc-Roussillon, nous avons travaillé sur la base de la connaissance du terrain des professionnels, avec le soutien précieux du Comité Régional du Tourisme Equestre. En effet, aucune base de données ne permet de connaître toutes les possibilités daccueil sur la région. Une enquête téléphonique a ensuite été réalisée sur un échantillon aléatoire de 50 structures.
La région compte plus de 240 points dhébergements possibles pour les cavaliers (cf. tableau 63). Derrière ce chiffre important se cache en réalité une certaine hétérogénéité dans les prestations proposées et un travail de communication et dorganisation important reste à faire. Quelques tendances importantes ressortent cependant :
Lactivité daccueil de cavaliers nest jamais une activité principale. Il sagit souvent dune activité de complément pour des établissements équestres, des éleveurs équins, des campings, des agriculteurs ayant des chambres dhôtes, des hôtels restaurants. La restauration est proposée dans limmense majorité des cas.
Quant lactivité dhébergement est dominante, lhébergement de cavaliers est toujours accessoire : il sagit presque toujours dhébergements ouverts à lensemble des pratiques itinérantes. La clientèle « cheval » représente alors une faible part de lactivité. Cependant, certaines personnes interrogées nous ont fait part de limportance croissante de la randonnée pédestre accompagnée avec des ânes.
Seuls quelques lieux dhébergements (moins de 5%) sont spécialisés cavaliers : il sagit alors détablissements équestres ou déleveurs de chevaux pour qui lhébergement est une activité accessoire ou complémentaire.
Les hébergeurs peuvent être séparés en 3 groupes :
- Les hébergeurs purs (43% dans notre échantillon), dont lactivité principale est laccueil et la restauration. Il sagit pour la majorité de gîtes détape, ouverts à toutes les pratiques itinérantes, de tables et chambres dhôtes, dauberges (4 dans notre échantillon), et de campings (3 dans léchantillon).
Les hébergeurs de cette catégorie ne disposent pas de structures daccueil en dur pour les chevaux (boxes, stalles) et les animaux sont placés dans des prés ou des parcs appartenant à lhébergeur ou prêtés pour loccasion. Linvestissement pour des bâtiments daccueil des chevaux ne leur parait pas rentable. La capacité moyenne daccueil est de 10 places pour les chevaux, de 23 lits et de 23 couverts. 47% adhérent à une charte de qualité (à « Gîtes de France » dans 90% des cas). Lactivité liée au cheval est accessoire pour ces structures (plus de 90% accueillent moins de 50 cavaliers par an). 19% ont des clients effectuant des séjours équestres, mais cette clientèle est toujours minoritaire par rapport à la clientèle de passage.
- Les agriculteurs (41% dans notre échantillon), proposent des prestations daccueil très variées : ferme auberge, gîtes ruraux, tables dhôtes, chambres dhôtes. Pour eux, lactivité daccueil est le plus souvent complémentaire (dans 70% des cas) à lactivité agricole, c'est-à-dire représente 10 à 50 % de leur chiffre daffaire. Seulement 15% des structures naccueillent que les cavaliers (à lexclusion des pédestres et des VTT) : il sagit toujours délevages équins ou de fermes équestres. Les chevaux peuvent être hébergés au pré ou en paddocks, mais un tiers des structures proposent également des boxes et 15% proposent des stalles. La capacité moyenne daccueil est de 16 chevaux, de 18 lits et de 26 couverts. 30 % de ces structures ont des clients effectuant un séjour équestre et dans la moitié des cas cette activité est supérieure à celle des clients de passage. Lactivité liée à laccueil de cavaliers est là aussi souvent limitée (92 % reçoivent moins de 50 cavaliers par an).
- Les établissements équestres et autres structures (16% de léchantillon) : il sagit de centres équestres, de mairies proposant par le biais dune association une activité daccueil, ou de personnes réalisant cette activité en complément dune autre activité non agricole (salariés, retraités
etc.). Il sagit dun groupe hétérogène mais où lactivité dhébergement de cavaliers est toujours désignée comme accessoire.
