CONSEIL DES EQUIDES LANGUEDOC-ROUSSILLON



. SOMMAIRE COMPLET DE L'ETUDE
. Partie 1 : Présentation générale de la filière
. Partie 2 : Le stade production
. Partie 3 : Transformation et commercialisation
. Partie 4 : L'utilisation des équidés
. Partie 5 : La formation
. Partie 6 : Préconisations


Partie 4
L'UTILISATION DES EQUIDES
41
LES COURSES
411
Les entraîneurs et les chevaux à l'entraînement
412
L'activité des hippodromes
413
L'activité du PMU
Les enjeux PMU
Le réseau de vente et les types de paris
42
L'EQUITATION
421
Les établissements équestres
4211
Méthodologie
4212
Typologie et caractéristiques générales
4213
Les "écoles d'équitation"
4214
Les centres de tourisme équestre
4215
Les écuries de propriétaires
4216
La perception de l'activité et les attentes
4217
Les démarches de qualité
4218
Deux activités originales : les entreprises de spectacle et les centres de repos
422
Le tourisme équestre
4221
Contexte général, structuration professionnelle
4222
La clientèle
4223
L'offre
4224
Les itinéraires
4225
Les démarches de qualité
423
Les sports équestres
4231
Données régionales
4232
Données 2001 et 2002 : précisions par départements
4233
Les concours d'équitation : niveaux et disciplines


41. Les courses


Notre région est à cheval sur deux fédérations régionales des courses : la Fédération Régionale du Sud Est et celle du Sud Ouest qui gèrent l’organisation des courses. Les paris sont gérés directement sur les hippodromes (Pari Mutuel Hippodrome) ou par le PMU (Pari Mutuel Urbain). La formation et les aspects sociaux sont gérés par l’AFASEC (Association de Formation et d’Action Sociale des Ecuries de Courses). Nous ne disposons pas d’antenne de l’AFASEC sur notre Région, la plus proche étant celle de Cabriès (13).

L’activité des deux hippodromes régionaux est largement inférieure à celle des nos voisins de Provence Alpes Côte d’Azur (PACA) (hippodromes de Marseille, de Cagnes sur Mer, etc.). La Région Languedoc-Roussillon est l’avant dernière région française en terme de nombre de réunions organisées par an, très loin derrière sa voisine PACA (231 réunions par an ; 4ème rang national derrière l’Ile de France, les Pays de Loire, et la Basse-Normandie). Il est d’ailleurs étonnant de voir la différence de développement du secteur course entre PACA et le Languedoc-Roussillon.
Toutefois, si l’activité même des courses sur la Région peut être considérée comme faible au regard d’autres régions, il n’en demeure pas moins que les parieurs sont particulièrement actifs et génèrent un chiffre d’affaire considérable au PMU.

411. Les entraîneurs et les chevaux à l’entraînement

Les entraîneurs professionnels ou amateurs sont très peu nombreux sur la Région, que ce soit en courses de galop ou de trot. Ils sont absents dans l’Aude, en Lozère et dans les Pyrénées-Orientales. Dans les départements du Gard et de l’Hérault, le tableau suivant résume la présence des entraîneurs et des chevaux à l’entraînement (cf. annexe 17).

On observe une faible présence des courses de trot en Languedoc-Roussillon : seulement 35 trotteurs à l’entraînement en 2001 et 34 en 2002. Pour comparaison avec une région proche, la PACA est passée entre 2000 et 2001 de 733 à 870 chevaux trotteurs à l’entraînement et se place sur ce critère au 4ème rang au niveau national. On constate une très faible présence également des courses de galop : 8 chevaux à l’entraînement en 2001, 6 chevaux en 2002.

text
Figure 13 : Répartition des trotteurs à l’entraînement en 2001
(d’après : OESC 2002)

text
Figure 14 : Répartition des galopeurs à l’entraînement en 2001
(d’après : OESC 2002)


412. L’activité des hippodromes

La région ne compte que 2 hippodromes, ce qui est très faible au regard des autres régions françaises. L’hippodrome de Nîmes et celui de Carcassonne. Ceux-ci connaissent tous deux un gros besoin de rénovation et d’investissements. Pour chacun d’entre eux, des projets de rénovation sont engagés. Les hippodromes de Nîmes et Carcassonne organisent chaque année plusieurs réunions et sont le théâtre de courses de bon niveau. De plus en plus d’autres activités équestres sont organisées lors des réunions de course, qui peuvent devenir de vraies « fêtes du cheval ». Les tableaux suivants résument leur activité :

L’hippodrome de Carcassonne réalise deux réunions par an, l’une le 1er Mai, l’autre le second Dimanche de Mai. Il est géré par la Société des courses de l’Aude, fondée en 1898.

L’hippodrome de Nîmes présente une activité largement supérieure à celui de Carcassonne, avec 7 réunions par an, bien fréquentées à la fois en terme de chevaux et de spectateurs. Son activité a augmenté, avec le développement des quartés régionaux et des courses PMU nationales. En moyenne on y trouve 14 chevaux engagés par course de trot, 10 par course de plat, 7 par course d’obstacle. Il y a 376 entrées payantes et un montant d’enjeux PMH de 39 287 euros par réunion. En 2003, 7 réunions sont également prévues, dont 3 serviront de support au Quarté + Régional et 2 serviront de support à une course PMU national. L’hippodrome de Nîmes dispose également d’un centre d’entraînement. En mai 2003, il accueille 2 entraîneurs de galop et 2 entraîneurs de trot. Les besoins de rénovation sont importants sur le centre d’entraînement.

413. L’activité du PMU

Sur la région, l’activité du PMU est importante. Les enjeux 2002 ont atteint près de 190 millions d’euros et ont fait l’objet d’un prélèvement de la part de l’état de 15,86 %, soit environ 30 millions d’€ (PMU, dossier de presse 2002).
Le chiffre d’affaire du PMU a progressé en France de 18 % en trois ans (2000, 2001 et 2002), et on retrouve cette évolution au niveau régional. Le PMU emploie directement 19 personnes sur l’agence de Montpellier. Celles-ci sont chargées d’aspects commerciaux et organisationnels.

Les enjeux PMU :
Les enjeux en 2002 ont atteint environ 190 millions d’euros, avec la répartition suivante selon les départements.

Les enjeux PMU sont en augmentation entre 2001 et 2002 (+ 4,1%), en particulier dans le département du Gard. Cette augmentation est comparable à celle observée au niveau national (+ 4,0 %). On observe également une grande diversité selon les départements. La Lozère, département « rural » parie très peu, le Gard a connu la plus forte augmentation du montant des enjeux et est également le département ou le montant des enjeux par habitant est le plus élevé.
Les enjeux par habitant (111 € par habitant de plus de 20 ans en 2002) augmentent mais restent inférieurs à la moyenne nationale, qui atteint 145 €. Cependant, une comparaison avec les autres régions de la Direction Régionale du Sud Ouest du PMU (moyenne = 95 € / habitant de moins de 20 ans) démontre que notre région est tout de même « joueuse ». Au niveau national on constate que la clientèle est jeune (un tiers a moins de 35 ans), plutôt masculine (6 hommes sur 10 parieurs), de catégories socio professionnelles variées (17 % d’employés, 11 % de cadres moyens et professions intermédiaires, 6 % de cadres supérieurs et professions libérales, 23 % d’ouvriers, 20 de retraités) (PMU 2002).
Remarque : le record de gain sur la Direction du Sud Ouest pour 2002 a été établi le 27 avril 2002, à Montpellier avec 851 229 € de gains.

Le réseau de vente et les types de paris :
La région compte 323 points de vente PMU. Ceux-ci représentent, selon les départements, 75 à 80 % des ventes. Ces chiffres sont comparables à ceux observés au niveau national. On constate cependant une augmentation importante des ventes en cafés courses, points et clubs courses qui expliquent une part importante de l’augmentation des enjeux sur la région. Le PMU direct ne représente encore qu’un faible part des ventes et a connu une légère régression (avec de grosses disparités entre les départements), son attrait est inférieur à la tendance nationale (4,4%), sauf en Lozère.

Le PMU diversifie son offre de paris et développe son réseau de vente. Le Quinté + domine largement. Même si ces chiffres sont comparables à ceux observés au niveau national, on relève que les Quarté et Quinté + représentent une part plus importante que la tendance nationale, alors que les autres types de paris sont moins représentés.


42. L’équitation

Le secteur de l’équitation présente une grande diversité qui traduit la variété des utilisations possibles du cheval. De nombreuses disciplines sportives existent (CSO, endurance, CCE, dressage, attelage, polo, équitation Camargue, équitation américaine, horse-ball, hunter…etc.). S’y ajoutent de nombreuses formes d’utilisations pour le loisir. Le succès de l’équitation à poney et la progression du nombre de cavaliers permettent de fonder beaucoup d’espoirs sur le devenir de l’équitation.

Sans doute du fait de son développement exponentiel et de sa diversité, le secteur de l’équitation est beaucoup plus complexe et accuse peut-être un retard dans son organisation par rapport au monde des courses, qui brille par sa structuration et son efficacité (cf. annexe 1). La comparaison réalisée entre ces deux secteurs par X. Libretch est à ce titre très instructif : « l’activité course, professionnalisée à l’extrême est rassemblée et optimisée, le tout grâce à l’argent des parieurs, que génère et gère le PMU. Parallèlement, l’activité équestre, amateur pour l’essentiel, est démultipliée à l’envie… » (X Libretch, l’Eperon Magazine, juillet 2003).

Mais la grande diversité des approches possibles de l’équitation est aussi une richesse : à la fois compétition et activité de pleine nature, sport et loisir, l’équitation est capable de toucher un très large public. Et, quelle que soit leur pratique, l’ensemble de ces cavaliers génèrent des flux économiques importants (prestations d’équitation, participation aux compétitions, matériel, alimentation des chevaux …etc.), et de ce fait un grand nombre d’emplois directs et indirects.

La France compte environ 450 000 pratiquants licenciés à la FFE en 2002 (contre seulement 100 000 en 1976 !). Il faut y ajouter les cavaliers non licenciés évalués par l’Agence Française de l’Ingénierie Touristique à plus d’un million de personnes (AFIT 1995) dont le tiers montent régulièrement (au moins une fois par mois), les autres pratiquent des balades ou des randonnées occasionnelles.
Une enquête plus récente réalisée en Novembre 2002 par Opionionway à la demande de la FFE révèle que l’équitation arrive en 5ème position des sports de nature favoris, après la bicyclette, les activités de montagne, la marche et la voile. (Equi’idée n°46, 2003, d’après le Ministère des Sports, l’INSEP et la FFE). Deux français sur trois déclarent être montés à cheval au moins une fois dans leur vie, et 17 % d’entre eux poursuivent la pratique de l’équitation aujourd’hui de façon plus ou moins régulière, pour 71% d’entre eux « en randonnée » et pour 54% « dans un centre équestre » (ce peut être les deux pour certaines personnes).

Ramené au Languedoc-Roussillon, cela signifie que plus de 55 000 personnes pratiquent régulièrement l’équitation, qu’environ 363 000 personnes pratiquent l’équitation plus ou moins régulièrement et que près d’un million et demi d’habitants de la région sont montés à cheval au moins une fois dans leur vie !