4224. Les itinéraires
La mise en place et lentretien ditinéraires équestres sont souvent mis en avant comme la condition nécessaire du développement de cette activité. La région a mis en place une grande « transéquestre » ou dorsale équestre, qui traverse lensemble du Languedoc-Roussillon, dEst en Ouest. Elle constitue un bon support à partir duquel pourrait se développer en complément des circuits courts, en boucle, correspondant à la demande actuelle daprès les personnes ressources interrogées.
On trouve également dautres itinéraires régulièrement entretenus et balisés (sentiers cathares, réseau vert, drailles de Lozère...etc.). Environ 2500 kilomètres ditinéraires sont reconnus et balisés dans la région : dans lAude (200 kms de transéquestre et 400 kms de variante équestre des sentiers cathares et des boucles de pays), dans le Gard (350 à 400 kms entre la transéquestre, deux boucles dans le Viganais et une boucle proche de Génolhac), dans lHérault (300 kms de « transéquestre », dont 140 de commun avec le réseau vert), en Lozère (1100 kms balisés environ).
La tendance est à la mise en place de réseaux communs aux 3 pratiques itinérantes (Pédestre, VTT, et équestre). Cependant, les besoins spécifiques à léquitation (en terme de balisage et de sécurité notamment) ne sont pas toujours pris en compte dans ces équipements.
Précisons également quil est aujourdhui pratiquement impossible de connaître avec précision sur un PDIPR la part des itinéraires empruntables à cheval. Pour le cavalier autonome, connaître lensemble des itinéraires empruntables sur la région est encore impossible. Bref, le cavalier indépendant ou le professionnel nayant pas reconnu le terrain ne peut pas être sûr que « ça passe partout », ce qui est la première question que se pose un cavalier avec celle de son hébergement.
Des itinéraires bien identifiés, sûrs et bien balisés permettant à une clientèle de non passionnés daccéder plus facilement au tourisme équestre seraient sans doute les bienvenus. Les itinéraires doivent être pensés en relation avec des structures dhébergement pérennes et de qualité.
4225. Les démarches de qualité
Concernant les centres de tourisme équestre :
On compte 21 centres labellisés CNTE. Il sagit détablissements affiliés à la FFE, délivrant au minimum 15 licences fléchées « tourisme équestre » et remplissant un certain nombre de conditions en matière dinformation et signalisation, de structures daccueil et dactivité. Ce label est attribué pour deux ans, par une commission régionale composée de professionnels désignés par le CRTE et le CDTE concerné. Une très faible minorité des centres sont donc labellisés (10 à 15 % environ).
Concernant lhébergement
La FRETE regroupe des exploitants de relais détape polyvalents ou spécifiquement équins et a pour objet de coordonner et promouvoir les activités des relais et les itinéraires, dattribuer un label, de participer à laccueil et à leffort collectif dorganisation de linfrastructure nécessaire à la pratique de la randonnée. Elle propose donc une labellisation des hébergements de tourisme équestre, basée sur un cahier des charges et une évaluation de laccueil des chevaux dune part et de laccueil des cavaliers dautre part. En 2003, 27 établissements sont adhérents à la FRETE en Languedoc-Roussillon, soit environ 10% des hébergements. Ajoutons que sur léchantillon enquêté, 25% des hébergements adhèrent à « Accueil Paysan » et 15% à « Gîtes de France ».
En conclusion, une labellisation insuffisante, des aspects marketing, promotion, commercialisation très limités, le manque dorganisation collective (aspects logistique, accueil, réservations
) nuisent à lexploitation du potentiel touristique régional. De plus, une partie des prestataires ne sont pas spécialisés sur le tourisme équestre, ce qui peut nuire à leur implication dans ce domaine. Lactivité de bord de mer, estivale, ne joue pas le rôle de moteur, de pépinière pour le reste de lactivité.
Le développement de lactivité passe par une mise en réseau des différents prestataires, un professionnalisme touristique qui doit compléter le professionnalisme équestre, une mise en marché améliorée. Il est préconisé de proposer des produits adaptés à chaque segment de clientèle, et de sengager sur des démarches collectives de qualité et de communication.
423. Les sports équestres
Avertissement :
Le Comité Régional dEquitation nayant participé quà la première partie de létude et son implication nayant pas été aussi forte que nous laurions souhaité par la suite, il a été décidé par souci de rigueur de ne pas prétendre à une étude exhaustive de la partie concernant les sports équestres. Nous avons cependant travaillé sur les chiffres à notre disposition tout en limitant nos remarques et nos préconisations à des aspects généraux et transversaux, qui pourront être complétées ultérieurement sur la base des informations et de lexpertise du CRE, instance décisionnaire dans ce domaine.
Les disciplines équestres sont très nombreuses et variées : saut dobstacle, endurance, dressage, concours complet déquitation, hunter, attelage, équitation américaine, équitation Camargue, horse-ball, pony-games
etc.
Les sports équestres sont sous la houlette du Comité Régional dEquitation, échelon régional de la Fédération Française dEquitation. Celle-ci a vu le nombre de ses licenciés augmenter considérablement : il est passé de 256 000 à 450 000 de 1990 à 2002. Cette réussite de léquitation sportive au niveau national, tant au niveau du nombre de licenciés quau niveau des performances internationales se retrouve au niveau régional.
4231. Données régionales
La quatrième discipline sportive en Languedoc-Roussillon :
Léquitation est la 4ème discipline pratiquée en Languedoc-Roussillon, derrière le football, la pétanque, le tennis et le judo. Elle devance même des sports très médiatiques comme le rugby ou encore le handball et est loin devant le basket-ball (8 446 licenciés) ou le golf (8 046 licenciés). En 2002, on compte 18 347 licenciés dans notre région, ce qui place la région au 11ème rang national du nombre de licences.
Si lon sintéresse au taux de pénétration (nombre de licenciés pour 1000 habitants), la région est cette fois au 7ème rang national
Remarque : na pas été comptabilisée dans ce tableau « léducation physique et gymnastique volontaire », pratique sportive de loisir non compétitive, qui compte environ 25 000 licenciés en 2002 sur la région.
Une progression importante et supérieure à la moyenne national
En terme dévolution, on constate le formidable développement de léquitation qui a plus que doublé son nombre de licenciés en moins de 10 ans, ce qui est unique dans le groupe des disciplines « majeures ». Cette progression a concerné tous les départements. Dans lAude et la Lozère, elle a été proportionnellement très marquée. On voit également que cette progression a été supérieure à la moyenne nationale.
On constate également que la région qui était en dessous de la moyenne nationale en terme de taux de pénétration en 1992 est aujourdhui au-dessus. Pour les évolutions les plus récentes, ajoutons enfin que le Languedoc-Roussillon est lune des régions de France où le nombre de licenciés a le plus progressé entre 2001 et 2002 : elle est au 4ème rang national sur ce critère. Dans la région, le nombre de licences est en augmentation de 7 % en un an, ce qui est considérable : sur la même période laugmentation en France a été de 3%.
Remarque : une licence « pratiquant » coûte 25 € pour les juniors et 36 € pour les seniors. Les licences compétition coûtent 460 € et 300 € respectivement pour une licence Pro 1 et Pro 2 (correspondant au haut niveau), 80 € pour une licence Amateur 3 et 60 € pour une licence Amateur 4 (Tarifs millésime 2004).
Un sport jeune et féminin
Lune des caractéristiques importante de ce sport est son taux de féminisation, particulièrement élevé : les trois quarts des cavaliers sont des cavalières. Cette particularité de léquitation en fait un axe privilégié de travail pour laccès des femmes au sport. Or, la question de légalité hommes-femmes se pose encore avec une acuité particulière dans le domaine du sport. La loi du 6 juillet 2000 réaffirme dailleurs la nécessité dun accès égal des femmes et des hommes tant à la pratique des activités physiques et sportives quà tous les niveaux de responsabilité au sein des associations sportives. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à pratiquer des activités physiques et sportives : elles nétaient que 9 % en 1968, elles sont 48% aujourdhui (Sce : Ministère de la Jeunesse et des Sports). En équitation, elles sillustrent également par leurs performances dans les compétitions nationales et internationales.