On peut classer les cavaliers par l’orientation de leur pratique : certains pratiquent l’équitation loisir, d’autres l’équitation sportive. Ces catégories ne sont pas hermétiquement séparées. Un cavalier peut commencer par une pratique loisir puis se tourner vers le sport, retourner éventuellement dans la première catégorie… L’OESC a séparé les cavaliers en 4 grands groupes :
- les cavaliers réguliers, licenciés à la FFE, montant en compétition. Ceux-ci peuvent être connus par l’intermédiaire des licences compétition, même si cette approche n’est pas parfaite (certains cavaliers licenciés « compétition » ne pratiquent pas la compétition). Ils sont 3294 en 2002 en Languedoc-Roussillon
- les cavaliers réguliers, licenciés à la FFE, ne pratiquant pas la compétition : ils s’agit de ceux n’ayant qu’une licence « pratiquant ». Ils sont 15 053 en 2002.
- les cavaliers réguliers, mais non licenciés, difficiles à quantifier, on peut en estimer le nombre grâce aux données sur la clientèle fournie par les établissements équestres dans le cadre de nos enquêtes : environ autant de cavaliers licenciés que de non licenciés. Il faut y ajouter les cavaliers réguliers mais indépendants des établissements équestres. Ils sont environ 20 000.
- les cavaliers occasionnels, en établissements ou hors établissements, très difficiles à connaître, on peut en estimer le nombre à environ 20 000, par extrapolation des données nationales (AFIT 1995), mais il faudrait également tenir compte des clients de passage sur les établissements touristiques (certains reçoivent 15 000 à 20 000 clients par an !).

421. Les établissements équestres

Les établissements équestres jouent un rôle fondamental dans la filière équine : ce sont les lieux privilégiés de contact entre le débutant et l’animal, ce sont aussi les lieux où se concrétise souvent pour la première fois la passion du cheval, et se construisent donc les futurs clients de la filière équine. L’étude de ces établissements est rendue complexe par :
- l’absence de catégorie «entreprises d’équitation » dans la nomenclature NAF (les établissements équestres étant intégrés sous le code 927 C à un ensemble d’activités récréatives), l’impossibilité de les isoler de façon réellement satisfaisante auprès de la MSA, ou d’obtenir des listings actualisés et complets auprès des différents organismes,
- leur grande diversité, tant dans les activités (enseignement, tourisme équestre, pensions…etc.) que dans les statuts (associations, fermes équestres, entreprises individuelle, etc.) (cf. annexe 18).

4211. Méthodologie

Les établissements équestres ont été identifiés par croisement des données de la FFE, des DDJS et de France Télécom. La connaissance du terrain de certains professionnels a été également utilisée pour compléter les listings. Nous nous sommes appuyés sur les quelques données chiffrées existantes (MSA, FFE), mais qui sont toujours parcellaires.
C’est pourquoi, après un premier travail d’entretien auprès d’experts, une enquête a été réalisée par courrier sur l’ensemble des structures identifiées. Puis une relance téléphonique sur un échantillon aléatoire a été réalisée sur la base d’un questionnaire simplifié. Ce questionnaire a porté en particulier sur les activités principales, la main d’œuvre, le chiffre d’affaire et les besoins en investissements et en formation. Les informations notées en italique sont celles issues seulement des réponses écrites, qui ont été plus complètes que les réponses téléphoniques mais moins nombreuses.
Malgré la période d’envoi des questionnaires, la méfiance vis-à-vis de l’étude et la désillusion des professionnels du cheval face à l’action collective et au soutien public, le nombre de réponse (32 réponses écrites, 64 réponses par téléphone) est satisfaisant. Notons que seulement 2 établissements ont refusé de nous répondre lors des relances téléphoniques.

Précisons qu’il n’y a pas eu de vérification des données annoncées dans les retours de questionnaires. Il s’agit donc d’une démarche purement déclarative.

Nous avons identifié plus de 340 structures proposant des activités d’équitation. La majeure partie (les deux tiers) sont issus des fichiers des structures affilées à la FFE. Les autres structures ont été identifiées par recherche et vérification des données France Télécom, DDJS, et des informations des professionnels. Certaines structures ont probablement échappé au décompte.

4212. Typologie et caractéristiques générales


On a pu isoler trois grands types d’établissements, en étudiant la répartition de leur chiffre d’affaire, les activités principales déclarées et éventuellement en tenant compte de leur cheptel :

- Les écoles d’équitation, dont l’activité est basée sur l’enseignement de l’équitation. Dans cette catégorie, on trouve des établissements travaillant principalement avec des poneys et ceux travaillant principalement avec des chevaux. Les écoles « poney » sont dominantes.

- Les centres de tourisme équestre, proposant essentiellement des randonnées ou des promenades. Notons que les structures spécialisées « randonnées » sont peu nombreuses par rapport à celles dont l’activité est essentiellement la promenade, qui représentent 88% de cette catégorie.

- Les «écuries de propriétaires», proposant essentiellement des prestations de logement, nourriture et travail de chevaux appartenant à leurs clients. Ils mettent donc à disposition leurs infrastructures et gèrent les animaux au quotidien.

Ces trois types sont bien identifiées et séparés : il y a donc une certaine spécialisation des centres équestres vers l’un de ces trois types. Les deux premiers types de structures sont les plus nombreuses : ils représentent chacun 40 à 50 % de l’ensemble des établissements équestres.
Signalons tout de même que les activités d’école cheval et poney se rejoignent souvent : 16 établissements déclarent que ces deux activités sont présentes ensemble, sans que l’on puisse en désigner une comme dominante. De plus, sans avoir d’activité « écurie de propriétaire » dominante, nous verrons que la grande majorité des établissements équestres offrent des prestations de pensions de chevaux.

⇒ Les statuts :

Concernant leur statut, 94 structures nous ont répondu : nous retrouvons dans l’échantillon 34 % d’entreprises individuelles, 30,8 % d’associations, 27,6 % d’entreprises agricoles (individuelles, EARL, GAEC…etc.) et 7,4% de SARL et EURL. Notons que deux exploitations agricoles ont développé une association pour la partie équestre et sont donc comptabilisées parmi les associations.
L’âge moyen des établissements est de 9,9 ans, mais il est important de noter que 14 établissements (soit environ 15 %) ont été repris ou créés il y a moins de 2 ans.

⇒ La clientèle :

En moyenne, 59,2 % de la clientèle d’un établissement est licenciée mais avec une très grande variation selon l’activité principale de l’établissement : ce chiffre est souvent très faible voir nul pour les centres de tourisme équestre et très élevé pour les écoles d’équitation.
Les données de la FFE démontrent que la clientèle licenciée est jeune et féminine. La répartition par sexe et par âge est très révélatrice : 75% des licenciés sont des filles, et 75 % des licenciés sont des juniors. Presque 60 % des licenciés sont des jeunes filles de moins de 18 ans.
Le nombre moyen de licences délivré par établissement est de 71 (79 réponses).
Remarque : sur la région, seuls deux établissements délivrent plus de 300 licences par an, une petite dizaine d’établissements en délivrent plus de 200 (FFE, 2002).

La clientèle passagère (1 seule visite) ou présente depuis moins de deux ans représente 7 clients sur 10 (passagère 30% ; depuis moins d’un an : 14 % ; depuis 1 à 2 ans : 27 %). La clientèle fidèle depuis plus de quatre ans représente 12% de la clientèle, celle présente depuis 2 à 4 ans 18%. La clientèle locale domine (60%), devant la clientèle nationale hors région (22%), la clientèle régionale (12%) puis internationale (9%).
Bien évidemment on observe de grandes variations selon l’activité principale de l’établissement :
Les écoles d’équitation travaillent avec une clientèle locale à 75% et un peu en période de vacances scolaires avec une clientèle nationale (stages d’équitation). 1 client sur 10 est passager et plus de la moitié des clients fréquentent l’établissement depuis moins de deux ans. Les clients présents depuis 2 à 4 ans représentent 20% de la clientèle et ceux présents depuis plus de quatre ans 12%.
Les établissements basés sur la promenade et la randonnée travaillent avec une clientèle d’origine plus diverse et encore moins fidèle : elle est locale à 34%, internationale à 31%, nationale à 23%, régionale à 12%. Les clients sont souvent passagers (34%), clients depuis moins d’un an (8%), clients depuis 1 à 2 ans (32,5%) ou fidèles depuis plus de 2 à 4 ans (21%), ou plus de 4 ans (5%). Cependant il faut noter qu’à la fois l’origine de la clientèle et sa fidélité sont, dans cette catégorie, très variables d’un établissement à l’autre.

⇒ La main d’oeuvre :

On peut estimer à ce jour l’emploi dans les établissements équestres à 646 ETP, dont 340 ETP salariés. Chaque établissement emploie en moyenne 1,9 ETP (salariés et non salariés) dont 1,1 ETP salarié.

Les données concernant les centres employeurs, identifiés par la MSA nous apportent quelques informations supplémentaires :
- l’évolution de ces données est particulièrement intéressante : on constate que les établissements équestres créent de l’emploi, +41 % en ETP en seulement 2 ans !
- les structures employeuses ont recours en moyenne à 1,3 ETP salarié.
- on constate que le rapport entre le nombre de personnes salariées en un an et les équivalents temps plein est d’environ 2 pour 1. Cela peut révéler une part importante de travail à temps partiel ou saisonnier ou bien encore un turn-over important des salariés.

Les réponses écrites à l’enquête confirment cette hypothèse. Les salariés réalisent en moyenne un peu plus d’un trois quart de temps (0,77 ETP par salarié). 24% des salariés sont saisonniers. Cette saisonnalité est bien sûr plus marquée sur les établissements « tourisme » et plus faible dans les écoles d’équitation. De plus, l’ancienneté moyenne dans l’établissement des salariés hors dirigeants est de 2,1 ans.
En revanche, les dirigeants sont souvent des personnes expérimentées : plus de 85% exercent leur métier depuis plus de trois ans, et 40% l’exercent depuis plus de 10 ans. 12% ont moins de 25 ans, 68 % ont entre 25 et 45 ans, 20 % ont plus de 45 ans.

Un quart (26 %) des établissements interrogés envisagent l’emploi d’un salarié dans les deux ans à venir. Les diplômes demandés sont avant tout des BEES 1, ou futurs BP (dans 25% des cas), des ATE (28%), des palefreniers (25%) et des apprentis BEES1 (8%), apprentis palefrenier (1 cas) et apprentis Bac Professionnel (1 cas). Lorsqu’ils ne prévoient pas d’emploi, la raison évoquée par les établissements est l’importance des charges et quelquefois le manque d’activité.

Les gérants d’établissements interrogés déclarent à 61% (52 sur 85 réponses) éprouver le besoin d’une formation professionnelle. Ceux qui n’en envisagent pas s’estiment souvent trop âgés. Les formations souhaitées sont d’abord des formations diplômantes (20 réponses) avec, largement plébiscitées le BEES1 (8 réponses), le BEES2 (7 réponses) puis l’ATE (5) et le GTE (4), enfin le passage du permis Poids Lourds (2 réponses). Viennent ensuite des formations sur la pédagogie (7 réponses), l’informatique et la communication (5 réponses) et la gestion, le droit la fiscalité (5 réponses). Beaucoup soulignent une difficulté majeure pour suivre une formation professionnelle : l’impossibilité de quitter leur entreprise pendant plusieurs jours et le manque à gagner que cela représente.

Remarque : les DDJS délivrent chaque année les cartes professionnelles ou un récépissé permettant d’exercer les activités d’encadrement de l’équitation. Cette déclaration à la DDJS est obligatoire pour pouvoir exercer. On voit dans le tableau suivant que les deux diplômes les plus fréquents sont le BEES1, à égalité avec l’ATE, très loin devant tous les autres. Le nombre d’ATE en capacité d’exercer dans l’Aude est proportionnellement très important. Le « vivier » de main d’œuvre peut sembler important il faut cependant relever que :
- certaines personnes peuvent être comptabilisées deux fois, dans le cas où elles auraient deux diplômes,
- certaines personnes ayant quitté la région, ou ayant abandonné la profession peuvent, si elles ont fait la démarche de demande de la carte professionnelle dans les trois années précédentes, être tout de même comptabilisées dans ces données.
Il est à noter que le taux de féminisation est moyen chez les titulaires d’un BEES1 (57%), plus faible pour les ATE (47%), et très élevé pour les BAP (plus de 90%).

⇒ La cavalerie :
- Le cheptel moyen est de 31 animaux dont 15 chevaux et 10 poneys en propriété et 6 équidés en pension. Les centres type tourisme utilisent rarement des poneys (il s’agit plutôt de petits chevaux). Pour les centres pratiquant l’équitation sur poney et sur chevaux, on constate que le cheptel poney peut être inférieur à celui des chevaux et générer pourtant autant voire plus d’activité.
- La provenance des animaux (39 réponses) : les animaux achetés le sont rarement chez les éleveurs professionnels (13% des cas), les établissements équestres préférant s’adresser à des marchands (56% des cas) ou directement à des particuliers (31% des cas). Les raisons invoquées pour passer par un marchand sont un gain de temps et une certaine praticité (reprise de l’animal ne convenant pas, plus de choix…etc.). On constate de plus que ceux achetant à des marchands ne sont pas exclusifs et peuvent acheter chez des éleveurs ou des particuliers. En revanche, certains établissements sont totalement opposés à l’achat chez un marchand.
Les établissements achètent en moyenne 1 poney et 1 cheval par an. Dans 75 % des cas le prix d’achat est inférieur à 1500 euros, dans 17 % des cas il est de 1500 à 2500 euros, dans 8,5 % des cas il est supérieur à 2500 euros. Les équidés achetés ont la plupart du temps entre 3 et 7 ans : ceux de moins de trois ans ne représentent que 8% des chevaux achetés, ceux de plus de 7 ans en représentent 19 %. Les équidés de 3 à 5 ans en représentent plus de la moitié des équidés achetés.
Les qualités recherchées chez un équidé sont avant tout l’éducation, le comportement calme puis la rusticité et la solidité. Cela est indépendant de l’activité principale de l’établissement (école d’équitation ou tourisme). 39% des personnes interrogées se déclarent prêtes à acheter préférentiellement un équidé avec un label de qualité basé sur son éducation, 45% des personnes ne se déclarent pas prêtes, 1% ne se prononcent pas.
Il apparaît que l’achat se fait principalement en fonction des qualités que l’acheteur pense déceler et du prix. La relation de confiance avec le vendeur a également son importance.

Remarque : Beaucoup d’établissements élèvent eux-mêmes des équidés. Parmi les établissements affilés à la FFE, 68 structures équestres élèvent des équidés, dont 44 ont fait naître trois animaux ou plus. 59 structures équestres affiliés à la FFE ont une activité de naissance de chevaux (28 ont eu trois naissances ou plus en 2002), 32 structures élèvent des poneys (11 ont eu trois naissances ou plus en 2002) et 23 structures élèvent à la fois des chevaux et des poneys (16 ont eu plus de trois naissances en 2002) (FFE Internet 2003). On peut considérer, d’après ces informations et l’enquête réalisée, qu’environ 40 % des centres équestres sont également éleveurs, et que sur ceux là, plus de la moitié ont une activité élevage importante (3 produits ou plus par an).

⇒ Les activités proposées :
Il est important de comprendre qu’un seul établissement peut proposer tout un panel d’activités possibles.
- Les centres de tourisme équestre sont axés sur la promenade (pour 88% d’entre eux), la randonnée et parfois le TREC (Technique de Randonnée Equestre de Compétition),
- les écoles d’équitation, pratiquement toutes affiliées à la FFE, proposent prioritairement du saut d’obstacle, du dressage et de la randonnée : ces trois activités sont pratiquées par une très large majorité des écoles. Viennent ensuite le concours complet, la voltige, les pony-games. Les activités proposées sont souvent très nombreuses et variées au sein d’une même école.
Il est également important de souligner que de très nombreux établissements équestres proposent une activité de handisport, ce qui prouve leur rôle important dans le domaine de l’accès au sport et de l’intégration. D’autres disciplines sont également présentes comme l’attelage, le horse-ball, le TREC, avec 60 à 80 clubs proposant chacune de ces activités. D’autres sont moins représentées comme l’endurance (38 clubs), le hunter (29 clubs), l’équitation Camargue (13 clubs), l’équitation western (11 clubs)…etc.

Concernant les installations, seulement 90 à 100 centres sont équipés d’un manège (lieu de travail couvert, permettant la poursuite de l’activité lors d’intempéries), quelques rares établissements en ont deux.

⇒ Aspects économiques :
- L’établissement est presque toujours pour son gérant une source de revenu principale (assurant plus de 50% de ses revenus), rarement une source de revenu complémentaire (assurant 10 à 49 % des ses revenus), très rarement une source de revenu accessoire (inférieure à 10%). Pourtant, un grand nombre de structures déclarent un chiffre d’affaire très faible, inférieur à 10 000 € (rappelons que cette donnée est purement déclarative) et le chiffre moyen déclaré est de 62 265 € par an, ce qui est sans doute inférieur à la réalité. Le chiffre d’affaire annuel total estimé d’après ces informations est de 21 millions d’euros.

Remarque : Une autre méthode consiste à estimer le chiffre d’affaire en prestations d’équitation en fonction du nombre de chevaux. On peut avoir recours aux normes nationales et aux données issues de l’enquête. Le chiffre d’affaire par cheval dépend du type d’établissement : cheval en pension dans les écuries de propriétaire, cheval d’école d’équitation ou cheval de centre de tourisme équestre et estimé au minimum entre 2000 et 3000 € par an. On peut alors estimer le chiffre d’affaire total de ces centres équestres à 30 millions d’euros par an.

- Le chiffre d’affaire est principalement lié aux prestations d’équitation (78% du CA), puis à la vente de pensions (15% du CA), à l’accueil, l’hébergement et la restauration (5%) mais aussi à la vente de produits agricoles (3%). La principale charge sur les établissements est dans la majorité des cas l’alimentation des animaux (56% des réponses), les salaires (15% des réponses), les charges sociales et fiscales (6% des réponses).
Remarque : plus de 8 établissements sur 10 achètent leur foin en région, 9 sur 10 y achètent également leurs céréales et aliments complets ou complémentaires.

Remarque : Le prix moyen de l’adhésion à la structure hors prix de la licence dans le cas des écoles d’équitation est de 73 € pour un adulte et de 57 € pour un enfant. Le prix d’une heure d’équitation est respectivement de 14,6 et 11,8 € dans les écoles d’équitation et de 12,2 et 10,5 € dans les centres de tourisme équestre.

- Concernant les investissements, sur 89 réponses, les trois quarts des établissements déclarent avoir un projet d’investissement dans les deux ans à venir. On constate une grande diversité des besoins. Il s’agit très souvent de « petits » investissements, visant à améliorer les produits proposés plutôt que de proposer de nouveaux produits (on retrouve là le résultat d’une approche qualitative menée par le CRE en 2003). Toutefois, certains projets importants sont également envisagés. Les besoins exprimés les plus fréquents concernent les installations de travail (manège, carrières, pistes de travail…etc.) et les logements des animaux et bâtiments de stockage.
Ainsi, 38 % des établissements sondés envisagent d’investir sur des installations de travail, 29 % sur les bâtiments, 20% sur du matériel roulant (camion de transport, tracteur…etc.) et 18% sur l’accueil. 29 établissements ont chiffré approximativement leur projet :

On constate que les investissements ne sont pas forcément importants en volume et portent en moyenne sur 40 573 €. Les plus gros projets concernent souvent la mise en place d’un manège ou d’un ensemble bâtiments et accueil. De nombreux établissements insistent sur la nécessité de faire travailler leurs animaux sur des sols adaptés (afin de ne pas nuire à leur état de santé) et d’investissement dans un logement assurant un bon confort animal. De plus la nécessité d’améliorer les conditions d’accueil de la clientèle (en terme de sécurité et de confort) est régulièrement relevée tant par les professionnels que par les personnes extérieures à la filière.

Une analyse par type d’établissement (école d’équitation, tourisme, écurie de propriétaire) a paru importante puisque leur fonctionnement et leurs attentes peuvent être différents.

4213. Les «écoles d’équitation»

Elles ont un âge moyen de 10 ans et 14 % ont été reprises ou créées il y a moins de 2 ans. Les établissements travaillant en majorité sur les poneys dominent (45,5% de la catégorie), viennent ensuite les établissements où il n’y a pas d’activité dominante entre l’équitation sur poney et celle sur cheval (34,1%), enfin ceux où le cheval domine (20,4%). Notons enfin que 6 % des structures déclarent une activité de pension co-dominant avec celle d’école d’équitation.

La moitié des « spécialisés poney » déclare une activité sur cheval secondaire et 10% déclarent une activité tourisme équestre secondaire. Pour ceux spécialisés sur les chevaux, 55 % déclarent une activité sur poney secondaire et 11% déclarent une activité tourisme équestre secondaire.
Concernant les statuts, 48,9% sont des entreprises individuelles, 27,7% sont des associations, 14,9% sont des entreprises agricoles, et 8,5 % sont des SARL ou EURL.
La clientèle est locale, mais certains centres ayant développé une prestation d’accueil ou se situant en zone touristique soulignent qu’une clientèle estivale ou vacancière vient compléter leur clientèle à l’année. Ces établissements sont pratiquement tous affiliés à la FFE et leur clientèle est licenciée à 83%. Parfois la clientèle passagère se voit d’ailleurs proposer des licences « vacances » (cartes vacances). Ils vendent en moyenne 115 licences par an.

Ces établissements emploient en moyenne 2,3 ETP, et leur personnel compte toujours au moins un diplômé du BEES1. 27% envisagent d’embaucher dans les deux ans à venir, les besoins étant ciblés sur les titulaires de BEES1 ou des apprentis BEES1 (dans 50% des cas) et les palefreniers (dans 33% des cas). Il est à noter que sur les personnes recherchant des BEES1, la moitié souhaite une spécialisation « poneys ». De plus, les palefreniers en poste dans les établissements sont souvent embauchés sur des temps partiels (dans 62,5% des cas) et réalisent en moyenne un _ temps.
Les établissements possèdent en moyenne 38 équidés dont 15 poneys, 13,5 chevaux et 9,5 équidés en pension. 2 établissements sur 3 achètent leurs équidés en priorité par l’intermédiaire de marchands.

70% des établissements envisagent un investissement dans les 2 ans à venir. Les installations de travail (carrières, manèges, …) sont les plus fréquents (61% des projets concernent ces installations), viennent ensuite à égalité le matériel roulant, les installations d’accueil et les logements animaux ou bâtiments de stockage. Le montant moyen prévu est de 33 264 €. 59% des gérants interrogés éprouvent le besoin d’une formation professionnelle. Arrive en tête le souhait d’une formation au BEES2 (29% des personnes souhaitant une formation) puis de formation sur la pédagogie (19% des cas).