En Languedoc-Roussillon, on retrouve cette très forte féminisation, en particulier marquée sur les tranches dâge de 11 à 21 ans. Cela devient cependant moins net chez les plus de 21 ans, où les femmes représentent tout de même plus de 60% des pratiquants.
Concernant les licences compétitions, on observe, à quelques pourcents près, la même tendance que pour les licences pratiquant : les femmes sont de loin les plus représentées surtout chez les jeunes. Ces chiffres sont très proches des moyennes nationales.
Cheval, poney et tourisme
Les licences délivrées par la FFE sont « fléchées », en fonction du type déquitation pratiquée : sur poney, sur cheval ou « tourisme ». Les licences Poney et Cheval sont les plus nombreuses. Par rapport aux chiffres nationaux, on constate une proportion plus marquée en région des licences tourisme, alors que les licences cheval sont un peu moins présentes (cf. tableau 70).
Les licences Poneys sont particulièrement représentées dans le Gard. Les licences Cheval dominent en Lozère. Cest dans lAude et la Lozère que les licences Tourisme sont proportionnellement les plus présentes, contrairement à ce que lon peut observer dans la Gard ou les Pyrénées-Orientales.
En terme dévolution, ce sont les licences Tourisme qui ont le plus progressé de 2001 à 2002 (progression très marquée dans lHérault, un peu moins en Lozère), suivies des licences Cheval. Laugmentation des licences tourisme est une tendance observée également au niveau national (+9% entre 2001 et 2002). En revanche, au niveau national, les licences cheval ont diminué de 0,2 %, tendance que na donc pas suivi la région. La seule catégorie à avoir fortement diminué est celle des licences cheval dans les Pyrénées-Orientales.
Les licences Poneys ont fortement progressé en Lozère, mais leur progression a été limitée dans les départements les plus importants en terme de nombre de licences : le Gard et lHérault. De ce fait, leur progression est inférieure à la moyenne nationale, où léquitation à poney sest fortement développée et poursuit sa progression (cf. tableau 71).
Notons que, même si ces tableaux donnent une indication en terme de comparaison dun département à lautre, le fléchage des licences nest pas forcément un indicateur précis des activités réalisées par les pratiquants. En effet, certains enfants par exemple, ne pratiquant quà poney ou rarement à cheval pourront avoir une licence « cheval ». De même le nombre de licences «tourisme » ne reflète pas forcément toute limportance de cette forme déquitation dans les pratiques des cavaliers dont une partie est non licenciée.
Les licences compétition
Le nombre de licences compétition délivrées en 2002 a été de 3294 (11ème rang national). Le taux de licenciés compétition est de 18,0 % en 2002 de contre 17,8 % nationalement. Nous sommes donc dans la moyenne nationale sur ce critère (cf. tableau 71).
Cependant, on note en particulier une forte augmentation des licences compétition à la fois chez les juniors et les seniors, de façon légèrement plus marquée chez les hommes. Elle a atteint 22 % sur une année (soit 592 licences supplémentaires) alors quelle nest nationalement « que » de 9%. On observe une augmentation des licences 4ème et 3ème catégorie (AMA3 et AMA4) de 17,69 % et une augmentation des licences clubs de 29,36 % par rapport au chiffre 2001. LHérault reste le principal pourvoyeur de licences compétition, devant le Gard.
La région accuse malgré tout un certain retard sur les licences « Pro » : nous comptons, en 2002, 93 licenciés PRO 1 et PRO 2, correspondant au « haut niveau » (14ème rang national).