Les chiffres d’affaires déclarés sont parfois loin de la réalité probable et la répartition est donnée plus volontiers par les personnes interrogées. Ainsi, en moyenne le CA des établissements est constitué à 82 % de prestations d’équitation, à 16,5% par les pensions, à 2% par l’accueil et moins de 1% pour la vente de produits agricoles. Il est à noter cependant que certains établissements accueillant des stages ont comptabilisé cette activité dans les « prestations d’équitation » alors qu’une prestation d’accueil peut être fournie. Le chiffre d’affaire annuel moyen évalué en fonction du nombre d’équidé est d’environ 122 000 €.

4214. Les centres de tourisme équestre


L’âge moyen des établissements est de 10 ans et demi, avec 10 % des établissements repris ou créés depuis moins de 2 ans. L’activité tourisme domine seule dans ces structures dans la plupart des cas (88%). Lorsqu’une autre activité co-domine avec le tourisme équestre, il s’agit d’équitation sur poney (7% des cas) ou de pensions de chevaux (5% des cas). Seulement 5 % des établissements proposent des cours d’équitation en activité secondaire.

Ces structures sont souvent des exploitations agricoles (48%), les associations et les entreprises individuelles non agricoles représentant respectivement 35% et 17% des centres.
La clientèle est très diversifiée : elle peut être locale, régionale, nationale ou internationale. Seulement un quart des structures déclarent ne travailler qu’avec une clientèle locale (dans ce groupe, on retrouve les centres offrant des cours d’équitation). Les deux tiers des centres déclarent travailler avec une clientèle régionale, nationale et internationale.
Au niveau régional, la comparaison entre les données FFE et l’identification de l’ensemble des structures permet d’évaluer à un peu plus d’un tiers la proportion de ces centres affilés à la FFE (FFE, DDJS, France Télécom 2003). Un quart de la clientèle est licenciée (24,9 %).

Les établissements emploient en moyenne 1,5 ETP et 22 % d’entre eux envisagent d’embaucher dans les deux ans à venir. Le profil le plus recherché est le titulaire de l’ATE (67% des cas) mais aussi le palefrenier (22%des cas) et parfois le BEES1 (sans doute pour diversifier l’activité vers les cours d’équitation).
Le cheptel est composé en moyenne de 24 équidés, avec 17 chevaux, 5 poneys et 2 équidés en pension. Ce cheptel est donc différent de celui des écoles d’équitation.
61% des personnes interrogées envisagent d’investir dans les deux prochaines années. L’investissement le plus fréquent concerne les bâtiments de stockage et de logement des animaux (dans plus de 50% des cas), puis les installations de travail et enfin les structures d’accueil.
49 % des gérants éprouvent le besoin d’une formation professionnelle et le BEES1 arrive avec l’ATE en tête des formations demandées (25% des souhaits exprimés pour chacun), le GTE étant également cité (15% des souhaits).

Concernant la répartition du chiffre d’affaire, la vente de prestations d’équitation reste dominante : plus de 80% du CA en moyenne. Il est intéressant de noter que l’activité pension est plus faible que dans les écoles d’équitation (5,5%), que les activités d’accueil et de vente de produits agricoles sont plus importantes (respectivement 9,5 et 5,5%). Le chiffre d’affaire annuel moyen estimé à partir du nombre de chevaux est de 62500 €. On voit donc qu’en moyenne, ces établissements ont une dimension économique inférieure à celle des écoles d’équitation, sans doute du fait de leur saisonnalité plus marquée.

4215. Les écuries de propriétaires

Les établissements spécialisés avec cette activité dominante seule sont peu nombreux dans l’échantillon. Il s’agit le plus souvent d’entreprises (SARL ou EI), les associations étant beaucoup plus rares. Il s’agit de structures plus jeunes que dans les catégories précédentes (en moyenne 5 ans). La clientèle est bien sûr locale et souvent licenciée mais dans une proportion moindre que dans les écoles d’équitation. La plupart de ces structures sont affiliés à la FFE. Elles emploient en moyenne 1,2 ETP, les formations des personnes travaillant étant très diverses. Le cheptel est assez faible : environ 13 équidés en pension plus 5 chevaux en propriété (les poneys y sont peu nombreux).
La jeunesse de ces structures va de pair avec leur dynamisme : toutes envisagent des investissements dans les deux ans à venir, parfois importants (en moyenne environ 60 000 euros), et presque tous les gérants interrogés éprouvent le besoin d’une formation professionnelle (souvent en gestion, droit, fiscalité ou relative à l’équitation).
Le chiffre d’affaire est très variable. Il peut être estimé, à partir des chiffres les plus fiables fournis et du cheptel moyen à environ 52 000 € en moyenne. Il est principalement dû aux pensions et travail des chevaux (67%) et aux prestations d’équitation (32%).

Remarque : cette activité de pension est particulièrement développée dans les zones périurbaines. Dans ces zones, l’offre de pension peut être inférieure à la demande. De ce fait, même si une déclaration est théoriquement obligatoire (au moins auprès de la DSV), celle-ci est rarement faite et beaucoup de particuliers prennent des chevaux en pension. Les professionnels du cheval considèrent cette activité comme une concurrence déloyale.

Les groupements équestres affiliés à la FFE

On compte 288 groupements affiliés à la FFE en Languedoc-Roussillon en 2002. Les groupements affiliés ne sont pas nécessairement des établissements équestres : il peut s’agir d’associations de cavaliers ou d’associations d’organisation de concours par exemple. Les « CLAG » et les « CLAF » correspondent aux clubs, les « ORAG » et les « ORAF » correspondent aux organisateurs, sous entendu organisateurs de compétitions équestres. Dans les catégories CLAF et les ORAF sont rassemblées les structures associatives, les CLAG et ORAG étant des structures non associatives. Cependant cette classification est peu satisfaisante car certains clubs peuvent être affiliés à la FFE en tant que ORAG ou ORAF. De plus, certains clubs ont développé, en parallèle de leur activité, une association d’organisation de concours d’équitation. Ces données doivent donc être exploitées avec précaution mais présentent l’intérêt d’une possibilité de comparaison dans le temps (évolution du nombre de groupements affiliés) et l’espace (comparaison avec d’autres régions).
La région se situe en 2002 au 9ème rang national en terme de nombre de groupements équestres affiliés et au 10ème rang national en terme de nombre de clubs affiliés (voir tableau suivant). En 2002, sur les 276 groupements affilés à la FFE, on compte 169 clubs.


4216. La perception de l’activité et les attentes

Les principales difficultés énoncées proviennent :
- de la non reconnaissance du caractère agricole de l’activité (les personnes rencontrées soulignent que les établissements cotisent pourtant à la MSA, payent souvent un montant important de taxe sur le foncier non bâti). Ceci va de pair avec une difficulté d’accès au foncier et un manque d’information et de soutien auprès des Organisations Professionnelles Agricoles.
- du problème des statuts des établissements, source d’iniquités et de tensions dans la filière car notamment liée à une inégalité face à la fiscalité et aux dispositifs d’aides (GHN 2002),
- d’un manque d’adaptation de l’offre et de la demande (cf. partie « une nécessaire adaptation de la demande ? »),
- du poids des investissements nécessaires, d’autant plus marqué avec les besoins croissants en qualité du produit et le durcissement de la réglementation.

Cependant, la grande majorité des personnes rencontrées en entretien pensent que les activités équestres sont en augmentation sur la région.
Sur les réponses écrites à l’enquête, 58% des personnes interrogées pensent que les activités équestres en Languedoc-Roussillon sont en augmentation, 36% pensent qu’elles stagnent et seulement 6% pensent qu’elles diminuent.
Cependant, beaucoup relèvent que le nombre de structures équestres augmente, parfois de façon déconnectée de la demande et que la durée de vie des établissements diminue. Ils insistent alors sur le nécessaire travail sur la qualité de l’offre plus que sur sa quantité. On retrouve cela dans l’analyse réalisée par le CRE (Equit Info Juillet 2003). Celle-ci abouti à la conclusion suivante : « on dénote par cette enquête un réel besoin d’amélioration de la qualité et non de développement ».

Plus précisément, il ressort donc qu’il faut plus travailler sur le développement, c'est-à-dire sur l’amélioration qualitative et durable de ces activités que sur leur croissance, c'est-à-dire leur augmentation quantitative. Par exemple, un accompagnement de la démographie des entreprises équestres et une démarche qualitative forte sont sans doute plus que jamais nécessaires.

4217. Les démarches de qualité

Des procédures de labellisation ont été mises en place par le CNEFE (Centre National des Ecoles Françaises d’Equitation) et le CNTE (Comité National de Tourisme Equestre). Il existe trois principaux labels : le label Poney-Club et le Label Cheval Club, sous la dénomination commune d’« Ecole Française d’Equitation » (labels CNEFE) et label Centre de Tourisme Equestre (label CNETE : cf. 422).
La labellisation par le CNEFE (cf. annexe 19) est basée sur un cahier des charges et un contrôle réalisé par un évaluateur. Le tableau ci-dessous reprend les adhésions au CNEFE en 2003 et montre que cette démarche de qualité a été moyennement à faiblement suivie en Languedoc-Roussillon. Prochainement, le CNEFE proposera des labels de spécialité, fonction des disciplines ou activités pour lesquelles le centre est spécialisé. Les chartes du CNEFE et du CNTE pourraient pourtant être l’une des pistes à suivre pour améliorer l’offre régionale de produits équestres.

Remarque : la DRJS coordonne les services de l’état (éventuellement DDSV, DDASS…etc.) lors de contrôles sur les structures équestres. Il est remarqué que sur les 60 à 70 points d’équitation contrôlés par an, les dysfonctionnements sont de moins en moins nombreux. Selon les experts rencontrés, les structures axées sur le tourisme à proximité du littoral notamment ont fait des progrès importants tant sur la formation du personnel que sur le respect des obligations (administratives, sanitaires...etc.).

Une nécessaire évolution de l’offre ? (cf. annexe 20)

La dimension commerciale et la nécessaire rentabilité ont fait évoluer la relation entre l’enseignant d’équitation et les clients. En effet, « Durant ces trente dernières années, les activités équestres ont connu de grands bouleversements : massification, féminisation, diversification des pratiques, émergence de l’équitation de plaisance, développement des centres équestres, accroissement du secteur privé » (C. Tourre-Malen, Equi’idée printemps 2003 n°46). L’enseignement « classique » de l’équitation de la fin des années soixante-dix est imprégné de la tradition militaire : « la relation enseignant/enseigné était basée sur la subordination » « la demande s’adapte à l’offre » « une instruction contraignante, difficile et appuyée sur un enseignement mortifiant » (C. Tourre-Malen). Le développement du secteur privé (augmentation de 190 % du nombre d’établissements professionnels entre 1981 et 1993) et de l’équitation de plaisance a fait évoluer cette relation. Les professionnels et la FFE souhaitent adapter l’offre à la demande, de façon à attirer de nouveaux cavaliers et à ne pas en perdre. Le développement de l’équitation à poney, du tourisme équestre, d’une équitation perçue comme un loisir amène à ne plus se centrer uniquement sur la recherche de la performance sportive (V. Chevalier, 1998, « Pratiques culturelles et carrières d’amateurs : le cas des parcours des cavaliers dans les clubs d’équitation » Sociétés contemporaines).

Chaque cavalier est donc à la fois élève et client et chaque enseignant porte le double statut de « maître » (traditionnel) et de prestataire de service. Cependant, « se mettre au service des individus et enseigner paraissent répondre à des logiques différentes ». Ceci peut déstabiliser certains enseignants, attachés à la qualité et au contenu de l’apprentissage (le geste juste, les efforts et la persévérance nécessaire, les valeurs de l’équitation …etc.) (C. Tourre-Malen, 2003).
Ajoutons que l’attrait des personnes pour l’équitation réside selon les personnes interrogées dans le rapport avec la nature et les paysages (pour 75 %), le sentiment de liberté et d’évasion (pour 57%), la communion avec l’animal (pour 54%). 71% des enquêtés pensent que l’équitation est un loisir avant d’être un sport. Il est très intéressant de constater que pour les personnes n’étant jamais monté à cheval, celles-ci énoncent l’absence de structure équestre ou leur non connaissance à proximité de leur domicile (49%) et le coût de l’activité (38%). Ajoutons que 92% des personnes sondées estiment que l’équitation est une activité coûteuse. (Equi’idée n°46, 2003, d’après le Ministère des Sports, l’INSEP et la FFE).

Selon les professionnels de la région rencontrés, il existe parfois un décalage important entre ce que les clients viennent chercher et ce qu’il leur est proposé, notamment pour la clientèle adulte. La peur de la chute, l’impression de ne pas progresser, l’obligation de passer des examens, repoussent de nombreux cavaliers et le taux d’abandon précoce est apparemment élevé. Une étude récente, publiée dans la Revue de l’Equitation Française (FFE) réalisée par le CNEFE démontre entre autres que la dangerosité de l’équitation est le premier facteur d’abandon de l’activité, mais aussi que «le CSO est la discipline la plus pratiquée par ceux qui poursuivent l’équitation. Ceux qui ont arrêté préféraient la ballade (…)» (REF n° 37, Sept 2003).
Plusieurs remarques faites au cours des entretiens vont dans ce sens : «Il faut développer les types d’équitation que les clients demandent» ; «nationalement, 8 adultes sur 10 ne finissent pas l’année», «l’image de la compétition peut éloigner le débutant du club » ; « il faut vendre ce qui est rentable».
Certains insistent sur l’importance du rôle pédagogique et sur la notion «d’école» d’équitation, pour attirer une clientèle jeune (cette notion rassurant les parents). Ils soulignent également que la concurrence existe avec d’autres activités d’extérieur ou d’autres pratiques sportives : «ici (ndlr : en Languedoc-Roussillon), il y a tellement d’autres loisirs possibles que ce n’est pas facile de les capter» «nos concurrents, c’est aussi les clubs de football, de gymnastique ou de tennis». Selon les mêmes professionnels, un travail important est également à faire sur l’accueil et sa qualité, tant au niveau des structures que de la ressource humaine.

4218. Deux activités originales : Les entreprises de spectacle et les centres de repos


Etant donné le faible nombre de structures, cette partie de l’étude a été basée sur des entretiens téléphoniques réalisés à partir d’un guide d’entretien et soumis aux structures repérées sur une base France Télécom / L’Eperon (annuaire annuel L’Eperon 2002). Nous avons repris le descriptif de chacune des structures contactées.

Les entreprises de spectacle :

Structure 1 : Monsieur X pratique l’activité de spectacles équestres depuis plus de 20 ans. Il a le statut d’intermittent du spectacle. Il possède 10 chevaux de spectacle et achète ses poulains, à l’âge de 6 mois à trois ans au Portugal. Il organise une centaine de spectacle par an, notamment grâce à une convention avec une grande municipalité de l’Aude. La partie logistique (costumes, matériel…etc.) est confiée à un associé. Selon Monsieur X, l’activité est en fort développement depuis environ dix ans, mais elle exige de vrais professionnels, ce qui n’est pas toujours le cas. Monsieur X insiste sur la nécessité de spectacles de qualité, donc de personnes formées et compétentes.
Structure 2 : la conception de spectacles équestres est la seule activité de l’entreprise, la partie réalisation de spectacle est séparée. Les spectacles organisés sont variés mais toujours avec une base cheval. Elle détient 24 chevaux de spectacle plus une cinquantaine de chevaux d’élevage ou en préparation. La plupart viennent du Portugal pour des raisons de choix et de prix.
L’entreprise compte une douzaine de salariés et a recours lors des spectacles à des intermittents (une trentaine de personnes pour chaque spectacle, mais ce chiffre est variable). Environ 60 représentations sont organisées par an. L’activité est volontairement limitée mais la demande existe pour davantage de manifestations. Les spectacles sont organisés soit dans un théatre mobile (1500 places), soit sur des salons. Le matériel investit représente plus de 700 000 euros. Selon le responsable, l’activité est en plein développement, mais aussi en mutation : on demande de plus en plus de qualité (par exemple sur la gestion des éclairages, des sons, de la salle). Il y a un besoin de professionnalisation.
Structure 3 : en activité depuis 5 ans, il s’agit d’une activité secondaire pour Mlle X âgée de moins de 30 ans, qui exerce par ailleurs un métier à temps plein. Elle possède un cheval et réalise l’activité de spectacle en amateur. Elle est présente sur des fêtes du cheval, des salons spécialisés : 5 à 10 manifestations par an. Son activité lui semble stagnante car les associations commandant des spectacles équestres ont de moins en moins de moyens financiers à leur disposition.
Structure 4 : En place depuis 7 ans, Monsieur Y, âgé de moins de 30 ans, gère seul son entreprise individuelle aux activités diversifiées : dressage, élevage, vente, pensions de chevaux. Il possède environ 35 chevaux et est affilié à la MSA. Il réalise environ 20 spectacles par an, dans la région et à l’étranger. Il s’agit de salons spécialisés ou bien de fêtes de villages. Selon lui, l’activité est en développement, mais le nombre d’équipes de spectacles équestres l’est aussi, et il faut donc « partager le gâteau ».

Les centres de repos :

Cette activité paraissait intéressante à étudier étant donné l’augmentation du nombre de chevaux âgés, l’attachement des propriétaires à leur animal qui les conduit à le laisser en vie même lorsqu’il n’est plus utilisable et la difficulté d’accéder au foncier de certains propriétaires de chevaux.
Deux centres de ce type de la région ont été contactés : il s’agit en fait de centres recevant les chevaux âgés ou maltraités, qui peuvent provenir du Languedoc-Roussillon ou d’autres régions. Ils fonctionnent sous un statut associatif. Ces deux structures sont en place depuis plus de 10 ans. L’une accueille plus de 170 équidés, l’autre environ 25. Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’une activité rémunératrice. L’activité de pensions d’équidés âgés n’est pas rentable, du fait de retards puis de non paiement des pensions. Une source de revenus extérieure permet de subvenir aux besoins de ces structures. Il n’y a pas de salariés. Les centres sont tous deux gérés par des femmes. L’une des responsables estime que son association joue un rôle de « service public », notamment parce qu’elle sert de lieu d’accueil aux animaux en divagation et aux animaux saisis, qu’il est difficile d’abattre pour les pouvoirs publics, pour des raisons d’image.

422. Le tourisme équestre

Par souci de clarification des termes employés, nous avons choisi de considérer comme tourisme équestre la pratique de l’équitation sous toutes ses formes (dont la promenade et la randonnée) par une clientèle extérieure à la région. La pratique de cette activité est importante en Languedoc-Roussillon. Le tourisme équestre va de la ballade à cheval sur les plages de notre littoral aux randonnées au long cours dans l’arrière pays, en passant par les stages d’équitation ou les séjours équestres.
Notons encore que le cheval participe à l’image de notre région (le cheval Camargue notamment) et que le tourisme ainsi induit, même s’il n’est pas comptabilisé comme tourisme équestre, est probablement important.

La grande majorité des professionnels interrogés soulignent l’importance de cette activité et son formidable potentiel dans notre région aux multiples attraits. Pourtant ce potentiel reste encore largement sous exploité. Certaines réussites (la Drôme à Cheval, le grand huit du Jura) pourraient inspirer les acteurs régionaux, d’autant que des produits comme les Châteaux Cathares ou le Parc National des Cévennes sont particulièrement attractifs. De plus le climat de notre région permet d’étendre la saison d’activité au delà de la traditionnelle saison estivale, beaucoup plus facilement que dans le Jura par exemple.
Le contexte général est largement favorable : le tourisme équestre bénéficie à la fois du développement des pratiques sportives et de loisir en général, de l’équitation en particulier, de l’engouement pour les activités physiques de pleine nature, des montées des valeurs liées à l’environnement et au tourisme rural (CRT / AME, 1999).

4221. Contexte général, structuration professionnelle

3 structures principales représentent le tourisme équestre :

- le CNTE, Comité National de Tourisme Equestre est une association déclarée d'utilité publique et un organisme déconcentré de la Fédération Française d'Equitation à laquelle il est relié par une convention qui délègue au CNTE les actions relatives au développement et à la promotion du tourisme équestre. Le Comité Régional de Tourisme Equestre représente le CNTE au niveau régional, il est relié au Comité Régional d' Equitation (cf. 423) par une convention. Ses élus siègent au CRE, mais le CRTE a conservé son autonomie financière et sa structure propre (cf. annexe 31),
- la FRETE, Fédération Française des Relais d’Etape de Tourisme Equestre, gère la labellisation de certains hébergements et le suivi d’itinéraires,
- et le SNETE, Syndicat National des Entreprises de Tourisme Equestre.

Les missions du CRTE :

- développer le goût et la pratique du tourisme équestre, de la randonnée, des raids, de l'équitation et de l'attelage de loisirs sous toutes leurs formes, et participer conformément aux directives du CNTE aux activités de formation, d'animation et de compétition liées au tourisme équestre,
- défendre les chemins et sentiers et leur libre utilisation, de créer des itinéraires de randonnées équestres et de relais d'étape,
- orienter et de coordonner l'activité des centres de tourisme équestre, de randonnées et d'équitation de loisirs et des relais équestres. De représenter et de défendre les intérêts matériels et moraux des cavaliers ou des structures les représentant auprès de toutes instances, en tous lieux et toutes communes,
- développer toutes actions en faveur de l'environnement et de sa protection, en liaison étroite avec les administrations concernées et tous partenaires oeuvrant dans le même esprit,
- participer aux actions de développement économique et touristique dans le cadre de l'aménagement du territoire en liaison avec les administrations et les partenaires concernés (CRTE, site Internet, Juin 2003).
En terme de promotion, le CRTE communique sur les lieux phares de la région : le Parc Naturel du Haut Languedoc, Les châteaux du Pays Cathare, les grands causses, les Cévennes et l’Aigoual, les Pyrénées Catalanes. Il édite une brochure de documentation reprenant notamment les principaux attraits de la région, les calendriers des manifestations de tourisme équestre, la liste des établissements et des hébergements. Le CRTE participe également aux manifestations équines type « Salons du Cheval ». Un site Internet est également en cours de construction et reprendra l’ensemble de ces informations, des propositions d’itinéraires, le tout ayant l’intérêt d’une réactualisation permanente.

En 1999, le CRT relevait « des structures professionnelles en retrait et des interventions institutionnelles limitées : il n’existe pas de véritable stratégie offensive spécifique au tourisme équestre » et ajoutait : « on remarque une certaine complexité du contexte national : structures fédérales aux multiples missions, nombreuses structures périphériques plus ou moins impliquées… n’ayant pas permis l’émergence d’une classification nationale claire et la lisibilité de l’offre » (Tourisme équestre en Languedoc-Roussillon, CRT / AME, 1999).
Aujourd’hui, le tourisme équestre manque encore d’organisation : ses acteurs ne sont pas suffisamment unifiés et mobilisés, les projets collectifs sont trop rares, l’amélioration de la qualité est trop souvent le fruit de démarches individuelles.