4232. Données 2001 et 2002 : Précisions par départements
La Lozère est le 9ème département français en terme de taux de pénétration, le deuxième en ce qui concerne lévolution des licences entre 2001 et 2002. Le Gard se place 23ème pour le taux de pénétration, largement devant lAude (6ème département français en augmentation relative du nombre de licenciés) et lHérault. Dans les Pyrénées-Orientales, en revanche, léquitation a comparativement du mal à percer : faible taux de pénétration, faible progression des licences. Cest le seul département de la région où le nombre de licenciés a augmenté moins vite que la moyenne nationale.
LAude représente 13 % des licenciés régionaux. On peut relever dans ce département une très forte progression des licences pratiquant (+12%), surtout chez les femmes : +14%. On remarque que cette progression confirme la tendance lourde vue plus haut. En revanche, le nombre de licences compétition naugmente que faiblement (+6%) comparativement aux autres départements et les licenciés compétition ne représentent encore que 9,4 % des licenciés.
Le Gard représente près du tiers des licenciés en région. Le taux de licences compétition est de 18,3 %. Lévolution 2001/2002 est sensiblement la même que celle observée au niveau régional : augmentation très sensible du nombre de licenciés (+7%), en particulier des licences compétition (+22%) , de façon un peu plus sensible chez les hommes (+29%).
Avec 37% des licences délivrées, lHérault est le premier département de la région (en progression de 6%). Les licenciés compétition représentent 19,4 % des cavaliers licenciés. En revanche, laugmentation du nombre de licences compétition (+12%) a été moins marquée que dans le Gard.
La Lozère ne représente 4,6 % des licenciés régionaux. Elle se caractérise par limportance des licences compétitions (29,9%). De plus les évolutions sont très bonnes : + 18% pour le nombre de licenciés (confirmation de la tendance observée sur la période 1994 à 2002), + 39 % pour les licenciés compétition (+ 35 % chez les femmes, + 49 % chez les hommes) !
Comptant 14,3% des licenciés régionaux, les Pyrénées-Orientales se distinguent également par une très forte progression du nombre de licences compétition (+34%) qui représentent en 2002 17,3 % des licences délivrées. Cette progression est surtout marquée chez les femmes (+42%), en particulier chez les jeunes (+ 88 % dans la catégorie des 15-16 ans).
4233. Les concours déquitation : niveaux et disciplines
Le FFE a mis en place différents circuits de compétitions équestres : le circuit Club, le circuit Ponam et le circuit Amateur et Pro. Organisés respectivement sur des logiques de formation, participatives et sélectives, ils débouchent tous sur des championnats nationaux. Comme nous lavons vu dans la partie valorisation, les concours déquitation ont un rôle important dans la commercialisation des chevaux de sport. Ils sont également importants économiquement (flux liés aux engagements, aux licences, aux frais dentretien et de préparation dun cheval de sport). Leur nombre et leur niveau sont également perçus comme révélateurs de la qualité et de la dynamique de la filière en région.
Le Languedoc-Roussillon est en retrait dans ce domaine sur bien dautres régions, puisque autant pour les concours Clubs et Ponams que pour les concours amateurs et Pro, le nombre dépreuves et de participants la situe aux environs de la 17ème place au niveau national.
On remarque également, sans que cela ne soit spécifique à la région :
- la très faible dotation des épreuves déquitation qui rend difficile une professionnalisation de la filière. « (
) il y a deux poids deux mesures (
). En moyenne, un cheval de course gagne plus de 10 000 euros par an tandis quun cheval de sport en gagne un peu plus de 100 (125 euros) ! » (X.Libbrecht, lEperon, Comparaison de la filière sports équestres et de la filière course, juillet 2003),
- un besoin de communication, de médiatisation et douverture vers le grand public : « il est capital de faire un effort sur la communication qui, à tous niveaux, semble peu adaptée tant sur la forme que sur le fond » (FFE, Assises Nationales des Sports Equestres, mars 2003).
Les concours Club et Ponams :
La discipline du CSO domine largement, tant au niveau du nombre dépreuves que du nombre dengagés. Les engagés en Dressage et en concours complet déquitation sont comparativement très peu nombreux : 529 en 2002 pour ces deux disciplines confondues, alors quil y a eu quatre fois plus dengagés pour le CSO. Cependant, remarquons que cest en dressage que la place de la région est la meilleure en terme de nombre dengagés.