4222. La clientèle

Elle a été étudiée au 421. Nous reprenons ici les conclusions.

La clientèle du tourisme équestre est très diversifiée et mal connue : occasionnels, réguliers, réguliers licenciés, locaux, étrangers. Seulement un quart des structures déclare ne travailler qu’avec une clientèle locale (dans ce groupe, on retrouve les centres offrant des cours d’équitation). Les deux tiers des centres déclarent travailler avec une clientèle régionale, nationale et internationale. Un quart de la clientèle est licenciée (24,9 %).
La clientèle étrangère originaire des Pays bas, d’Allemagne de Belgique, de Suisse, d’Angleterre, d’Espagne et d’Italie existe mais elle est exploitée de façon trop ponctuelle : soit pour des prestations de promenades à proximité du littoral ou de sites remarquables (clientèle opportuniste), soit pour la randonnée, par l’intermédiaire de tour-opérators (quelques prestataires spécialisés).

Les établissements basés sur la promenade et la randonnée travaillent avec une clientèle d’origine diverse et peu fidèle : elle est locale à 34%, internationale à 31%, nationale à 23%, régionale à 12%. Les clients sont souvent passagers (34%), clients depuis moins d’un an (8%), clients depuis 1 à 2 ans (32,5%) ou fidèles depuis plus de 2 à 4 ans (21%), ou plus de 4 ans (5%).Cependant il faut noter qu’à la fois l’origine de la clientèle et sa fidélité sont dans cette catégorie très variable d’un établissement à l’autre.
Rappelons que selon l’AFIT l’équitation est considérée par la grande majorité des français comme un loisir et que sur les français étant déjà montés à cheval, ceux ayant poursuivi de façon plus ou moins régulière l’équitation ont pour la majorité une activité de balade randonnée (cela représente presque 8% des français). Il existe donc probablement un potentiel de clientèle sous-exploité. Ceci peut être dû au fait que le profil du client est trop souvent limité au passionné d’équitation, le tourisme équestre étant encore trop lié à l’apprentissage classique de l’équitation, perçue comme réservée aux initiés (CRT / AME, 1999).

On observe que la diversité et la segmentation de la clientèle sont insuffisamment prises en compte : pratiquant occasionnel, randonneur propriétaire de son cheval, jeunes, familles…etc. Une étude régionale de la clientèle actuelle et potentielle et de ses attentes est un préalable indispensable au développement de l’activité.

4223. L’offre de tourisme équestre

Les produits proposés :

Le tourisme équestre propose sur la région un ensemble varié de produits.

Les séjours équestres consistent à héberger le client sur une structure sur laquelle ou à proximité de laquelle il trouvera des prestations d’équitation (une variante consistant à accueillir pour un séjour le client avec son propre cheval). De très nombreux établissements équestres proposent cette activité, surtout en été à destination des enfants, mais cela ne représente souvent qu’une activité accessoire ou complémentaire.

La promenade à l’heure s’adresse plutôt à des cavaliers débutants et de passage, à proximité de sites touristiques. La clientèle est principalement opportuniste.

La randonnée accompagnée peut durer de 2 jours à plusieurs semaines, avec différents niveaux de confort (au niveau de la restauration et de l’hébergement). Les professionnels de la randonnée louent leurs équidés et accompagnent leurs clients sur des itinéraires qu’ils ont établi. Ils sont peu nombreux sur la région à être spécialisés sur cette activité (10 à 20 selon le CRTE). Ils peuvent proposer des randonnées « clés en main » et travailler avec les tours opérators, des comités d’entreprises, l’UCPA…etc. Certains proposent des « baby-randos », se déroulant à poneys, à destination des enfants. L’activité de randonnée est également proposée par beaucoup d’écoles d’équitation, en été, mais il ne s’agit pas dans ce cas de leur activité principale.

La location de chevaux sans accompagnement est aussi possible, mais cette activité est peu présente. En revanche, la location d’ânes se développe en particulier en Lozère, sur les traces de Stevenson. Elle semble bien adaptée à une clientèle familiale : l’âne permet d’agrémenter la randonnée pour les enfants (présence de l’animal, soins à lui procurer, moins de charge à porter pour les marcheurs, possibilité de monter sur l’âne pour les plus jeunes). Les professionnels de la région se sont regroupés en association. La location de roulottes est aussi possible.

Enfin, la randonnée indépendante : les clients possèdent leur propres chevaux et randonnent de façon autonome. Hébergement et nourriture peuvent se faire en gîte, auberge ou en autonomie. Cette clientèle se rapproche de celle des marcheurs indépendants, mais a toutefois besoin de nourrir les animaux : elle est donc davantage tributaire d’un passage par des structures d’hébergement adaptés. Elle a besoin d’itinéraires et d’hébergements sûrs et pérennes.

L’AFIT a mené en 1995 une étude sur les produits du tourisme équestre au niveau national :

La ballade est l’activité la plus fréquemment pratiquée par les cavaliers (60%), puis vient la randonnée (20%) et enfin les séjours d’équitation et l’activité d’attelage (10%).
⇒ 20 % de la clientèle souhaite des randonnées d’une semaine avec hébergement confortable (chambre d’hôte ou gîte). Cette clientèle est active, parisienne, d’un bon niveau équestre. 50% des clients souhaitent partir accompagnés d’un guide. La randonnée se ferait avec des amis (56% des interviewés), en couple (43%), en famille (21 %), en groupe organisé (18%) ou seul (5%). Pour les trois quarts des personnes, la saison privilégiée est l’été.
⇒ 16 % de la clientèle souhaite des randonnées d’un week-end, avec hébergement en gîte ou chambre d’hôtes. Il s’agit d’une clientèle issue de professions intellectuelles supérieures, d’un niveau équestre hétérogène (un tiers ont un niveau équestre inférieur au galop 3), souhaitant être accompagnée (à 71%), partant avec des amis (60%), en couple (30%), en famille (25%) ou en groupe organisé (14%). La saison privilégiée est le printemps (50%).
⇒ 10% de la clientèle souhaite des séjours équestres avec hébergement en chambre d’hôtes ou gîtes. Cette clientèle est surtout féminine (71%), très jeune, d’un bon niveau d’équitation (67 % équivalent au galop 5 ou plus), souhaitant un accompagnateur (84%), séjournant au printemps (35%) ou l’été (25%), avec des amis (57%), en couple (33%) ou en famille (26%).
⇒ 10% de la clientèle souhaite des randonnées d’une semaine avec hébergement en tente. C’est une clientèle jeune (84% ont moins de 34 ans), parisienne (36%), de tous niveaux équestres, pratiquant la balade de quelques heures (81%). La randonnée souhaitée est accompagnée (pour 2 personnes sur 3), au printemps ou en été et avec des amis (65%), en couple (48%) et peu en famille (11%) ou en groupe organisé (7%).

Les établissements :

Les centres spécialisés sur le tourisme équestre représentent un peu moins de la moitié des établissements équestres de la région (plus de 160 points d’équitation). Nous en avons vu les principales caractéristiques (Cf. 4212). Qualitativement, on peut isoler 3 types de tourisme équestre, isolés géographiquement et ne proposant pas les mêmes produits :
- Le tourisme équestre du littoral : très spécialisé, basé sur l’accueil d’une clientèle touristique, voire étrangère, pas forcément cavalière et proposant des activités de promenade (d’une heure à la journée). L’activité est, bien sûr, très saisonnière et liée à la fréquentation balnéaire. Le Grau du Roi, la pointe de l’Espiguette, mais aussi le littoral Audois par exemple sont des lieux importants, mais on retrouve également ce type de tourisme à proximité de sites remarquables. Ces professionnels peuvent éventuellement travailler en collaboration avec un lieu d’hébergement (camping, hôtel…) ou en être propriétaires.
- Le tourisme équestre « périurbain » : basé sur l’exploitation de la proximité d’une agglomération, proposant des activités de promenades, parfois de randonnée. Il s’agit plutôt de centres d’équitation « loisir » que de véritable tourisme équestre, la clientèle étant, pour une part importante, locale. Il ne s’agit cependant pas d’écoles d’équitation, dans la mesure où on n’y trouve pas de moniteur (titulaire d’un brevet d’état).
- Le tourisme équestre d’arrière pays ou de montagne : il est basé sur la randonnée de plusieurs jours (accompagnée ou autonome) mais aussi sur des séjours d’équitation sur des structures proposant l’hébergement et des prestations équestres (il peut s’agir de fermes équestres). La clientèle est alors touristique et étrangère.
Ces trois catégories sont bien sûr perméables. Il est par exemple remarqué que certains « ranchs » du littoral, avec la sédentarisation de la population sur les stations balnéaires, se tournent vers une activité se rapprochant davantage du tourisme périurbain ou de l’école d’équitation, et embauchent par exemple un moniteur BEES1.

En dehors de ces structures spécialisées, quasiment tous les établissements équestres proposent des activités de tourisme, d’après les experts rencontrés. En effet, en particulier pendant la saison estivale, même les écoles d’équitation, plus orientées sur d’autres disciplines, organisent des randonnées pour leurs clients réguliers voire pour des clients passagers. Par exemple, chez les établissements affiliés à la FFE, 153 proposent la randonnée, et 167 groupements équestres affiliés à la FFE délivrent des licences « tourisme ».

Les hébergements
:

Méthodologie : pour identifier les structures proposant l’hébergement de cavaliers en Languedoc-Roussillon, nous avons travaillé sur la base de la connaissance du terrain des professionnels, avec le soutien précieux du Comité Régional du Tourisme Equestre. En effet, aucune base de données ne permet de connaître toutes les possibilités d’accueil sur la région. Une enquête téléphonique a ensuite été réalisée sur un échantillon aléatoire de 50 structures.

La région compte plus de 240 points d’hébergements possibles pour les cavaliers (cf. tableau 63). Derrière ce chiffre important se cache en réalité une certaine hétérogénéité dans les prestations proposées et un travail de communication et d’organisation important reste à faire. Quelques tendances importantes ressortent cependant :
L’activité d’accueil de cavaliers n’est jamais une activité principale. Il s’agit souvent d’une activité de complément pour des établissements équestres, des éleveurs équins, des campings, des agriculteurs ayant des chambres d’hôtes, des hôtels restaurants. La restauration est proposée dans l’immense majorité des cas.
Quant l’activité d’hébergement est dominante, l’hébergement de cavaliers est toujours accessoire : il s’agit presque toujours d’hébergements ouverts à l’ensemble des pratiques itinérantes. La clientèle « cheval » représente alors une faible part de l’activité. Cependant, certaines personnes interrogées nous ont fait part de l’importance croissante de la randonnée pédestre accompagnée avec des ânes.
Seuls quelques lieux d’hébergements (moins de 5%) sont spécialisés cavaliers : il s’agit alors d’établissements équestres ou d’éleveurs de chevaux pour qui l’hébergement est une activité accessoire ou complémentaire.

Les hébergeurs peuvent être séparés en 3 groupes :

- Les hébergeurs purs (43% dans notre échantillon), dont l’activité principale est l’accueil et la restauration. Il s’agit pour la majorité de gîtes d’étape, ouverts à toutes les pratiques itinérantes, de tables et chambres d’hôtes, d’auberges (4 dans notre échantillon), et de campings (3 dans l’échantillon).
Les hébergeurs de cette catégorie ne disposent pas de structures d’accueil en dur pour les chevaux (boxes, stalles) et les animaux sont placés dans des prés ou des parcs appartenant à l’hébergeur ou prêtés pour l’occasion. L’investissement pour des bâtiments d’accueil des chevaux ne leur parait pas rentable. La capacité moyenne d’accueil est de 10 places pour les chevaux, de 23 lits et de 23 couverts. 47% adhérent à une charte de qualité (à « Gîtes de France » dans 90% des cas). L’activité liée au cheval est accessoire pour ces structures (plus de 90% accueillent moins de 50 cavaliers par an). 19% ont des clients effectuant des séjours équestres, mais cette clientèle est toujours minoritaire par rapport à la clientèle de passage.

- Les agriculteurs (41% dans notre échantillon), proposent des prestations d’accueil très variées : ferme auberge, gîtes ruraux, tables d’hôtes, chambres d’hôtes. Pour eux, l’activité d’accueil est le plus souvent complémentaire (dans 70% des cas) à l’activité agricole, c'est-à-dire représente 10 à 50 % de leur chiffre d’affaire. Seulement 15% des structures n’accueillent que les cavaliers (à l’exclusion des pédestres et des VTT) : il s’agit toujours d’élevages équins ou de fermes équestres. Les chevaux peuvent être hébergés au pré ou en paddocks, mais un tiers des structures proposent également des boxes et 15% proposent des stalles. La capacité moyenne d’accueil est de 16 chevaux, de 18 lits et de 26 couverts. 30 % de ces structures ont des clients effectuant un séjour équestre et dans la moitié des cas cette activité est supérieure à celle des clients de passage. L’activité liée à l’accueil de cavaliers est là aussi souvent limitée (92 % reçoivent moins de 50 cavaliers par an).

- Les établissements équestres et autres structures (16% de l’échantillon) : il s’agit de centres équestres, de mairies proposant par le biais d’une association une activité d’accueil, ou de personnes réalisant cette activité en complément d’une autre activité non agricole (salariés, retraités …etc.). Il s’agit d’un groupe hétérogène mais où l’activité d’hébergement de cavaliers est toujours désignée comme accessoire.

4224. Les itinéraires

La mise en place et l’entretien d’itinéraires équestres sont souvent mis en avant comme la condition nécessaire du développement de cette activité. La région a mis en place une grande « transéquestre » ou dorsale équestre, qui traverse l’ensemble du Languedoc-Roussillon, d’Est en Ouest. Elle constitue un bon support à partir duquel pourrait se développer en complément des circuits courts, en boucle, correspondant à la demande actuelle d’après les personnes ressources interrogées.

On trouve également d’autres itinéraires régulièrement entretenus et balisés (sentiers cathares, réseau vert, drailles de Lozère...etc.). Environ 2500 kilomètres d’itinéraires sont reconnus et balisés dans la région : dans l’Aude (200 kms de transéquestre et 400 kms de variante équestre des sentiers cathares et des boucles de pays), dans le Gard (350 à 400 kms entre la transéquestre, deux boucles dans le Viganais et une boucle proche de Génolhac), dans l’Hérault (300 kms de « transéquestre », dont 140 de commun avec le réseau vert), en Lozère (1100 kms balisés environ).
La tendance est à la mise en place de réseaux communs aux 3 pratiques itinérantes (Pédestre, VTT, et équestre). Cependant, les besoins spécifiques à l’équitation (en terme de balisage et de sécurité notamment) ne sont pas toujours pris en compte dans ces équipements.

Précisons également qu’il est aujourd’hui pratiquement impossible de connaître avec précision sur un PDIPR la part des itinéraires empruntables à cheval. Pour le cavalier autonome, connaître l’ensemble des itinéraires empruntables sur la région est encore impossible. Bref, le cavalier indépendant ou le professionnel n’ayant pas reconnu le terrain ne peut pas être sûr que « ça passe partout », ce qui est la première question que se pose un cavalier avec celle de son hébergement.

Des itinéraires bien identifiés, sûrs et bien balisés permettant à une clientèle de non passionnés d’accéder plus facilement au tourisme équestre seraient sans doute les bienvenus. Les itinéraires doivent être pensés en relation avec des structures d’hébergement pérennes et de qualité.

4225. Les démarches de qualité

Concernant les centres de tourisme équestre :
On compte 21 centres labellisés CNTE. Il s’agit d’établissements affiliés à la FFE, délivrant au minimum 15 licences fléchées « tourisme équestre » et remplissant un certain nombre de conditions en matière d’information et signalisation, de structures d’accueil et d’activité. Ce label est attribué pour deux ans, par une commission régionale composée de professionnels désignés par le CRTE et le CDTE concerné. Une très faible minorité des centres sont donc labellisés (10 à 15 % environ).
Concernant l’hébergement
La FRETE regroupe des exploitants de relais d’étape polyvalents ou spécifiquement équins et a pour objet de coordonner et promouvoir les activités des relais et les itinéraires, d’attribuer un label, de participer à l’accueil et à l’effort collectif d’organisation de l’infrastructure nécessaire à la pratique de la randonnée. Elle propose donc une labellisation des hébergements de tourisme équestre, basée sur un cahier des charges et une évaluation de l’accueil des chevaux d’une part et de l’accueil des cavaliers d’autre part. En 2003, 27 établissements sont adhérents à la FRETE en Languedoc-Roussillon, soit environ 10% des hébergements. Ajoutons que sur l’échantillon enquêté, 25% des hébergements adhèrent à « Accueil Paysan » et 15% à « Gîtes de France ».


En conclusion, une labellisation insuffisante, des aspects marketing, promotion, commercialisation très limités, le manque d’organisation collective (aspects logistique, accueil, réservations…) nuisent à l’exploitation du potentiel touristique régional. De plus, une partie des prestataires ne sont pas spécialisés sur le tourisme équestre, ce qui peut nuire à leur implication dans ce domaine. L’activité de bord de mer, estivale, ne joue pas le rôle de moteur, de pépinière pour le reste de l’activité.

Le développement de l’activité passe par une mise en réseau des différents prestataires, un professionnalisme touristique qui doit compléter le professionnalisme équestre, une mise en marché améliorée. Il est préconisé de proposer des produits adaptés à chaque segment de clientèle, et de s’engager sur des démarches collectives de qualité et de communication.

423. Les sports équestres

Avertissement :
Le Comité Régional d’Equitation n’ayant participé qu’à la première partie de l’étude et son implication n’ayant pas été aussi forte que nous l’aurions souhaité par la suite, il a été décidé par souci de rigueur de ne pas prétendre à une étude exhaustive de la partie concernant les sports équestres. Nous avons cependant travaillé sur les chiffres à notre disposition tout en limitant nos remarques et nos préconisations à des aspects généraux et transversaux, qui pourront être complétées ultérieurement sur la base des informations et de l’expertise du CRE, instance décisionnaire dans ce domaine.

Les disciplines équestres sont très nombreuses et variées : saut d’obstacle, endurance, dressage, concours complet d’équitation, hunter, attelage, équitation américaine, équitation Camargue, horse-ball, pony-games…etc.
Les sports équestres sont sous la houlette du Comité Régional d’Equitation, échelon régional de la Fédération Française d’Equitation. Celle-ci a vu le nombre de ses licenciés augmenter considérablement : il est passé de 256 000 à 450 000 de 1990 à 2002. Cette réussite de l’équitation sportive au niveau national, tant au niveau du nombre de licenciés qu’au niveau des performances internationales se retrouve au niveau régional.

4231. Données régionales

La quatrième discipline sportive en Languedoc-Roussillon :
L’équitation est la 4ème discipline pratiquée en Languedoc-Roussillon, derrière le football, la pétanque, le tennis et le judo. Elle devance même des sports très médiatiques comme le rugby ou encore le handball et est loin devant le basket-ball (8 446 licenciés) ou le golf (8 046 licenciés). En 2002, on compte 18 347 licenciés dans notre région, ce qui place la région au 11ème rang national du nombre de licences.
Si l’on s’intéresse au taux de pénétration (nombre de licenciés pour 1000 habitants), la région est cette fois au 7ème rang national

Remarque : n’a pas été comptabilisée dans ce tableau « l’éducation physique et gymnastique volontaire », pratique sportive de loisir non compétitive, qui compte environ 25 000 licenciés en 2002 sur la région.
Une progression importante et supérieure à la moyenne national

En terme d’évolution, on constate le formidable développement de l’équitation qui a plus que doublé son nombre de licenciés en moins de 10 ans, ce qui est unique dans le groupe des disciplines « majeures ». Cette progression a concerné tous les départements. Dans l’Aude et la Lozère, elle a été proportionnellement très marquée. On voit également que cette progression a été supérieure à la moyenne nationale.

On constate également que la région qui était en dessous de la moyenne nationale en terme de taux de pénétration en 1992 est aujourd’hui au-dessus. Pour les évolutions les plus récentes, ajoutons enfin que le Languedoc-Roussillon est l’une des régions de France où le nombre de licenciés a le plus progressé entre 2001 et 2002 : elle est au 4ème rang national sur ce critère. Dans la région, le nombre de licences est en augmentation de 7 % en un an, ce qui est considérable : sur la même période l’augmentation en France a été de 3%.

Remarque : une licence « pratiquant » coûte 25 € pour les juniors et 36 € pour les seniors. Les licences compétition coûtent 460 € et 300 € respectivement pour une licence Pro 1 et Pro 2 (correspondant au haut niveau), 80 € pour une licence Amateur 3 et 60 € pour une licence Amateur 4 (Tarifs millésime 2004).

text
Figure 15 : Evolution du nombre de licenciés

Cliquez ici pour visualiser le TABLEAU 66 :
Licenciés et taux de pénétration en France et en Languedoc-Roussillon

text
Figure 16 : évolution du nombre de licenciés selon le département.

Un sport jeune et féminin

L’une des caractéristiques importante de ce sport est son taux de féminisation, particulièrement élevé : les trois quarts des cavaliers sont des cavalières. Cette particularité de l’équitation en fait un axe privilégié de travail pour l’accès des femmes au sport. Or, la question de l’égalité hommes-femmes se pose encore avec une acuité particulière dans le domaine du sport. La loi du 6 juillet 2000 réaffirme d’ailleurs la nécessité d’un accès égal des femmes et des hommes tant à la pratique des activités physiques et sportives qu’à tous les niveaux de responsabilité au sein des associations sportives. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à pratiquer des activités physiques et sportives : elles n’étaient que 9 % en 1968, elles sont 48% aujourd’hui (Sce : Ministère de la Jeunesse et des Sports). En équitation, elles s’illustrent également par leurs performances dans les compétitions nationales et internationales.

En Languedoc-Roussillon, on retrouve cette très forte féminisation, en particulier marquée sur les tranches d’âge de 11 à 21 ans. Cela devient cependant moins net chez les plus de 21 ans, où les femmes représentent tout de même plus de 60% des pratiquants.
Concernant les licences compétitions, on observe, à quelques pourcents près, la même tendance que pour les licences pratiquant : les femmes sont de loin les plus représentées surtout chez les jeunes. Ces chiffres sont très proches des moyennes nationales.