La région peut donc saméliorer (16ème rang national) sur lorganisation de ce type de compétitions, qui constitue le vivier possible des futurs champions. La FFE a dailleurs proposé aux départements une convention dobjectifs pour développer les concours club et ponams (cf. annexe 22 et 23). Les tableaux suivants reprennent pour les trois disciplines olympiques les principaux chiffres concernant ces épreuves. On remarque pour ces concours que les Pyrénées-Orientales (pour le CSO), le Gard et lHérault (pour le dressage) sont les départements les plus présents.
Les concours Amateurs et Pro (concours « GICE ») :
Il faut ajouter aux concours Ponam et Club les concours Amateur et Pro. Cest le Gard qui en organise le plus avec 26 concours organisés en 2002. On voit que la discipline dominante est là aussi le CSO : elle représente 70% des épreuves et 90% des engagements. Il est suivi par lendurance, dont le développement a été très marqué. Viennent ensuite le dressage, le CCE et lattelage. Toutefois, le nombre dépreuves déquitation organisées sur la région reste assez faible : avec 397 épreuves organisées en 2001 et 442 épreuves en 2002, le Languedoc-Roussillon se place aux environs de la 16ème place en France. Le point positif reste lévolution du nombre dépreuves : + 11 % en un an (de 2001 à 2002).
Le dressage a compté 8 concours en 2002 (dont 5 dans lHérault), avec 59 épreuves, 856 engagés et 11 009 € de gains. Le concours complet a compté 7 concours (tous dans le Gard), avec 48 épreuves, 714 partants et 10 501 euros de gains (REF Juin 2003). Concernant lendurance équestre, les derniers chiffres à notre disposition datent de 2001. Il font état de 80 épreuves sur lannée et de 1614 partants, ce qui reste très inférieur aux chiffres du CSO (4 fois moins dépreuves et 10 fois moins de partants), mais largement supérieur au dressage et au CCE. Le gain moyen est de 12,6 € par engagé toutes disciplines confondues et de 12,1 € par engagé en CSO. Les dotations des épreuves sont donc très faibles.
Remarque : Lorganisation des compétitions équestres est souvent liée à dimportantes dépenses, en particulier du fait de la location dinfrastructures (boxes démontables, chapiteaux daccueil, sanitaires
etc.). Lorganisation de ces épreuves est donc pour une large part permise par la passion et le bénévolat qui anime les « gens de cheval ». Mais on observe tout à la fois une augmentation de lexigence des pratiquants, un désengagement des bénévoles et un durcissement des réglementations (en terme sanitaire et de sécurité notamment) (cf. annexe 24). Les organisateurs, souvent passionnés et amateurs sont donc confrontés à beaucoup de difficultés.
Les Haras Nationaux soutiennent lorganisation des différentes compétitions notamment par une prime aux organisateurs : ces primes concernent les organisateurs de compétitions équestres de la Fédération Française dEquitation (FFE) et dépreuves « jeunes chevaux » de la Société Hippique Française (SHF). Les dotations sont fonction de la discipline, du niveau de lépreuve et du type dépreuves.
On remarque que les primes attribuées à la FFE en 2002 concernent principalement lattelage, puis le CSO et le horse-ball (ces trois disciplines représentent les deux tiers des primes). Les primes pour les épreuves SHF sont principalement attribuées à lendurance (représentant les trois quarts des primes), ceci étant lié à lorganisation de la finale nationale jeunes chevaux à Uzès.
Les Haras Nationaux distribuent également des primes aux propriétaires : ces primes constituent une aide directe aux propriétaires de chevaux de sport ayant obtenu des performances au cours de lannée précédente en compétitions dattelage, de CCE, de CSO, de dressage, dendurance et de voltige. Ces primes sont faibles en région et concernent uniquement lattelage (5 chevaux primés en 2001) et lendurance (22 chevaux primés en 2001). Le montant par cheval est, pour les deux disciplines confondues, de 181 €.
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