Cheval, poney et tourisme

Les licences délivrées par la FFE sont « fléchées », en fonction du type d’équitation pratiquée : sur poney, sur cheval ou « tourisme ». Les licences Poney et Cheval sont les plus nombreuses. Par rapport aux chiffres nationaux, on constate une proportion plus marquée en région des licences tourisme, alors que les licences cheval sont un peu moins présentes (cf. tableau 70).
Les licences Poneys sont particulièrement représentées dans le Gard. Les licences Cheval dominent en Lozère. C’est dans l’Aude et la Lozère que les licences Tourisme sont proportionnellement les plus présentes, contrairement à ce que l’on peut observer dans la Gard ou les Pyrénées-Orientales.
En terme d’évolution, ce sont les licences Tourisme qui ont le plus progressé de 2001 à 2002 (progression très marquée dans l’Hérault, un peu moins en Lozère), suivies des licences Cheval. L’augmentation des licences tourisme est une tendance observée également au niveau national (+9% entre 2001 et 2002). En revanche, au niveau national, les licences cheval ont diminué de 0,2 %, tendance que n’a donc pas suivi la région. La seule catégorie à avoir fortement diminué est celle des licences cheval dans les Pyrénées-Orientales.
Les licences Poneys ont fortement progressé en Lozère, mais leur progression a été limitée dans les départements les plus importants en terme de nombre de licences : le Gard et l’Hérault. De ce fait, leur progression est inférieure à la moyenne nationale, où l’équitation à poney s’est fortement développée et poursuit sa progression (cf. tableau 71).

Notons que, même si ces tableaux donnent une indication en terme de comparaison d’un département à l’autre, le fléchage des licences n’est pas forcément un indicateur précis des activités réalisées par les pratiquants. En effet, certains enfants par exemple, ne pratiquant qu’à poney ou rarement à cheval pourront avoir une licence « cheval ». De même le nombre de licences «tourisme » ne reflète pas forcément toute l’importance de cette forme d’équitation dans les pratiques des cavaliers dont une partie est non licenciée.

Les licences compétition
Le nombre de licences compétition délivrées en 2002 a été de 3294 (11ème rang national). Le taux de licenciés compétition est de 18,0 % en 2002 de contre 17,8 % nationalement. Nous sommes donc dans la moyenne nationale sur ce critère (cf. tableau 71).
Cependant, on note en particulier une forte augmentation des licences compétition à la fois chez les juniors et les seniors, de façon légèrement plus marquée chez les hommes. Elle a atteint 22 % sur une année (soit 592 licences supplémentaires) alors qu’elle n’est nationalement « que » de 9%. On observe une augmentation des licences 4ème et 3ème catégorie (AMA3 et AMA4) de 17,69 % et une augmentation des licences clubs de 29,36 % par rapport au chiffre 2001. L’Hérault reste le principal pourvoyeur de licences compétition, devant le Gard.
La région accuse malgré tout un certain retard sur les licences « Pro » : nous comptons, en 2002, 93 licenciés PRO 1 et PRO 2, correspondant au « haut niveau » (14ème rang national).


4232. Données 2001 et 2002 : Précisions par départements

La Lozère est le 9ème département français en terme de taux de pénétration, le deuxième en ce qui concerne l’évolution des licences entre 2001 et 2002. Le Gard se place 23ème pour le taux de pénétration, largement devant l’Aude (6ème département français en augmentation relative du nombre de licenciés) et l’Hérault. Dans les Pyrénées-Orientales, en revanche, l’équitation a comparativement du mal à percer : faible taux de pénétration, faible progression des licences. C’est le seul département de la région où le nombre de licenciés a augmenté moins vite que la moyenne nationale.

text
Figure 17 : Licenciés et taux de pénétration par département en 2002

Cliquez ici pour visualiser le TABLEAU 73 :
Evolution 2001/2002 du nombre de licenciés par département

L’Aude représente 13 % des licenciés régionaux. On peut relever dans ce département une très forte progression des licences pratiquant (+12%), surtout chez les femmes : +14%. On remarque que cette progression confirme la tendance lourde vue plus haut. En revanche, le nombre de licences compétition n’augmente que faiblement (+6%) comparativement aux autres départements et les licenciés compétition ne représentent encore que 9,4 % des licenciés.

Le Gard représente près du tiers des licenciés en région. Le taux de licences compétition est de 18,3 %. L’évolution 2001/2002 est sensiblement la même que celle observée au niveau régional : augmentation très sensible du nombre de licenciés (+7%), en particulier des licences compétition (+22%) , de façon un peu plus sensible chez les hommes (+29%).

Avec 37% des licences délivrées, l’Hérault est le premier département de la région (en progression de 6%). Les licenciés compétition représentent 19,4 % des cavaliers licenciés. En revanche, l’augmentation du nombre de licences compétition (+12%) a été moins marquée que dans le Gard.

La Lozère ne représente 4,6 % des licenciés régionaux. Elle se caractérise par l’importance des licences compétitions (29,9%). De plus les évolutions sont très bonnes : + 18% pour le nombre de licenciés (confirmation de la tendance observée sur la période 1994 à 2002), + 39 % pour les licenciés compétition (+ 35 % chez les femmes, + 49 % chez les hommes) !

Comptant 14,3% des licenciés régionaux, les Pyrénées-Orientales se distinguent également par une très forte progression du nombre de licences compétition (+34%) qui représentent en 2002 17,3 % des licences délivrées. Cette progression est surtout marquée chez les femmes (+42%), en particulier chez les jeunes (+ 88 % dans la catégorie des 15-16 ans).


4233. Les concours d’équitation : niveaux et disciplines

Le FFE a mis en place différents circuits de compétitions équestres : le circuit Club, le circuit Ponam et le circuit Amateur et Pro. Organisés respectivement sur des logiques de formation, participatives et sélectives, ils débouchent tous sur des championnats nationaux. Comme nous l’avons vu dans la partie valorisation, les concours d’équitation ont un rôle important dans la commercialisation des chevaux de sport. Ils sont également importants économiquement (flux liés aux engagements, aux licences, aux frais d’entretien et de préparation d’un cheval de sport). Leur nombre et leur niveau sont également perçus comme révélateurs de la qualité et de la dynamique de la filière en région.
Le Languedoc-Roussillon est en retrai
t dans ce domaine sur bien d’autres régions, puisque autant pour les concours Clubs et Ponams que pour les concours amateurs et Pro, le nombre d’épreuves et de participants la situe aux environs de la 17ème place au niveau national.

On remarque également, sans que cela ne soit spécifique à la région :
- la très faible dotation des épreuves d’équitation qui rend difficile une professionnalisation de la filière. « (…) il y a deux poids deux mesures (…). En moyenne, un cheval de course gagne plus de 10 000 euros par an tandis qu’un cheval de sport en gagne un peu plus de 100 (125 euros) ! » (X.Libbrecht, l’Eperon, Comparaison de la filière sports équestres et de la filière course, juillet 2003),
- un besoin de communication, de médiatisation et d’ouverture vers le grand public : « il est capital de faire un effort sur la communication qui, à tous niveaux, semble peu adaptée tant sur la forme que sur le fond » (FFE, Assises Nationales des Sports Equestres, mars 2003).

Les concours Club et Ponams :
La discipline du CSO domine largement, tant au niveau du nombre d’épreuves que du nombre d’engagés. Les engagés en Dressage et en concours complet d’équitation sont comparativement très peu nombreux : 529 en 2002 pour ces deux disciplines confondues, alors qu’il y a eu quatre fois plus d’engagés pour le CSO. Cependant, remarquons que c’est en dressage que la place de la région est la meilleure en terme de nombre d’engagés.

La région peut donc s’améliorer (16ème rang national) sur l’organisation de ce type de compétitions, qui constitue le vivier possible des futurs champions. La FFE a d’ailleurs proposé aux départements une convention d’objectifs pour développer les concours club et ponams (cf. annexe 22 et 23). Les tableaux suivants reprennent pour les trois disciplines olympiques les principaux chiffres concernant ces épreuves. On remarque pour ces concours que les Pyrénées-Orientales (pour le CSO), le Gard et l’Hérault (pour le dressage) sont les départements les plus présents.

Les concours Amateurs et Pro (concours « GICE ») :
Il faut ajouter aux concours Ponam et Club les concours Amateur et Pro. C’est le Gard qui en organise le plus avec 26 concours organisés en 2002. On voit que la discipline dominante est là aussi le CSO : elle représente 70% des épreuves et 90% des engagements. Il est suivi par l’endurance, dont le développement a été très marqué. Viennent ensuite le dressage, le CCE et l’attelage. Toutefois, le nombre d’épreuves d’équitation organisées sur la région reste assez faible : avec 397 épreuves organisées en 2001 et 442 épreuves en 2002, le Languedoc-Roussillon se place aux environs de la 16ème place en France. Le point positif reste l’évolution du nombre d’épreuves : + 11 % en un an (de 2001 à 2002).

Le dressage a compté 8 concours en 2002 (dont 5 dans l’Hérault), avec 59 épreuves, 856 engagés et 11 009 € de gains. Le concours complet a compté 7 concours (tous dans le Gard), avec 48 épreuves, 714 partants et 10 501 euros de gains (REF Juin 2003). Concernant l’endurance équestre, les derniers chiffres à notre disposition datent de 2001. Il font état de 80 épreuves sur l’année et de 1614 partants, ce qui reste très inférieur aux chiffres du CSO (4 fois moins d’épreuves et 10 fois moins de partants), mais largement supérieur au dressage et au CCE. Le gain moyen est de 12,6 € par engagé toutes disciplines confondues et de 12,1 € par engagé en CSO. Les dotations des épreuves sont donc très faibles.

Remarque : L’organisation des compétitions équestres est souvent liée à d’importantes dépenses, en particulier du fait de la location d’infrastructures (boxes démontables, chapiteaux d’accueil, sanitaires…etc.). L’organisation de ces épreuves est donc pour une large part permise par la passion et le bénévolat qui anime les « gens de cheval ». Mais on observe tout à la fois une augmentation de l’exigence des pratiquants, un désengagement des bénévoles et un durcissement des réglementations (en terme sanitaire et de sécurité notamment) (cf. annexe 24). Les organisateurs, souvent passionnés et amateurs sont donc confrontés à beaucoup de difficultés.
Les Haras Nationaux soutiennent l’organisation des différentes compétitions notamment par une prime aux organisateurs : ces primes concernent les organisateurs de compétitions équestres de la Fédération Française d’Equitation (FFE) et d’épreuves « jeunes chevaux » de la Société Hippique Française (SHF). Les dotations sont fonction de la discipline, du niveau de l’épreuve et du type d’épreuves.

On remarque que les primes attribuées à la FFE en 2002 concernent principalement l’attelage, puis le CSO et le horse-ball (ces trois disciplines représentent les deux tiers des primes). Les primes pour les épreuves SHF sont principalement attribuées à l’endurance (représentant les trois quarts des primes), ceci étant lié à l’organisation de la finale nationale jeunes chevaux à Uzès.
Les Haras Nationaux distribuent également des primes aux propriétaires : ces primes constituent une aide directe aux propriétaires de chevaux de sport ayant obtenu des performances au cours de l’année précédente en compétitions d’attelage, de CCE, de CSO, de dressage, d’endurance et de voltige. Ces primes sont faibles en région et concernent uniquement l’attelage (5 chevaux primés en 2001) et l’endurance (22 chevaux primés en 2001). Le montant par cheval est, pour les deux disciplines confondues, de 181 €.




Haut de page
Conseil des Equidés de la Région Languedoc-Roussillon
Mas des Carmes - 30300 FOURQUES
Tél. : 04 90 49 92 98 - Port. : 06 08 68 54 96 - Cont@ct